Les abus de certains petits potentats comme le Président du conseil d’administration de l’OPT, la déléguée de la Polynésie française à Paris, le détournement de fonds au CHPF, les augmentations inconsidérées du salaire du directeur du fonds de développement des archipels… démontrent à quel point la gabegie dans la gestion des fonds publics dépasse la sphère politique.

De nombreux directeurs de société d’économie mixte, d’établissements publics ou de groupements d’intérêt économiques gèrent des fonds considérables. Mais les résultats sont-ils au rendez-vous des importants moyens mis en oeuvre ? Par exemple, le tourisme polynésien stagne ces dernières années, alors même que le budget du GIE Tahiti Tourisme ne cesse d’augmenter : il dépasse actuellement deux milliards de F CFP. Y a t-il un audit de cette structure et des programmes qu’elle met en oeuvre ? A notre connaissance, non.

Nous apprenons par la bande que la situation de l’OPT, plombée par de trop lourdes dépenses de fonctionnement et des salaires exorbitants, est critique. N’est ce pas du fait de l’imprévision des équipes dirigeantes qui se sont succédés ces dernières années, incapables de prendre le tournant des nouvelles technologies, et empêtrées dans le corporatisme syndical ou le népotisme de nos hommes politiques, seuls responsables des recrutements pléthoriques et inutiles qui font que ce paquebot de notre économie prend dangereusement de la gite ?

Et pourtant, cette méthode d’audit est d’usage courant dans de nombreux pays.Même la France s’y est mise. Actuellement, 24 équipes d’auditeurs comprenant des consultants du privé sont au travail pour passer au crible les missions de l’Etat et de la sphère sociale. Elles traquent les économies structurelles dans l’appareil de l’Etat et dans ses politiques d’intervention. Leurs résultats se traduiront pas des réformes triennales. Au regard des déficits grandissants, cette logique de performance est devenue une nécessité impérieuse.

Il est temps que nos gouvernants révisent, eux aussi, nos politiques publiques de fond en comble.

La démarche pourrait se baser sur les 6 critères suivants :

  1. l’activité d’un programme sert-elle encore l’intérêt public ?
  2. l’action du gouvernement est-elle légitime et nécessaire dans ce programme ?
  3. faut-il le déléguer ?
  4. peut-on privatiser tout ou partie du programme ?
  5. si l’activité doit continuer, comment améliorer son efficience ?
  6. si l’ensemble des programmes ne tient pas dans l’enveloppe budgétaire, lesquels abandonner ?

Tous les pays qui se sont posés ces questions et qui y ont répondu de manière énergique et continue ont très vite obtenu des résultats.

Alors, que nos dirigeants et les responsables de toutes nos organisations publiques aient le courage d’adopter cette démarche, au lieu d’attendre d’être épinglés à postériori par la chambre territoriale des comptes. Nous, citoyens, pourrions alors croire aux bonne paroles qu’ils nous délivrent, notamment à la veille des élections !