"L'Université de la Polynésie française compte 80 chercheurs. Il en faudrait 4 à 5 fois plus". Cette déclaration du Secrétaire d'Etat à l'antenne de RFO Polynésie conclue un ensemble de propos volontaristes tenus devant les étudiants, vendredi dernier, et devant la Présidente de l'Université, Madame Louise PELTZER, ce dimanche, à l'occasion de la présentation du pôle " énergies renouvelables". A entendre Monsieur Christian ESTROSI, l'Université de Polynésie française ne sera pas une "Université-cocotier" ou une université régionale de seconde zone. C'est là une excellente nouvelle !

L'ambition est placée très haut : l'Université de la Polynésie française doit devenir une référence au plan national. Elle va donc échapper à l'état de décrépitude du système universitaire français qui se traduit par des classements catastrophiques dans la carte mondiale des universités. Celà passe, en premier lieu, par une extension et un complément d'équipements tels que consignés au sein du projet de contrat de projets.

Cette ambition est une gageure. Il faudra aussi améliorer les taux de réussite en première et deuxième année qui sont particulièrement désastreux dans certaines filières.

De même, elle devra mieux concilier enseignement supérieur et recherche. L'Etat semble vouloir lui donner les moyens de faire une recherche de très haut niveau. C'est, en effet, à sa recherche et au nombre d'étudiants chercheurs que l'on reconnait une université d'excellence. L'ambition affichée est une chance, car, malheureusement, pour beaucoup d'universités régionales en France métropolitaine, il s'agit simplement d'essayer d'offrir à leurs étudiants une éducation générale de qualité, ce qu'elles n'arrivent pas à faire. Diplomes dévalorisés sur le marché du travail et taux de chomage important d'étudiants au niveau de la licence sont autant d'indicateurs de la médiocrité de l'enseignement délivré par la majeure partie des universités françaises. Aucune étude n'a d'ailleurs été réalisée à ce sujet en Polynésie française et c'est regrettable.

Il faudra donc aussi que les professeurs de notre Université soient évalués objectivement par une instance indépendante sur la qualité de leur recherche et la fréquence de leurs publications dans des revues internationales prestigieuses. Actuellement, à ma connaissance, la situation n'est pas très brillante sur ce plan là.

Pour arriver à l'excellence, tous les exemples étrangers montrent qu'il faut de l'autonomie, de la sélection et de la concurrence. L'Université doit être autonome, libre de choisir sa stratégie, ses professeurs et ses étudiants. Elle doit coopérer avec d'autres universités pour assurer un enseignement universel de qualité et doit assumer la responsabilité de la valeur des diplomes qu'elle offre. L'UPF voudra-t-elle s'engager dans cette voie là ?

En tous les cas, Christian ESTROSI a fixé la barre très haut et a fait des promesses. Il veut libérer les énergies et nous accompagner par une politique volontaire et de proximité. Il faut espérer qu'il fera mentir le dicton qui dit que les promesses n'engagent que ceux qui les croient.