Gaston TONG SANG, en bon asiatique, a voulu jouer au jeu de go en agglomérant à lui les adversaires de Gaston FLOSSE et en l’encerclant progressivement. Face à cette étreinte mortelle et programmée minutieusement, le Président du Tahoeraa a joué plus classiquement aux échecs et peut faire échec et mat à tout moment en raison de toutes les cartes qu’il a dorénavant en mains. En effet, l’UPLD a tout à fait raison maintenant de considérer le Président actuellement en fonction comme illégitime. Rappelons-nous que ce mouvement avait manifesté pendant plusieurs semaines pour que l’on procède à la dissolution de l’Assemblée.

Le moment de vérité est donc arrivé. Nonobstant la démarche de discussion d’un projet d’accord, le Tahoeraa, même affaibli par un schisme interne, et l’UPLD sont devenus des alliés objectifs pour faire tomber le gouvernement TONG SANG quand ils le veulent, puisqu’ils ont à eux deux une majorité de représentants pour voter une motion de censure. L’épée de Damoclès est donc suspendu au-dessus de la tête de Gaston TONG SANG. Ce dernier n’a plus de majorité. Sauf rebondissement surprenant, qu’il ne faut pas exclure tant notre classe politique nous a habitué à des revirements décoiffants, il est dans une impasse. S’accrocher au pouvoir montrerait sa vraie nature, celle d’un homme qui y a pris goût, malgré l’absence totale de légitimité et des alliés iliens complètement décrédibilisés par leur récent passé de girouettes invétérées et inconsistantes.

Un mode de gouvernance modeste et respectueux du voeu de l’énorme majorité des électeurs devrait l’inciter à ne pas persister dans l’erreur. On dit notre Président humble et consensuel. Il a l’occasion d’affirmer ces qualités en donnant droit à la demande de nombreux politiques qui souhaitent abréger le mandat de nos représentants actuels. Se sont prononcés dans ce sens : l’UPLD, le Tahoeraa, le No Oe Te nunaa de Nicole BOUTEAU, le Fetia Api de Philip SCHYLE, le Te Avei’a d’Antonio PEREZ. Soit, à travers tous ces partis, plus de 80 % des électeurs polynésiens.

Monsieur Gaston TONG SANG, vous vous honoreriez à ne pas persister dans l’erreur et accepter cette réalité incontournable. En invitant Gaston FLOSSE à Paris, le Président de la République s’est rendu à l’évidence : il constate l’impasse dans laquelle vous vous trouvez et cherchera forcément un moyen d’en sortir. En bon pragmatique, il observera le consensus des grandes forces politiques du Pays et n’attendra qu’un geste de votre part. Que vous demandiez la dissolution de de l’Assemblée de la Polynésie française. Prenez cette initiative, avant que Nicolas SARKOZY n’envisage une autre option qui est de son ressort. Le Pays ferait l’économie de troubles inutiles et tellement préjudiables à la vie de nos entreprises.