La famille autonomiste partie en ordre désordonné à Paris à la demande d’un chef d’orchestre parisien a fait entendre une bien étrange musique cette semaine. Ce n’était pas l’orchestre philarmonique, mais plutôt l’orchestre cacophonique autonomiste !

Une famille autonomiste qui lave depuis plusieurs mois son linge sale en public. Et pourtant, quasiment tous les membres de cette famille sont parmi les fils et les filles prodigues du même Père en politique. A lire l’un des journaux du village, connu pour son antipathie à l’égard du patriarche autonomiste, certains frères, certaines soeurs, certains cousins, cousines et fetii veulent s’entendre pour tuer le Père, soit disant “changement de génération” oblige. Cette partie de la famille tient les cordons de la bourse, mais elle veut aussi les clés de la maison et les bijoux de famille encore détenus par le Père. Un Père encore défendu par une bonne partie de la famille, celle qui respecte son autorité.On l’appelle familièrement “le vieux”, mais lui, sait qu’il a encore de la force pour reconstruire la maison familiale et renforcer encore le village qui s’est bâti autour, alors que la famille indépendantiste, adversaire traditionnelle de la famille autonomiste et qui a gagné beaucoup de terrain, se fait menaçante autour du village.

Problème : le Père est encore vaillant et a encore de beaux restes. Lui et la famille qui lui est resté fidèle, celle qui est restée à la maison, l’a encore prouvé dernièrement aux dernières élections, malgré les crocs en jambes que les membres dissidents lui ont fait, hypocrisie familiale oblige.

L’un des journaux du village qui relatent les actualités de la capitale écrit que ces dissidents veulent tous se mettre derrière le Frère cadet, dit “poto”, et qui a le même prénom que le Père. Récemment, “poto” est devenu incontournable, car c’est lui qui tient les cordons de la bourse et qui a le carnet de chèques. En effet, par une manoeuvre subtile, poto a réussi à “piquer” le plus gros du magot familial, la Présidence de la Société qui gère les affaires du village très prospère alentour, au nez à la barbe du frère ainé Edouard, dit “le gendre”, héritier présumé du Père.

Tous les membres de la branche dissidente de la famille – des doués et des moins doués – sont ambitieux et gourmands et veulent avoir une très grosse part du gateau que le frère Cadet a commencé à partager de manière tout à fait intéressée. Poto, pour montrer toute sa nouvelle puissance dans le “utuafare” à fait un premier tamaraa dans la Capitale, et a décidé, dès son retour au village, d’inviter les fetii, maires des communes de Tahiti et des îles, à d’autres grands tamaraa pantagruéliques où l’abondance sera reine, question de créer, conforter et entretenir l’esprit de famille , au sens élargi du terme. Et, surtout, surtout,que les alliés de la famille lui fassent tous allégeance en se désolidarisant du Père, alors qu’ils sont jusqu’à présent les alliés traditionnels de ce dernier. Bien que gérant les affaires courantes, poto continue à tirer de gros chèques, quitte à créer des déficits au sein de la Société et à l’endetter dangereusement.

Car poto n’a plus la majorité au conseil de la Société par une initiative récente du Père. Il ne fait que gérer les affaires courantes pendant une période indéterminée dont il ne connait pas le terme, mais il sait qu’elle sera plus ou moins courte. Il est donc important pour lui que, durant ce laps de temps qu’il espère le moins court possible, les nouveaux et futurs ralliés le reconnaissent comme le “Big Man”, le nouveau dispensateur de tous les bienfaits.

Bien sûr, le Père qu’on veut “tuer”, n’est pas invité formellement à ce Tamaraa là, même si on dit aux amis et aux étrangers qu’il est invité et qu’il sera invité dans les futurs tamaraa. Car, dans cette famille, on se dit “frères et soeurs”, mais on se dispute souvent et on se fait des coups pendables derrière le dos. On fait toujours en sorte que le Père soit faché en disant des vacheries sur lui à toutes les occasions. On nage donc en pleine hyprocrisie et on se perd dans des querelles fratricides pour des raisons de prééminence doublée d’intérêt matériel et financier, voire de cupidité pour certains. De plus, poto ne désespère pas d’avoir aussi les clés de la maison qui contient tous les bijoux de famille accumulés au cours du temps. Même s’il n’en a pas l’air, il est très ambitieux et est convaincu de mieux faire que le Père.Pourtant, pour l’instant, celà reste à démontrer, mais il est là, toujours pas très loin du Père, toujours prêt à l’affaiblir quand il le peut.

Certains autres frères, soeurs et fetii, qui ont été mis en minorité aux récentes assemblées générales de la Société, Philip notamment, sont les plus prompts à crier qu’il faut laisser la place aux jeunes et que ces derniers doivent prendre la relève et tuer le Père. Ils ne sont pas très bons en affaires et sont considérés comme de piètres administrateurs par les membres de l’Assemblée générale, mais ils sont, comme on dit, “forts en gueule”. Et comme ils se rendent compte qu’ils vont être éjectés du Conseil par l’assemblée générale, ils n’ont pas d’autre choix que de s’associer au frère Cadet de la famille,le plus puissant du moment, celui là même qui, après avoir conquis d’un coup de maitre, la Présidence de la Société, gère toutes les affaires de la famille et du village, démontre, jour après jour, qu’il est le plus rusé de tous.

Le Père, lui, après avoir joué sa partition dans la cacophonie ambiante, n’a pas participé au tamaraa, car il n’aime pas l’hypocrisie et les coups de jarnac. Alors, il a pris le premier avion venu. Mais, c’est le Père. Il les connait toutes et tous sur le bout des doigts, car il en est le géniteur. Il a plus d’un tour dans son sac, car il a l’expérience et l’efficacité. Il connait très bien sa famille et son village.Il a souvent un tour d’avance… Il connait même très bien ses adversaires, ceux qui voudraient bien gèrer ce village très prospère après avoir longtemps campé à ses marges. Et, en plus, c’est un travailleur qui a su compenser le fait qu’il n’a pas fait de grandes études. Il a démontré toute sa vie sa capacité de travail et a constamment appris sur le tas. Il a eu, comme tous les Pères, des hauts et des bas, mais il a résisté dans l’adversité. En plus, il s’est toujours efforcé d’élever sa progéniture du mieux qu’il a pu en donnant à chacune et chacun ses chances dans la gestion des affaires familiales. Il a été beaucoup déçu et est bien mal récompensé par certains qui lui reprochent bien tardivement son abus d’autorité. D’autres se sont même risqués à le poignarder dans le dos alors qu’il était à terre.

Il pense, à tort ou à raison, qu’il peut encore beaucoup apporter au village en étant encore une dernière fois Président de la Société avant de prendre une retraite méritée, si possible entourée par toute sa famille. Il va donc se battre, ne serait-ce que pour voir ce que certains de ses fils et filles, bien peu reconnaissants et quelque peu pressés de le remplacer, ont dans le ventre.Il sait que, de toutes les façons, même s’il est affaibli, sa famille, toute sa famille, aura besoin de lui à l’avenir pour avoir la majorité au Conseil…..

Alors vont-ils être raisonnables et tous s’entendre ? Les dissidents se rangeront-ils tous derrière le frère cadet, poto, le puissant du moment ? Lui, le Père, le Frère ainé et la famille qui lui est restée fidèle, sauront- ils résister aux manoeuvres des membres dissidents et alliés ? Vont-ils conserver leurs cercles d’alliés tout en ne gérant pas la Société ? La réconciliation, annoncée du bout des lèvres par Poto au milieu d’un flot de critiques assassines, n’est-elle qu’une fourberie de plus, tant les choses se sont envenimées et tant les manoeuvres sournoises pour tuer le Père sont bien avancées sur l’échiquier familial ? Et que vont faire les adversaires indépendantistes pendant ce temps là ? Vont-ils profiter de ces querelles fratricides et de ce parricide en cours pour investir la Société avant d’investir le village ? Y aura-t-il un brusque retournement de situation qui rebattra les cartes ?

Eh bien, vous le saurez au prochain épisode …

PUB : à Politita, on essaie de faire mieux que “dallas” !