Bâtir un nouveau modèle de croissance

Par lebop • 3 July 2007

Le monde traverse une période économique exceptionnellement faste, qui restera peut-être dans l’histoire comme un « âge d’or ». S’appuyant sur le rapport annuel de l’institution, le directeur de la Banque des Règlements Internationaux, la banque centrale des banques centrales, a considéré que l’année 2006 a été « une autre année étonnante pour l’économie mondiale », relevant que « pour la 4e année consécutive, la production a augmenté de plus de 4%, prolongeant l’une des périodes d’essor les plus soutenues de l’après guerre ». La croissance de 5,4% l’année dernière a profité « à de nombreux pays, parmi les plus pauvres de la planète », s’est il réjoui.

Selon la BRI, elle a été « plus largement partagée, et le taux de chômage a eu tendance à baisser dans quantité de pays ». En outre, l’inflation est restée modérée, les « taux sont restés inhabituellement bas, les déséquilibres commerciaux records ont été absorbés et les cours de change ont été globalement stables », a jugé Malcom Knight. La conjonction de ces résultats est si « insolite », estime la BRI, qu’il faut s’interroger sur sa pérennité. Au rang des menaces sur l’économie mondiale : le ralentissement américain dû à la crise de l’immobilier, une éventuelle résurgence de l’inflation, et les risques portés par les nouveaux acteurs de l’économie que sont les fonds d’investissement.

Un taux moyen de la croissance mondiale de 4 % par an depuis 4 ans. Et la Polynésie française dans tout çà ? Elle connait une croissance médiocre depuis quelques années, pour terminer, en 2006, sur une conjoncture déprimée, selon les termes même du Directeur de l’Institut d’Emission d’Outre Mer. Pourquoi une telle “déprime” polynésienne dans une conjoncture mondiale très favorable ? Ce constat et cette interrogation devraient inquiéter nos responsables politiques.

Le problème fondamental, au-delà des explications conjoncturelles comme l’instabilité politique, l’incompétence chronique du gouvernement précédent et les mauvaises relations qu’il entretenait avec l’Etat, est que nous n’avons pas su bâtir un nouveau modèle de croissance basé sur nos propres ressources. La raison en est une capacité de création et de gestion relativement médiocre de nos élites dirigeantes, qu’elles appartiennent aussi bien au secteur privé qu’au secteur public, et à l’irresponsabilité démagogique de nos responsables syndicaux. Nos élites ne se sont contentées que de reproduire le système existant, celui qu’elles avaient coutume de gérer depuis des décennies à l’abri de la croissance “tranquille” des transferts financiers de l’Etat.

Les progrès enregistrés entre 1996 et 2000 en termes de croissance de ressources propres ont été annihilés ensuite. Le tourisme, la perliculture, la pêche, l’agriculture et les industries de transformation, globalement stagnent ou sont en récession. Les derniers investissements étrangers que nous avons connu étaient dans l’hotellerie et remontent déjà à quelques années.

La Polynésie française n’intéresse plus les investisseurs extérieurs. Et ceux qui sont ici, comme dans l’hotellerie, commencent sérieusement à se décourager devant des comportements irresponsables de soit disant “partenaires sociaux” qui se conduisent de plus en plus en “adversaires sociaux”.

Où sont les nouvelles activités porteuses de développement susceptibles de donner confiance à nos milliers d’étudiants qui se forment dans tous les compartiments du savoir moderne ? Pourront-ils tous travailler ici pour exprimer leur talent ? Au jour d’aujourd’hui,je m’interroge sérieusement.

Il serait temps que nos élites dirigeantes commencent à bâtir ce nouveau modèle de développement basé sur les industries du futur : biotechnologies, aquaculture, agriculture et pêche raisonnée, technologies de l’information et de la communication et centre de services informatiques ou de gestion de données, tourisme compétitif et à l’écoute des nouveaux modes de consommation touristique ( résidences pour touristes du troisième âge, tourisme de plaisance, tourisme pour cadres internationaux qui veulent se décompresser dans un environnement encore exceptionnel…), santé au niveau des meilleurs standards internationaux, accueil des nouveaux retraités du monde moderne qui recherchent des havres de paix. Toutes ces activités seront les moteurs de très nombreuses activités de services pour des milliers de polynésiens peu ou moyennement qualifiés qui pourront ainsi vivre dignement au Pays.

Il est donc temps que nos élites dirigeantes arrêtent leurs querelles de pouvoir qui commencent à agacer au plus haut point les polynésiens et retroussent leurs manches pour construire ce nouveau modèle porteur d’avenir pour les jeunes générations.

Commentaires

Ce n’est pas étonnant si ça va mal, c’est tellement simple pourtant…

Tout d’abord vouloir baser l’économie d’un Pays sur ses ressources "de la mer" c’est une belle erreur, je te rappelle qu’en 2050 on aura plus de poissons dans nos eaux.

L’avenir de la Polynésie passera par ce fameux cable sous-marin, on appelle ça les nouvelles technologies. C’est l’avenir de notre Pays. (je te rejoins quand tu parles d’attirer les cadres sup ici, mais pas en vacances, je veux qu’ils y vivent, voir l’intervention du secrétaire d’Etat à l’outre mer).

Ce n’est ni la perle (qui ne remplacera jamais le diamant) ni la vanille (qui ne remplacera jamais la vanille bourbon) ni la pêche ni le tourisme (si on continue cette stratégie douteuse de touriste du 3eme age), qui va nous sortir de cette panade.

D’ailleurs en parlant du tourisme, pourquoi se limiter à une catégorie de voyageurs? Il nous faudrait tous les touristes de tous les bords.
La vanille, l’huile de tamanu peuvent encore tirer leur épingle du jeu, avec un meilleur suivi des aides que le territoire accorde, sans suivi c’est catastrophique (on te donne 2 patates débrouilles-toi avec).

On peut donc se demander pourquoi vous vous entêter à penser qu’en 2007 on peut se passer des nouvelles technologies, c’est la nouvelle donne économique mondiale.

Je ne parle pas d’avoir l’ADSL chez soi, non il s’agit de développer une économie des nouvelles technologies en PF, c’est la clef de notre croissance économique, c’est la que doit se situer notre modèle économique, la silicon Tahiti doit voir le jour.

Ce n’est pas étonnant si ça va mal, c’est tellement simple pourtant…

Tout d’abord vouloir baser l’économie d’un Pays sur ses ressources "de la mer" c’est une belle erreur, je te rappelle qu’en 2050 on aura plus de poissons dans nos eaux.

L’avenir de la Polynésie passera par ce fameux cable sous-marin, on appelle ça les nouvelles technologies. C’est l’avenir de notre Pays. (je te rejoins quand tu parles d’attirer les cadres sup ici, mais pas en vacances, je veux qu’ils y vivent, voir l’intervention du secrétaire d’Etat à l’outre mer).

Ce n’est ni la perle (qui ne remplacera jamais le diamant) ni la vanille (qui ne remplacera jamais la vanille bourbon) ni la pêche ni le tourisme (si on continue cette stratégie douteuse de touriste du 3eme age), qui va nous sortir de cette panade.

D’ailleurs en parlant du tourisme, pourquoi se limiter à une catégorie de voyageurs? Il nous faudrait tous les touristes de tous les bords.
La vanille, l’huile de tamanu peuvent encore tirer leur épingle du jeu, avec un meilleur suivi des aides que le territoire accorde, sans suivi c’est catastrophique (on te donne 2 patates débrouilles-toi avec).

On peut donc se demander pourquoi vous vous entêter à penser qu’en 2007 on peut se passer des nouvelles technologies, c’est la nouvelle donne économique mondiale.

Je ne parle pas d’avoir l’ADSL chez soi, non il s’agit de développer une économie des nouvelles technologies en PF, c’est la clef de notre croissance économique, c’est la que doit se situer notre modèle économique, la silicon Tahiti doit voir le jour.

Par LE TROLL le 5 July 2007 at 14:56

Cher Mahe
Je vais sûrement être censuré, mais j’essaie quand même encore une fois de mettre mon grain de sel.

Comment veux-tu que nos élites politiques puissent promouvoir un développement basé sur les nouvelles technologies?
Essaie un peu une connexion à un site ministériel ou au site du Haut-Commissariat. Essaie un peu de contacter par mail le service des transports terrestres.
Ils n’en ont rien à f… de la communication.
C’est pourtant pas difficile de recruter un jeune qui s’y connait un peu. Je crois même qu’il y a eu des formations spéciales de "webmaster".

 

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