Christophe Plée président de la CGPME (Ndlr : Confédération des Grandes, Petites et Moyennes Entreprises) décrit dans son interview de ce matin (cf. La Depêche du 25/07/2007), les conséquences de tout ce remue-ménage politique. Fustigeant les démissions des ministres clefs, dont “les dossiers sont en stand-by désormais”, il compatit à l’égard d’une économie qui “va prendre de plein fouet les répercussions de l’instabilité actuelle”. Dans tout cela il y a du vrai, et du moins vrai.

Notre ami Christophe Plée doit presque se sentir rodé. Nous ne sommes pas à notre première crise politique, ni à la dernière, et s’il n’est pas capable d’entreprendre au sein de cette dynamique politique infernale, il ne pourra jamais aboutir en Polynésie française. L’omniprésence des “interlocuteurs publics” qui sont désormais absents, démontre les réalités économiques du pays, où le territoire a pied dans l’ensemble des bassins d’emplois.

“Les SEM et EPIC ont fleuri à tous les coins de l’économie et cette “territorialisation” handicape l’initiative privée”

Que ce soit pour les secteurs-clefs comme l’énergie, les télécoms, l’eau et l’assainissement (d’ailleurs G. Flosse en parle), ou secondaire comme les transports aériens, la pêche, et le traitement des déchets, les SEM et EPIC ont fleuri à tous les coins de l’économie et cette “territorialisation” handicape l’initiative privée vouée à la dépendance des investissements publics. La mauvaise gestion de ces Sociétés d’Economies Mixtes, telle que ATN, trahit la doctrine de l’économie de marché qui n’a pas encore cédé face à l’économie administrée, gestion appréciée par les socialistes français.

Et à chaque crise politique, on observe des turn-over importants au sein de ces entreprises publiques, qui changent d’équipe de direction tous les six mois ! Les récents dérapages d’ATN démontrent que la direction instable et politisée manquent d’une gouvernance équilibrée et placée dans la continuité. Comme les rédacteurs de Politita l’ont à maintes fois démontré, ces SEM et EPIC ne sont que des tremplins vers une privatisation partielle puis totale, seul moyen de favoriser l’initiative privée et la liberté de la concurrence.

La politisation de l’économie ne peut être acceptée, et c’est sans doute la raison qui pousse les responsables économiques à crier à tout va contre l’instabilité permanente des institutions. L’économie et la politique doivent être séparés et sans doute est venu le moment d’apprendre de nos erreurs et permettre ainsi à l’économie du pays de produire des richesses, lorsque leurs dirigeants passent leur temps à en gaspiller.