Contrat de Projets : peut mieux faire

Par lebop • 8 July 2007

Le Contrat de Projets fait couler beaucoup d’encre et c’est normal. Il s’agit là d’un acte contractuel important dans notre régime d’autonomie, car il concrétise le partenariat entre l’Etat et le Pays.

Cependant, on s’attarde beaucoup trop sur les questions de procédure, sur le nécessaire débat à l’Assemblée de Polynésie française et sur la nécessaire consultation du CESC. Certes, ces questions sont importantes. Le Président TONG SANG l’a d’ailleurs reconnu en acceptant de présenter son avant-projet au débat démocratique, reconnaissant ainsi implicitement le bien fondé des critiques du principal parti de la majorité. Mais là n’est pas l’essentiel.

A l’exception du Tahoeraa qui s’est inquiété du risque de cofinancement par le Pays d’actions relevant du financement étatique ou communal, et qui seul, a annoncé qu’il présentera un contre-projet, peu de voix se sont élevées pour envisager des alternatives ou des compléments au projet de Contrat. Pourtant, il y aurait beaucoup de choses à dire. Et j’espère que lors du débat qui va s’ouvrir, les élus de l’Assemblée et les représentants de la société civile sauront être au niveau des enjeux.

En effet, le résumé diffusé du contenu de ce document illustre le fait que le projet est quasi-exclusivement consacré à des actions d’infrastructure. Ce n’est pas que les infrastructures soient secondaires, bien au contraire. Elles assurent et accompagnent le développement économique et social du Pays. On peut simplement regretter que l’on ne se pose pas la question d’un nouveau mode de croissance pour le Pays.

Faut-il prolonger le régime de croissance actuel, l’infléchir légèrement ou commencer à mettre en œuvre un nouveau régime de croissance ?

Il faut croire que les services de la Présidence ont choisi la facilité en faisant le choix implicite de prolonger le mode de croissance que nous avons connu depuis des décennies. Dans le discours, on rejette l’assistanat, dans les actes, on demande l’assistance de l’Etat dans nos propres domaines de compétences. Certes, on peut compter sur la solidarité de l’Etat , et c’est normal dans un régime d’autonomie, mais il ne nous est pas interdit d’être créatif, novateur et imaginatif.

Or , lors des discussions avec Christian ESTROSI, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, nos dirigeants ont paru être en décalage avec les nouvelles problématiques de la croissance en Métropole : modernisation de la fiscalité pour renforcer l’attractivité de la France et inciter au développement des entreprises, compétitivité de l’offre face à la concurrence des autres pays développés et des pays émergents, réforme de l’Université, articulation de la recherche-développement aux nouveaux besoins des consommateurs, promotion des énergies renouvelables dans le cadre d’une stratégie de développement durable, pôles de compétitivité, zones franches globales dans les départements d’Outre-Mer…

Ainsi, de nouvelles pistes sont étudiées ici et là. En Polynésie, rien de tel. Et pourtant, il serait plus aisé de convaincre les autorités de l’Etat avec une stratégie de développement claire et un cap ambitieux.

Que fait-on en faveur de notre pêche sinistrée ou de notre agriculture moribonde ? Comment rendre notre industrie touristique plus conquérante ? A-t-on identifié de nouvelles activités d’exportation ? Comment attirer de nouvelles activités de services ? Comment mieux exploiter le potentiel immense des technologies de l’information et de la communication ? Comment mieux adapter notre système bancaire et financier aux besoins de nos entreprises ? Comment aider de nouvelles « start up » polynésiennes ? Comment attirer à nouveau les investisseurs dans de nouvelles activités porteuses ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles à mes yeux et qui nécessitent des réponses concrètes sous forme d’actions novatrices et imaginatives.

La concentration excessive de notre Gouvernement sur les infrastructures matérielles occulte donc la vraie question qui est celle de rebâtir un système productif compétitif dans un monde ouvert. La question de la production doit passer avant celle de la redistribution. Par exemple, construire des logements sociaux, c’est bien, mais sans croissance, c’est un éternel travail de sisyphe. Il vaut mieux définir et mettre en œuvre une stratégie de développement durable pour créer en faveur des polynésiens des emplois durables. Et cet emploi est encore le meilleur moyen pour chacun d’acquérir un logement sans assistanat outrancier de la collectivité.

Un rééquilibrage s’impose donc au sein de ce Contrat entre les actions d’infrastructure et les actions en faveur du développement des entreprises. Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons de la matière grise. A nous d’en faire bon usage en étant créatif et imaginatif. Car dans l’économie de l’innovation du 21è siècle, c’est ce qui fera la différence.

Commentaires

Entre nous, quand on voit la "qualité" de nos dirigeants on peut se demander si on a vraiment de la matière grise en PF, en tout cas bien occulté par notre "passivisme"…

Le projet de GTS, tient la route et pour cause, ce contrat de projets a pour but principal de nous apporter la technologie dont nous avons besoin, cad un cable sous-marin; et donc de nous ouvrir les portes de la "nouvelle économie", en relation avec les "nouvelles technologies".

A mon avis LeBop tu n’as pas bien compris la stratégie de Gaston iti. Lui a bien compris les enjeux qui nous attendent au 21ème siècle, et il sait pertinemment que cela passe par ce cable sous-marin.

A force de le répéter je vais finir par croire que vous aussi sur Politita vous souffrez d’un malaise contagieux en Polynésie, à savoir vivre dans le passé au lieu de regarder devant, pour reprendre les termes de GTS.

Penses-tu sérieusement que notre matière-grise nous sauvera de la panade? A l’heure ou 50 millions d’ingénieurs indien ou chinois ou indonésien arrivent chaque année sur le marché du travail.

Permets moi d’en douter.

Depuis 10 ans notre territoire ne cesse de dépérir, depuis 10 ans on est à la traine, depuis 10 ans on réclame ce cable:

non pas pour avoir l’adsl pas chère chez soi, mais pour s’ouvrir réellement au monde.

Il est la le projet, il est la l’avenir du Pays.

Car c’est exactement ça la "mondialisation", à vous de voir, moi je sais déjà ou se trouve notre salut.

Bien sure il n’y a pas que ça, et le billet du Bop le montre bien:

écologie, logement, nouvelles technologies

"Il n’y a qu’à" regarder autour de nous, fidji, Western Samoa, NZ, Australie, Rarotonga, USA, Europe, Japon, Chine, etc….

Pour finir, même si j’ai du l’écrire déjà, j’adore cette citation car elle résume très bien le manque de discernement dont vous faites preuve ici et ailleurs en polynésie:

"L’autorité d’un seul homme compétent, qui donne de bonnes raisons et des preuves certaines, vaut mieux que le consentement unanime de ceux qui n’y comprennent rien."

Galilée

Par Pépé Tama le 8 July 2007 at 20:55

Mahe, lis bien le billet de lebop avant de tirer des conclusions hâtives. Il pose bien les questions : “Comment attirer de nouvelles activités de services ? Comment mieux exploiter le potentiel immense des technologies de l’information et de la communication ?” En ce qui concerne le cable transocéanique, politita ne t’a pas attendu pour militer en faveur de cet investissement. Il suffit que tu consultes les billets en archives pour le constater (cf, par exemple, mon billet “Technologies de l’information et des communications : quelle stratégie pour la Polynésie française ? Par Pépé Tama, mercredi 30 août 2006).

Je me cite : ” Mais les dossiers “lourds ” n’avaient été qu’esquissées et il reste donc au nouveau Ministre de mettre enfin sur les rails des grands chantiers, absolument indispensables si la Polynésie française veut être crédible vis à-vis, non seulement des entreprises locales, mais aussi des investisseurs étrangers. Car, pendant ce temps, nos voisins et néanmoins concurrents du Pacique, Fidji et Nouvelle-Calédonie en tête, prennent le large avec, par exemple, leur cable à haut débit. Notre système de transmission de données par satellite est, comme on le sait, très coûteux, et nous ne pouvons donc pas, décemment rivaliser sérieusement au sein de la région Pacifique.

Il serait donc temps que des initiatives soient prises, car, dans domaine là, qui n’avance pas recule. Et le retard, à la longue, risque d’être irréversible et de nombreuses opportunités d’emplois pour nos jeunes s’envoleront à jamais.

Il nous fait donc élaborer et mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de développement des T.I.C” . Fin de citation.

Lebop a aussi déjà pris une position favorable dans divers billets de l’année dernière.

Mais le cable n’est qu’un tuyau. Reste à nos cerveaux polynésiens, dont le tien pour en optimiser l’usage, y compris en innovant dans de nouveaux services, dans la conception de nouveaux outils… C’est là où la matière grise devient indispensable. C’est toute la différence entre “contenant” et “contenu”, “matériel” et “immatériel”…

Aussi, sur la forme de ton commentaire, il n’est pas nécessaire d’être inutilement agressif. Tant mieux si tu es d’accord avec nous, mais il ne sert à rien de nous caricaturer pour enfoncer les portes que nous avons déjà ouverte. Tu te dévalorises toi-même avec ce genre de procédé.

A bon entendeur, salut.

Par Hiro le 9 July 2007 at 16:04

Je ne suis pas du tout d’accord avec mahe sur le fait qu’on ne peut rivaliser avec les indiens. Il y a effectivement une chose qui est bien répartie de par le monde, c’est la matière grise et le cerveau humain. Quand il est productif peu importe qu’on paie un indien 20.000 F CFP par mois ou un polynésien 300.000 F CFP par mois. L’important, c’est l’esprit de découverte, l’innovation… Et celà n’est pas réservé aux indiens, heureusement !!! A ce que je sache, l’ipod, l’iphone n’ont pas été inventés par des indiens, mais par des californiens de la silicon valley et bien d’autres. Ei ils sont super bien payés.

Le raisonnement de mahe est bien fataliste. A l’écouter, il faut rester les bras croisés et ne rien faire. Je connais des sociétés locales qui ont crée des progiciels pour lesquels elles étaient le premières au monde. Elles envisageaient justement des partenariats avec des sociétés indiennes de Bangalore. Comme quoi, rien n’est impossible.

Par Daniel le 9 July 2007 at 16:15

Les sociétés de services locales, à l’abri d’un marché protégé, ne sont pas du tout compétitives. La conception d’un site internet, par exemple, est encore hors de prix, alors que l’on sait que les techniques ont été nettement standardisées; ce n’est pas avec ce type de comportement que l’on va avancer. Sans l’aiguillon de la concurrence, nous sommes morts ! C’est ce qui fait la force de la silicon valley : concentration de talents, universités, concurrence entre des milliers d’entreprises, surenchères des salaires des véritables talents, recherche-développement de pointe, business angels, start up… C’est la “fertilisation croisée” totale, ce qui fait de la silicon valley un modèle de pôle d’excellence, loin devant tout le monde.

Par François le 9 July 2007 at 16:22

L’université de polynésie française n’a pas été constante dans la création d’une véritable filière de formation aux TIC. Il y a eu quelques actions ponctuelles à l’initiative du Pays, lors que le projet Metu@ a été lancé, mais rien de permanent. C’est dommage, car, justement, les “cerveaux polynésiens” sont aussi bons que les autres dans ce domaine. Ils ne peuvent pas trop évoluer, si ce n’est apprendre en autodidactes et en faisant des petits boulots, par ci, par là.

D’autres font des études très poussées à l’extérieur, mais reste à savoir s’ils pourront revenir travailler ici dans des jobs correspondant à leurs compétences. C’est pour celà qu’il faut d’ores et déjà préparer le terrain et l’Université a un rôle de premier plan à jouer dans ce sens.

Par Jean-François le 9 July 2007 at 20:09

C’est plus facile pour nos élus, surtout ceux qui cumulent les fonctions de maire et de représentants à l’Assemblée, de faire du “dur”, du “voyant”, du “clinquant”, du “remarquant”, que de se creuser les méninges pour trouver, créer ou inciter à des emplois durables dans leurs iles. Alors, on a droit aux sempiternels programmes de logements MTR ou autres, salles omnisports, bétonnages de routes, contstructions de ponts, de potabilisation de l’eau… C’est effectivement plus facile du moment que l’argent de l’Etat ou de nos impôts tombent régulièrement. Le problème, c’est qu’on fait comme si cet argent tombera toujours, au lieu d’inciter à la création d’activités qui feront en sorte que de nouvelles recettes fiscales soient créées…

De même, les programmes d’assainissement des eaux de l’agglomération sont toujours repoussés aux calendes grecques, car celà ne paye pas électoralement parlant, car ça ne se voit pas… Toujours une optique de court terme, électoraliste. C’est le problème avec les hommes politiques, de quelque bord qu’ils soient…

Par Herenui le 9 July 2007 at 21:14

A quoi sert le débat à l’Assemblée si le Président dit que tout est bouclé au niveau du montant comme au niveau des opérations et que le Président sarkozy “himself” viendra signer le contrat de projets en Polynésie dans quelques mois ? A moins que l’on considère encore l’Assemblée comme une simple d’enregistrement, c’est un drôle de procédé.

Par papapenu le 10 July 2007 at 13:24

Iaorana tout le monde

Bien dit Herenui, disons que d’ci Oct-Nov, beaucoup d’eau aura coule sous le pont ………des discordes internes. Faut amenager l’atterissage du cerf volant [qui refuse d'atterir] ,sans oublier l’avenir de celui qui tire le cerf volant [qui est la batisseur du terrain de predilection du cerf volant] et c’est la que c’est complique…….

Par papapenu le 10 July 2007 at 13:24

Iaorana tout le monde

Bien dit Herenui, disons que d’ci Oct-Nov, beaucoup d’eau aura coule sous le pont ………des discordes internes. Faut amenager l’atterissage du cerf volant [qui refuse d'atterir] ,sans oublier l’avenir de celui qui tire le cerf volant [qui est la batisseur du terrain de predilection du cerf volant] et c’est la que c’est complique…….

Par papapenu le 10 July 2007 at 13:24

Iaorana tout le monde

Bien dit Herenui, disons que d’ci Oct-Nov, beaucoup d’eau aura coule sous le pont ………des discordes internes. Faut amenager l’atterissage du cerf volant [qui refuse d'atterir] ,sans oublier l’avenir de celui qui tire le cerf volant [qui est la batisseur du terrain de predilection du cerf volant] et c’est la que c’est complique…….

L’APF déjà sous G FLOSSE n’a été et reste qu’une simple chambre d’enregistrement. peu de textes sont sortis de l’Assemblée depuis des années, sous l’ère Flosse (tout sortait de la Présidence), sous le Taui (nada) et maintenant sous GTS ???
Ils sont bien trop nombreux (les représentants) à rechercher que la rémunération (800 000 F CFP par mois) le délire ! et tout ça pour rien faire et passer leur temps à s’insulter pendant les séances. On devrait réduire le nombre et verser la différence dans le social au moins cet argent servira à QQ chose.

 

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