Gagner du pouvoir d’achat par la baisse des coûts et des prix

Par lebop • 22 octobre 2007

La question du pouvoir d’achat est la préoccupation principale des ménages polynésiens. Nos partis politiques y ont jusqu’à présent répondu par des mesures en faveur des familles défavorisées, notamment par un ajustement des minimas sociaux et par une augmentation du SMIG. Mais on voit bien que l’augmentation du SMIG, par exemple, n’est plus une solution praticable, car elle ne fait qu’augmenter le coût de la vie et dégrader notre compétitivité.

Une option à approfondir est de gagner du pouvoir d’achat par une réduction des coûts et des prix. L’élargissement de la liste des PPN a été une action privilégiée, mais celle-ci a aussi vite atteint ses limites, car il n’est pas bon de revenir à une économie administrée.

A ce titre, une priorité se dégage : elle vise à instaurer une concurrence effective entre enseignes d’hypermarchés. Il est notoire que l’enseigne Carrefour abuse de sa position dominante et régente le commerce de détail alimentaire et non alimentaire polynésien, ceci en écrasant toute autre forme de commerce spécialisé tout en dégageant des marges plantureuses. Aussi, il est inadmissible et complètement anormal que cette enseigne bénéficie de toute la “mansuétude” du Pays et de sa commune d’implantation, alors qu’elle dispose déjà de deux hypermarchés, et que, à contrario, une nouvelle enseigne, Géant Casino, a toutes les peines du monde à s’implanter. Il faut donc que la société civile fasse pression auprès de nos gouvernants et de nos maires pour que leur soutien trop flagrant à Carrefour cesse. En ce sens, je rejoins la position de l’association de protection des consommateurs ” te tia ara” sur ce dossier.

Qu’on ne nous parle pas de protection du petit commerce qui n’a pour conséquence pratique que de renforcer la rente de situation de Carrefour et de créer une collusion entre la Fédération Générale du Commerce et l’enseigne Carrefour. Car interdire la venue d’une nouvelle enseigne vise pratiquement à avantager l’enseigne Carrefour déjà présente sur les côtes ouest et est de Tahiti.

Le petit commerce peut bénéficier d’un fonds d’aide en vue de son adaptation et de son évolution vers d’autres formes d’activité commerciale en réponse à la demande des consommateurs : services de proximité, dépôt-vente, traiteur, logistique, commerce hyperspécialisé ( ultra-frais, produits bio…).

De même, une petite communauté comme la nôtre ne peut plus se permettre d’avoir des centaines d’importateurs spécialisés, détenteurs de représentation exclusive de telle ou telle marque, car ce morcellement et cette absence de concurrence est une source de surcoût énorme au détriment des consommateurs polynésiens.

Tous ces freins à une réelle concurrence nous empêchent de bénéficier à plein des bienfaits de la mondialisation, car les marges prélevées par tous ces intermédaires réduisent d’autant les répercussions sur les prix au consommateur de la baisse du dollar américain, de la baisse des coûts de transport ou de la vive concurrence des pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde vis à vis des pays développés.

En outre, cette réduction des coûts et des prix est favorable à la compétitivité des activités locales qui subissent la concurrence internationale, car les salariés et leurs syndicats ne les enfermeront plus dans une course infernale “hausse des salaires - hausse des prix” .

Il y a donc là un cercle vertueux que nos gouvernants doivent absolument exploiter, car nous serons gagnants sur deux tableaux : les consommateurs et les producteurs locaux. L’essentiel pour nos gouvernants est d’avoir le courage de s’émanciper de l’influence des lobbys d’importateurs qui ont, comme on le sait, un pouvoir exorbitant dans ce Pays.

Commentaires

Par gerald le 23 octobre 2007 at 4:57

Voila un sujet intéressant

« La question du pouvoir d’achat est la préoccupation principale des ménages polynésiens. »

Pas que des polynésiens et pas que des ménages, c’est une préoccupation de l’immense majorité des individus dans le monde entier, indépendamment de leur race, de leur culture et de leur situation matrimoniale.

A court terme, les problèmes structurants (quasi-absence de production locale de biens manufacturés, distance et isolement, dispersion des populations, économie limitée et ultra dépendante de quelques secteurs d’activité) ne peuvent-être résolus facilement.

Le seul changement possible permettant une amélioration sensible serait du côté du système de taxation, les prix, déjà élevés par nature, sont de plus maintenus à un niveau très élevé par ce système de taxation, le système d’indexation des hauts fonctionnaires métropolitains participe également à maintenir un niveau des prix élevé (outre qu’il donne du grain à moudre à la propagande taviniste).

Maintenant que peut se permettre la Polynésie, que veulent les polynésiens, quel seraient les objectifs « d’un vrai taui », ceci dans une réflexion à long terme.

1) Quel est l’objectif : augmentation du pouvoir d’achat de tous ou d’une minorité, augmentation de la capacité à consommer ou augmentation de la qualité de vie.

2) Que veut-on développer et/ou préserver à long terme : uniquement la production de richesse et le PIB ou également le cadre de vie.

3) Quel type de développement souhaite t-on, sans contrôle et/ou anarchique ou encadré dans un cadre respectueux des spécificités, des traditions et de l’environnement.

4) A quoi donne t-on le plus de valeur, aux relations inter-personnelles, à la possession de biens, au cadre de vie.

Ce préambule sur les objectifs que doit se donner une société et notamment une société insulaire et fragile comme la société polynésienne, n’est pas hors de propos, surtout dans le cadre politique actuel.

Augmenter le pouvoir d’achat, implique un système multi-entrées, d’un côté plus de biens de consommations présents sur le marché polynésien, plus de facilités, plus de transport, moins de cout, donc aussi plus de production locale.

Quoiqu’il arrive, plus de biens implique plus de pollution, plus de déchets, s’il s’agit de production locale, aussi plus d’emploi, s’il s’agit de biens importés, plus de déficit.

De l’autre côté, il faut augmenter la production de richesses, cela implique plus de production locale, un développement substantiel des industries déjà existantes (touristique, perlière, pêcherie, aquaculture, etc..), là aussi avec un impact sur l’environnement et le cadre de vie.

En ce qui me concerne, le plus grand capital dont dispose la Polynésie est son environnement, et les gens sages (ceux qui pensent à l’avenir) vivent des intérêts, sans manger le capital.

Par gerald le 23 octobre 2007 at 4:57

Voila un sujet intéressant

« La question du pouvoir d’achat est la préoccupation principale des ménages polynésiens. »

Pas que des polynésiens et pas que des ménages, c’est une préoccupation de l’immense majorité des individus dans le monde entier, indépendamment de leur race, de leur culture et de leur situation matrimoniale.

A court terme, les problèmes structurants (quasi-absence de production locale de biens manufacturés, distance et isolement, dispersion des populations, économie limitée et ultra dépendante de quelques secteurs d’activité) ne peuvent-être résolus facilement.

Le seul changement possible permettant une amélioration sensible serait du côté du système de taxation, les prix, déjà élevés par nature, sont de plus maintenus à un niveau très élevé par ce système de taxation, le système d’indexation des hauts fonctionnaires métropolitains participe également à maintenir un niveau des prix élevé (outre qu’il donne du grain à moudre à la propagande taviniste).

Maintenant que peut se permettre la Polynésie, que veulent les polynésiens, quel seraient les objectifs « d’un vrai taui », ceci dans une réflexion à long terme.

1) Quel est l’objectif : augmentation du pouvoir d’achat de tous ou d’une minorité, augmentation de la capacité à consommer ou augmentation de la qualité de vie.

2) Que veut-on développer et/ou préserver à long terme : uniquement la production de richesse et le PIB ou également le cadre de vie.

3) Quel type de développement souhaite t-on, sans contrôle et/ou anarchique ou encadré dans un cadre respectueux des spécificités, des traditions et de l’environnement.

4) A quoi donne t-on le plus de valeur, aux relations inter-personnelles, à la possession de biens, au cadre de vie.

Ce préambule sur les objectifs que doit se donner une société et notamment une société insulaire et fragile comme la société polynésienne, n’est pas hors de propos, surtout dans le cadre politique actuel.

Augmenter le pouvoir d’achat, implique un système multi-entrées, d’un côté plus de biens de consommations présents sur le marché polynésien, plus de facilités, plus de transport, moins de cout, donc aussi plus de production locale.

Quoiqu’il arrive, plus de biens implique plus de pollution, plus de déchets, s’il s’agit de production locale, aussi plus d’emploi, s’il s’agit de biens importés, plus de déficit.

De l’autre côté, il faut augmenter la production de richesses, cela implique plus de production locale, un développement substantiel des industries déjà existantes (touristique, perlière, pêcherie, aquaculture, etc..), là aussi avec un impact sur l’environnement et le cadre de vie.

En ce qui me concerne, le plus grand capital dont dispose la Polynésie est son environnement, et les gens sages (ceux qui pensent à l’avenir) vivent des intérêts, sans manger le capital.

Par pompée le 24 octobre 2007 at 21:13

Il y a tellement de systèmes pour contourner les textes sur les prix, créer des prix artificiellement hauts. Un exemple : on crée une société aux USA qui achète à prix bas puis refacture à des prix hauts à sa société à Tahiti et voilà. Ce n’est qu’un exemple. Au passage, on empoche 2 bénéfices sur le même produit.

Lorsqu’il y aura des gens au pouvoir qui contrôleront les abus et les escroqueries, qui châtieront les méchants, on commencera à voir plus clair. Pas avant.

Je m’excuse d’être simpliste mais certains pensent ainsi et ils ont raison.

pompée

Par wakrap le 25 octobre 2007 at 16:58

Misère, misère!! Chantait Coluche

Croire que les prix sont hauts parce que le vendeur les mets haut revient à se bercer d’une douce illusion. Un commerçant n’a aucun pouvoir de décider du prix d’un bien , il ne peut que décider du prix auquel il le propose.
Et si personne ne propose le bien à un prix inférieur il n’y a que 2 options :
1 : son prix est le bon
2 : Des barrières règlementaires empêchent un autre commerçant de le proposer moins cher.

D’autre part le pouvoir d’achat est très élevé en Polynésie!!!!!
Eh oui, les polynésiens sont très riches …..de biens collectifs. L’argent coule à flot ici. Mais ce sont les décideurs qui décident de son utilisation et non les individus.
Le pouvoir d’achat individuel et libre est réduit mais le pouvoir d’achat de chaque individu en bien collectif est très élevé.

Il semblerait que tout le monde y trouve à redire, mais sans aller au fond. Est-ce si difficile de prendre la mesure des choses, de sortir la tête du bac à sable?

Imaginez que l’argent soit distribué à 100% aux individus.
Allez, nombreux parmi vous sont ceux qui connaissent le montant des subventions reçues par ce pays. Faites le calcul.
Imaginez que cet argent représentant plusieurs smic soit donné à chacun.
Quels seront alors les choix individuels: jouer à l’avion avec ATN ou bien mieux habiller ses enfants?
Construire de grandes mairies pour les 50 ans à venir ou bien mettre un peu de ciment quand le sol de la maison est encore en terre?
Assurer la continuité territoriale par des subventions ou bien mieux équiper sa maison?

Est-ce si incongru pour nos décideurs et ceux qui espèrent le devenir que d’imaginer laisser les personnes choisir comment utiliser leur pouvoir d’achat?

Si il y a un problème ici, c’est celui de la captation du pouvoir d’achat pour l’acquisition de biens collectifs totalement démesurés.

Par wakrap le 25 octobre 2007 at 16:58

Misère, misère!! Chantait Coluche

Croire que les prix sont hauts parce que le vendeur les mets haut revient à se bercer d’une douce illusion. Un commerçant n’a aucun pouvoir de décider du prix d’un bien , il ne peut que décider du prix auquel il le propose.
Et si personne ne propose le bien à un prix inférieur il n’y a que 2 options :
1 : son prix est le bon
2 : Des barrières règlementaires empêchent un autre commerçant de le proposer moins cher.

D’autre part le pouvoir d’achat est très élevé en Polynésie!!!!!
Eh oui, les polynésiens sont très riches …..de biens collectifs. L’argent coule à flot ici. Mais ce sont les décideurs qui décident de son utilisation et non les individus.
Le pouvoir d’achat individuel et libre est réduit mais le pouvoir d’achat de chaque individu en bien collectif est très élevé.

Il semblerait que tout le monde y trouve à redire, mais sans aller au fond. Est-ce si difficile de prendre la mesure des choses, de sortir la tête du bac à sable?

Imaginez que l’argent soit distribué à 100% aux individus.
Allez, nombreux parmi vous sont ceux qui connaissent le montant des subventions reçues par ce pays. Faites le calcul.
Imaginez que cet argent représentant plusieurs smic soit donné à chacun.
Quels seront alors les choix individuels: jouer à l’avion avec ATN ou bien mieux habiller ses enfants?
Construire de grandes mairies pour les 50 ans à venir ou bien mettre un peu de ciment quand le sol de la maison est encore en terre?
Assurer la continuité territoriale par des subventions ou bien mieux équiper sa maison?

Est-ce si incongru pour nos décideurs et ceux qui espèrent le devenir que d’imaginer laisser les personnes choisir comment utiliser leur pouvoir d’achat?

Si il y a un problème ici, c’est celui de la captation du pouvoir d’achat pour l’acquisition de biens collectifs totalement démesurés.

Je félicite LEBOP pour cette analyse que l’association appuie.

Quant à la "richesse" du pays, n’oubliez pas qu’elle est très inégalement répartie et que 20% de la population (ceux dont nous voulons défendre le pouvoir d’achat) est la première victime des hausses de prix des biens courants ou des loyers (supérieure à 4% sur un an).

Récemment, Les Nouvelles sont venues rappellées que ces 45.000 foyers vivent dans des logements insalubres (pas d’eau potable, pas d’électricité pour certains, pas d’évacuation des eaux usées, routes inexistantes) et cumulent nombres de handicaps pour s’insérer (alcoolisme, illetrismes, violences familiales, mâîtrise aléatoire du tahitien et du français).

D’où croyez vous que vient le drame d’Akirina (après quelques courbettes, qu’ont fait les décideurs pour éviter que ces drames se reproduisent? Les violences sexuelles sont une tristes réalité dans ces quartiers où la promiscuité est un facteur favorisant).

Comme disait Makalio FOLITUU, avant de parler d’autonomie, il faut réclamer l’isonomie, autrement dit l’application de la loi de façon similaire pour tous.

Sinon, comme le soulignait le Metua TEARIKI, l’autonomie ce sera pour les raatira, par pour les manahune.

Une parole, malheureusement, d’une grande clairvoyance, tant les élites demi (quelque soit leur bords) ont laissé de côté les plus fragiles d’entre nous sur le côté de la route du progrès et de la prospérité….

 

Qu'en pensez-vous ?

« PACIFIC WAY : la palabre en guise de politique | Home | Mondialisation et identité culturelle »

+ commentés

Instrumentalisation et gain de temps

123 commentaire(s)

VIVE LA DEMOCRATIE POLYNESIENNE !

108 commentaire(s)

"Scandaleux !"

106 commentaire(s)

Pétition de J.C. BOUISSOU, l'Espoir ?

104 commentaire(s)

Ouvrons les yeux .

103 commentaire(s)

+ vus

AVENIR 2020 : Chap.8 : Vaincre les paradoxes - Partie 2 : Autonomie/Indépendance

1 juillet 2008
by: Noindep • General

Je pense tout haut

1 juillet 2008
by: Noindep • General

29 Juin 2008

29 juin 2008
by: Noindep • General

Merci Hiro !

25 juin 2008
by: Noindep • General