On ne change pas une équipe qui gagne. Vous ne pensez pas si bien dire. La tragi-comédie qui se joue dans les coulisses d’ATN mérite attention. Cette “affaire”, hautement symbolique rationne encore la compagnie d’un possible équilibre cette année et nous donne la fausse impression qu’ATN vole dans un ciel clair. Avec près de 183 PNC (NDLR : Personnels Naviguants Commerciaux) dont 33 directement impliqués dans une affaire de drogue (d’Ice plus particulièrement) c’est un nouveau coup dur pour la compagnie,qui, face à la délinquance de son personnel se prive d’un avenir pourtant promis à la réussite. La légitimité de la compagnie ne tient qu’à un fil, à ces symboles qui la rendent crédible sur la scène nternationale comme les récompenses SkyTrax (le bon service à bord), les bons taux de remplissages, la notoriété de Tahiti et ses îles. Pourtant elle est tirée vers le bas par la précarité d’une gouvernance accablée par l’enlisement du politique dans sa gestion et une culture d’entreprise exempte de toute morale.

Au jeu du chat et à la souris, à celui d’une compagnie constituée partie civile qui poursuit 20% de ses propres employés pour trafic de drogue dure, on ne peut pas croire que l’on parle d’une société polynésienne ! On constate que depuis la dernière affaire où un de leurs pilotes comparaissait pour les mêmes faits, la compagnie n’a rien fait pour endiguer ce réseau qui s’étend bien au delà des frontières de son propre personnel et qui a fait de la compagnie au Tiare l’une des principales branches d’un trafic lucratif ! En plus du malaise financier, c’est un vrai marasme moral qui s’abat sur la compagnie dans laquelle plus aucune confiance n’existe.

Les solutions sont très minces. Je propose que :

  • Les PNC d’Air Tahiti Nui impliqués dans l’affaire soient traduits en justice pour trafic de stupéfiants et mise en danger d’autrui dans le cadre de leur activité professionnelle et participation à un réseau de stupéfiants assorti des peines maximales prévues. La compagnie devra les licencier pour faute professionnelle grave, sans aucune indemnité de licenciement et avec interdiction d’excercer au sein de toute compagnie aérienne et toute administration d’Etat et du territoire en Polynésie française.
  • Qu’une “cellule éthique et gouvernance” soit créée chez Air Tahiti Nui, qui serait une instance de contrôle interne pour renforcer les contrôles au sein du personnel navigant et qui s’occuperait également d’établir une gouvernance d’entreprise interdisant toute forme de “valse” à des postes clefs, pratique trop souvent usée par le pouvoir politique en place.

Sans preuve singulière et salutaire d’amélioration de sa gestion du personnel dans les mois à venir, Air Tahiti Nui risque de se voir privé de ciel, et Américain en premier, ce qui signerait définitivement la faillite de la compagnie et l’un des plus grands échecs de notre société.