Un moment d'avenir
Par Noindep, vendredi 31 août 2007 à 22:28 :: General
La racine de notre écart de conduite récite encore le malaise de nos ébats. Que cette ultime motion de censure votée soit un nouveau prétexte de servir ses rêves de carrières, que ces hommes dépassés par leurs idéologies respectives s’allient dans les facilités de la circonstance, plus rien n’étonne l’électorat polynésien, polyvalent et agile de ses votes. Il reste donc qu’à douter des convocations extraordinaires, des manipulations politiques délétères, des habitudes séculaires d’une démocratie malade de ses politiques. Il y a trop d’actions politiques sauvages qui dénaturent le suffrage, rappelé à la rescousse pour pendre les hommes qu’il a créé.
Des hommes comme G. Flosse qui, à force de courir après le pouvoir, n’admettent plus aucune différence entre ambition et raison. Ou de G. Tong Sang, volontairement rassembleur, qui clame la pitié des foules et des déçus du cortège politique, comme Rautahi, via sa succursale Polynésiens Ensemble, et des partis non représentés dont les voix n’ont qu’un attrait symbolique. La chute de son gouvernement confirme la fragilité de ses acquis.
L'ex-président a longtemps fait languir un Gaston Flosse dépassionné d’une autonomie labellisée qu’il vendrait au plus offrant. Oscar Temaru en premier qui n’a pas failli à sa réputation de "malpoli" de la République en refusant toute rencontre au sommet de l’Etat. Il faudrait penser la politique en Polynésie de manière différente. Réduire l’isolement qui persiste entre les deux blocs idéologiques, n’est nul autre qu’un moyen désespéré de se remplir les poches électorales, trouées pour certains, par le séisme de 2004. L’autonomie ou l’indépendance n’a en soi aucune importance, preuve si nous savions à quels chemins mènent ces deux mensonges. Et sans doute que n’aurions-nous pas le dernier mot.
"L’autonomie joue sur nos esprits un effet placebo, celui de croire qu’elle protège nos rêves fragiles et que notre rattachement à la République est inné et vaut comme un acquis".
La meilleure preuve est l’élection de N. Sarkozy. Il veut créer des pôles de compétitivités en outre-mer, dont l’investissement serait immédiat pour une rente prochaine visant à éponger les transferts pesants d’une métropole qui s’étouffe de ses dépenses au fil des jours. Il faut donc vouloir faire de la Politique un moyen de rendre l’avenir crédible. Les indépendantistes sont des autonomistes extrémistes, et les autonomistes des indépendantistes timides. Le choix du peuple est très marginal, puisque l’écart idéologique qui sépare ces deux professions de foi est très mince. L’autonomie joue sur nos esprits un effet placebo, celui de croire qu’elle protège nos rêves fragiles et que notre rattachement à la République est inné et vaut comme un acquis.
Nous sommes, pour l’instant, tributaires du bon vouloir de la République. Tant qu’elle voudra bien alimenter les rêves gâteux des politiciens gâtés, l’histoire continuera et se répètera sans détour. Et arrivera le jour où la générosité devra se mériter, l’avenir coûtera plus cher à construire. Ce jour précis, il ne s’agira plus d’être indépendantistes ou autonomistes, mais Polynésiens consciencieux et croyant en leur avenir. Et pourquoi attendre ce jour pour partager un moment d’avenir ?
