Les gesticulations, déplacements, manifestations, séminaires de nos gouvernants engendrent des coûts que notre collectivité ne peut plus se permettre. Il est temps d’inaugurer l’art d’un “gouverner modeste” fait d’une recherche d’économies de fonctionnement drastiques dans tous les domaines de l’action gouvernementale.

A la gesticulation médiatique devra se substituer une cohérence dans l’action et la définition de quelques priorités sur lesquelles les moyens seront concentrés. Peut-on tout mener de front ? La politique éducative, industrielle, agricole, de la pêche… est-elle de la même importance que la politique culturelle, de la condition féminine ou de l’artisanat ? Peut-on encore consacrer autant de ressources à maintenir sous perfusion une chaine de télévision ? Tout ne se vaut pas et on ne peut pas tout faire.

Il est temps d’auditer toutes les structures publiques et tous les programmes qu’elles mettent en oeuvre à l’aune d’objectifs clairs, de résultats identifiables par des indicateurs quantitatifs ou qualitatifs. C’est toute une nouvelle philosophie budgétaire qu’il faut instaurer.

De même, la fonction publique doit être reconfigurée : faire mieux et autrement avec moins de fonctionnaires doit devenir un leit motiv, car notre Pays est suradministré. Le poids de la masse salariale des fonctionnaires et des dépenses publiques est tout simplement exorbitant. L’imitation du “modèle” métropolitain est poussé jusqu’à la caricature. Fonction publique d’Etat, territoriale et communale : on bat le record du monde de la “fonctionnarisation” d’une société. Pour ne pas asphyxier davantage le développement du secteur privé, l’objectif à viser est que le poids des dépenses publiques ne doit pas représenter plus de 20 % du Produit intérieur Brut.

Toutes les nouvelles marges de manoeuvre dégagées par cette “refondation” du secteur public doivent être impérativement affectées à des investissements économiquement et socialement utiles, car, actuellement, l’autofinancement de l’investissement public est particulièrement faible. La préparation de l’avenir est sacrifiée au profit de la reproduction d’un système qui a atteint ses limites.

Rigueur combinée à l’imagination et à la créativité, efficacité alliée à l’innovation, planification stratégique en lieu et place d’une politique au jour le jour doivent dicter le comportement de nos femmes et de nos hommes politiques. La page de la facilité doit être définitivement tournée, car c’est à ce prix que nous créerons une nouvelle dynamique économique et sociale.