A quand l’e-administration en Polynésie française ?
Il y a un peu moins de 10 ans, l’administration polynésienne a découvert les joies d’Internet. Cependant, après un démarrage en fanfare avec le projet Metu@, mis en oeuvre lorsque la “nouvelle économie” était à la mode, il faut bien avouer que l’élan est retombé et que la légendaire inertie de l’administration a encore sévi.
Alors que la Polynésie française représente une superficie aussi vaste que l’Europe, avec cependant, 99 % d’océan pacifique parsemé de quelques dizaines d’iles habitées, l’administration polynésienne, toutes administrations confondues ( Etat,Pays, communes, CPS, établissements publics…) est tétanisée devant la “menace” que les nouvelles technologies font peser sur son pouvoir, tant elle est incapable de mettre à la disposition des usagers des services en ligne leur permettant de connaitre leurs droits, de recevoir leurs prestations, de faire connaitre les évolutions de leur statut et de s’assurer la transparence des marchés publics. Et, alors que d’autres administrations avancent très vite dans ces directions, comme celles des Etats-Unis, de Singapour, du Danemark ou de Bahreïn, qui vient de promettre une réduction de 90% de ses dépenses de fonctionnement, grâce à internet.
Le Gouvernement, du fait de l’instabilité des dernières années, a eu une “e-communication ” erratique et inutilement coûteuse et se borne actuellement à une plate-forme présidentielle minimale. Quelques services administratifs ont mis en ligne des sites d’information, mais les avancées sont très lentes. Ainsi, par exemple, l’administration des impôts a enfin commencé à se mettre en ligne. Mais, de manière générale, combien de services peut-on recevoir en ligne, et, surtout, combien de services peut-on payer en ligne sans être obligé de se déplacer ?
Nos décideurs politiques se rendent-ils compte des millions d’heures et des centaines de millions de francs perdus par les “usagers” du service public depuis des années, à se déplacer de leurs iles et de leurs districts pour “remplir des papiers”, satisfaire à des formalités de quelques minutes après quelques heures d’attente, à venir payer leurs impôts, a retirer un document d’état-civil, faire un duplicata d’un document officiel, réaliser une attestation officielle ? Où sont la télé-médecine et le télé-enseignement promis il y a quelques années ? etc,etc…
Non, “l’e-administration” n’est pas à l’ordre du jour en haut lieu. Ce n’est pas surprenant que le nombre de foyers connectés à internet progresse lentement. Le chiffre de 22.416 abonnés à internet en avril 2007 ne nous place pas parmi les pays-leaders dans le domaine de la diffusion de l’internet au sein de la population. C’est à croire que nos gouvernants craignent une croissance plus importante du nombre d’abonnés à internet,tant la petitesse et le coût du “tuyau” satellitaire leur donnent des frayeurs. Mais cette réalité n’est pas pas une excuse pour que nos administrations freinent des 4 fers pour se moderniser et offrir aux citoyens de telles avancées dans leur vie quotidienne à un coût raisonnable. Ne sont-elles pas au service du public ?
Alors, à quand une véritable stratégie d’administration électronique dans notre Pays ?
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Commentaires
On n’est effectivement pas avancé en matière d’administration électronique. On accuse des années de retard par rapport à des pays comme le Canada qui ont largement compris l’avantage de l’internet dans dans des régions très étendues où les distances se comptent en centaines de kilomètres. Nous, par définition, avec toutes nos îles, nous devrions être en pointe. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
On m’a signalé, par exemple, qu’aux Marquises, les connexions sont tellement lentes que l’outil d’internet est complètement sous-utilisé, y compris dans l’administration. Il y a là un chantier à lancer sans tarder pour rattraper notre retard.
L’administration d’Etat en Polynésie n’est pas exemplaire non plus. Les trésoreries ne proposent rien en téléprocédures. Il faut donc se déplacer à Papeete ou procéder par la Poste pour payer ses impôts. Ce n’est pas très normal.
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