Crash d’Air Moorea : Éclairage

Par Noindep • 10 August 2007

La rubrique nécrologique de demain sera longue à lire. Les vingt personnes décédés dans ce tragique accident mystérieux, n’ont pas eu un destin clément.

C’était hier, 12h15 lorsque le Twin Otter d’Air Moorea, à sa troisième rotation de la journée, quitte l’aéroport de Temae pour relier Papeete à 5 minutes de vol. Rien ne présageait que le vol 1121 allait bouleverser la Polynésie française. Et pourtant, ce dernier, seulement quelques secondes après son décollage, pique du nez non loin du récif de Temae, emportant dans sa chute dix neuf passagers et un membre d’équipage. Les témoignages évoqués font état d’une chute douce et lente, d’autres d’une chute brusque et meurtrière et un défaut moteur. Ces témoignages sont les uniques pistes que les enquêteurs privilégieront, parfois contradictoires, mais nécessaires à l’enquête.

Il convient donc de comprendre ce qui s’est passé, sans donner des pistes suspectes, mais de comprendre l’une des raisons qui aurait pu conduire à cet incident. Ce que l’on sait c’est que l’avion a perdu de la vitesse, et donc n’ayant pas terminé sa phase décollage, il a subi sans doute le phénomène de décrochage.

  • Définition du phénomène de décrochage : (sources)

On parle par habitude du décrochage d’un avion mais en réalité, le phénomène qui nous intéresse est le décrochage de l’aile. Les filets d’air circulant autour d’une aile en épousent à peu près la forme. Toutefois, si on sollicite trop cette aile en lui demandant plus qu’elle ne peut d’un point de vue aérodynamique l’écoulement de l’air autour du profil va se décoller de l’aile dans sa partie supérieure. Du coup le rendement de l’aile va s’écrouler, sa portance va diminuer brutalement. On dit alors que l’aile a décroché. Lorsque ce phénomène se produit sur un avion en vol, la perte de portance est telle que l’aile n’assurant plus sa fonction sustentatrice, l‘avion “tombe” ou du moins continue sur sa trajectoire par inertie mais le poids, qui n’est plus compensé par rien finit par l’emporter! Le cas le plus classique utilisé à titre de démonstration lors de l’apprentissage du pilotage consiste à ralentir l’avion en palier jusqu’à arriver au décrochage de l’aile. L’avion généralement pique du nez, s’enfonce, il ne reste plus au pilote qu’à accompagner ce “piqué” le temps de reprendre suffisamment de vitesse pour que l’avion puisse être remis en vol horizontal. Cet exercice ne présente aucun danger s’il est réalisé à une altitude suffisante.

  • Par quoi donc a pu-être provoqué ce décrochage s’il a eu lieu ?

En général, un décrochage se produit lorsque la vitesse de l’avion n’est pas assez élevé ou lorsqu’il perd de la vitesse tel que l’avion n’est plus porté par ses propres ailes et donc une réduction très forte de sa portance. En ce qui concerne le vol d’Air Moorea, l’avion en pleine phase de décollage n’avait pas assez de vitesse pour se maintenir en vol, et était trop bas pour que le pilote perde de l’altitude pour reprendre de la vitesse. Le pilote n’avait d’autres choix que de tenter un amerrissage, mais la vitesse trop faible de l’avion, et sa pleine charge (avec ses 19 passagers et le pilote soit le maximum) ont provoqué une diminution de sa portance et a conduit à sa chute vertigineuse dans l’océan. Le manque de vitesse est sans doute à l’origine du drame, mais beaucoup de raisons peuvent la justifier. Avarie moteur, surcharge, vent latéral, trou d’air…

De nombreuses pistes dont on laissera le soin au BEA (Bureau Enquête Accident) d’en approuver ou d’en réfuter l’existence.

Commentaires

Noindep, merci beaucoup pour les explications.

Noindep, merci beaucoup pour les explications.

Noindep,, je pense qu’au stade des hypothèses, il ne faut pas exclure le facteur humain ( malaise…). D’ailleurs, la compagnie Air Tahiti a décidé d’affecter un co-pilote sur les avions de la compagnie. C’est la preuve, à mon avis, que cette hypothèse n’est pas exclue.

Par Noindep le 10 August 2007 at 22:13

Domi, à l’heure actuelle nous n’avons pas le droit de disserter sur l’enquête qui est en cours. Il faut juste apporter des éclaircicements dans les procédures aéronautiques, complexes sous toutes ses formes. Laissons le soin au BEA de faire son enquête.

merci Noindep

Par tonio junior le 11 August 2007 at 0:07

Il n’est pas interdit, je pense, sans trahir l’enquête en cours , de parler de toutes les hypothèses envisageables sans affirmer une hypothèse en particulier.

Par tonio junior le 11 August 2007 at 0:07

Il n’est pas interdit, je pense, sans trahir l’enquête en cours , de parler de toutes les hypothèses envisageables sans affirmer une hypothèse en particulier.

Le twin otter est un avion STOL. Ce qui veut dire short Take-off and Landing. Pour décoller court, cet avion décolle vraiment très court. La vitesse de décrochage est donc très faible. La vitesse de montée initiale sur cet avion est très éloignée de la vitesse de décrochage, beaucoup plus que sur tout autre avion.
L’hypothèse du décrochage est donc peu crédible. Pas complètement impossible, mais ce n’est probablement pas la première cause de cet accident.

Le twin otter est un avion STOL. Ce qui veut dire short Take-off and Landing. Pour décoller court, cet avion décolle vraiment très court. La vitesse de décrochage est donc très faible. La vitesse de montée initiale sur cet avion est très éloignée de la vitesse de décrochage, beaucoup plus que sur tout autre avion.
L’hypothèse du décrochage est donc peu crédible. Pas complètement impossible, mais ce n’est probablement pas la première cause de cet accident.

Le twin otter est un avion STOL. Ce qui veut dire short Take-off and Landing. Pour décoller court, cet avion décolle vraiment très court. La vitesse de décrochage est donc très faible. La vitesse de montée initiale sur cet avion est très éloignée de la vitesse de décrochage, beaucoup plus que sur tout autre avion.
L’hypothèse du décrochage est donc peu crédible. Pas complètement impossible, mais ce n’est probablement pas la première cause de cet accident.

Par Pigeon voyageur le 11 August 2007 at 15:15

Extraits d’une dépêche de Tahit Presse :

“Un avion entièrement remis à neuf

Sur les circonstances exactes de l’accident, “il appartient aux autorités judiciaires et notamment au Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) de nous apporter des éléments vérifiés”, a-t-il souligné dans un souci de prudence légitime.

Toutefois, s’agissant du commandant de bord - un homme de 53 ans, expérimenté - mais également de l’appareil, Christian Vernaudon a fourni tous les détails possibles visant à démontrer que sur ces points, la compagnie n’avait rien à se reprocher. Et d’expliquer notamment que la coque du Twin-Otter a été achetée aux Etats-Unis en 2005, après quoi l’avion a été entièrement remis à neuf (des sièges aux moteurs en passant par les câblages) avant son exploitation par Air Moorea à partir de novembre 2006.

Le “reconditionnement” s’est déroulé dans un atelier canadien à la fois “certifié par le constructeur” et respecteux des normes européennes en vigueur. Quant à dire que l’avion volait en “surcharge”, la direction dément catégoriquement. Alors que la masse maximum au décollage est de 5,7 tonnes, dans ce cas précis, l’avion accusait 5,3 tonnes.

… La mécanique étant - théoriquement et jusqu’à preuve du contraire - hors de cause, reste la “défaillance humaine”. En l’occurence, le pilote a-t-il eu un malaise? Dans l’attente des résultats de l’autopsie qui va être pratiquée, rien ne permet de l’affirmer. Toujours est-il que les vols d’Air Moorea ont repris vendredi matin, dès 6h30, avec dans chacun des avions le “renfort” d’un co-pilote. Il s’agit là d’une “assurance supplémentaire qui est plus psychologique qu’autre chose”, a indiqué Freddy Chanseau, répondant ainsi à l’émoi ressenti depuis le drame chez un certain nombre de pilotes. Cette mesure exceptionnelle durera le temps qu’il faut, ont laissé entendre les responsables, quand bien même la réglementation en vigueur pour ce qui concerne les “vols à vue”, à la différence des “vols IFR”, permet d’opérer avec un seul pilote.

Par Pigeon voyageur le 11 August 2007 at 15:15

Extraits d’une dépêche de Tahit Presse :

“Un avion entièrement remis à neuf

Sur les circonstances exactes de l’accident, “il appartient aux autorités judiciaires et notamment au Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) de nous apporter des éléments vérifiés”, a-t-il souligné dans un souci de prudence légitime.

Toutefois, s’agissant du commandant de bord - un homme de 53 ans, expérimenté - mais également de l’appareil, Christian Vernaudon a fourni tous les détails possibles visant à démontrer que sur ces points, la compagnie n’avait rien à se reprocher. Et d’expliquer notamment que la coque du Twin-Otter a été achetée aux Etats-Unis en 2005, après quoi l’avion a été entièrement remis à neuf (des sièges aux moteurs en passant par les câblages) avant son exploitation par Air Moorea à partir de novembre 2006.

Le “reconditionnement” s’est déroulé dans un atelier canadien à la fois “certifié par le constructeur” et respecteux des normes européennes en vigueur. Quant à dire que l’avion volait en “surcharge”, la direction dément catégoriquement. Alors que la masse maximum au décollage est de 5,7 tonnes, dans ce cas précis, l’avion accusait 5,3 tonnes.

… La mécanique étant - théoriquement et jusqu’à preuve du contraire - hors de cause, reste la “défaillance humaine”. En l’occurence, le pilote a-t-il eu un malaise? Dans l’attente des résultats de l’autopsie qui va être pratiquée, rien ne permet de l’affirmer. Toujours est-il que les vols d’Air Moorea ont repris vendredi matin, dès 6h30, avec dans chacun des avions le “renfort” d’un co-pilote. Il s’agit là d’une “assurance supplémentaire qui est plus psychologique qu’autre chose”, a indiqué Freddy Chanseau, répondant ainsi à l’émoi ressenti depuis le drame chez un certain nombre de pilotes. Cette mesure exceptionnelle durera le temps qu’il faut, ont laissé entendre les responsables, quand bien même la réglementation en vigueur pour ce qui concerne les “vols à vue”, à la différence des “vols IFR”, permet d’opérer avec un seul pilote.

il ne reste plus que l’hypothèse de l’existence d’un "trou d’air "! à cette altitude ?

il ne reste plus que l’hypothèse de l’existence d’un "trou d’air "! à cette altitude ?

Par kaza166 le 19 September 2007 at 1:29

Depuis le 13/09 la compagnie air mooréa n’a plus le droit de voler car sont cta lui a été retiré du fait de la découverte d irregularité sur l entretien des avions

comment cet avion a pu avoir un controle OK de la DGAC alors qu’apres analyse il n y ai rien qui correspond?

 

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