Le contrat de projets Etat-Polynésie française
Avec beaucoup de retard sur les régions françaises, le Contrat de projets Etat-Pays 2008-2012 est enfin en voie de finalisation. Il faut dire que le gouvernement Taui avait, là aussi, fait l’impasse sur cet instrument important de partenariat avec l’Etat et ne l’avait pas intégré au rang de ses priorités. Et pourtant…
Ce Contrat est, en effet, avec la Dotation Globale de Développement Economique, le second instrument contractuel qui permet à l’ Etat de participer au financement d’opérations relevant du champ de compétences statutaires du Pays, le troisième instrument juridique étant les conventions spécifiques qui sont, elles aussi, extrêmement importantes : Convention Education, Convention Santé, Convention solidarité…
Tous ces instruments contractuels, fruits d’une négociation entre les autorités du Pays et l’Etat, sont l’expression même de la solidarité de l’Etat vis à vis du Pays “Polynésie française”. Il va sans dire que ces instruments disparaitront dans l’hypothèse d’école de l’indépendance de notre Pays…
Ce Contrat de Projets “nouvelle génération” fait suite aux contrats de plan Etat-Régions qui se sont succédé depuis 1984. La Polynésie française a “pris le train en marche” depuis 1989.Ce contrat permet le “financement à 50-50″ d’opérations retenues d’un commun accord sur la base d’orientations stratégiques fixées par l’Etat. Cependant, ces orientations sont suffisamment larges pour que le Pays identifie sans problème les opérations éligibles dans ce cadre stratégique.
Les champs d’intervention retenus pour l’instant sont les suivants : le logement social, l’Université, la santé, l’adduction d’eau potable, le traitement des déchets, l’assainissement des eaux usées, les abris anti-cycloniques et la recherche. Le montant global du Contrat de Projets tourne autour de 40 milliards de F CFP, financé à parts égales sur 5 ans.
1) Le logement social : par an et sur 5 ans, il est prévu de résorber 103 logements insalubres, de construire 144 logements sociaux et de réhabiliter 120 logements du parc social existant. Le coût estimé pour 1835 appartements ou maisons est de plus de 23 milliards de F CFP.
2) Une extension de l’Université est programmée pour un montant de 4,3 milliards de F CFP : salles de classe, maison des étudiants, chambres universitaires, extension de la bibliothèque, infirmerie,bibliothèque, parkings…
3) Santé : les programmes s’inscrivent dans le schéma d’organisation sanitaire et visent à renforcer l’offre de proximité ( centre de dialyse à Uturoa, centres médico-psychologiques), à optimiser les urgences, à renforcer la veille sanitaire et la lutte anti-vectorielle. Le coût de ces opérations est estimé à 8,1 milliards de F CFP.
4) Eau potable : l’énorme retard pris par de nombreuses communes va être partiellement résorbé. L’adduction d’eau potable dans tous les archipels est programmé pour un montant de plus de 8 milliards de F CFP.
5) Traitement des ordures : douze CET sont programmés, ainsi que des points d’apports volontaires pour les déchets ménagers, le traitement des déchets verts et le stockage sécurisé des déchets industriels pour un montant de 2,65 milliards de F CFP.
6) Le programme d’assainissement des eaux usées va se poursuivre pour un financement de 6,75 milliards de F CFP.
7) Abris anti-cycloniques aux Tuamotus-Gambiers : il est prévu d’en construire et d’en rénover pour un montant de 3,6 milliards de F CFP.
La recherche : création, entre autres, d’un centre de recherche et de valorisation de la biodiversité insulaire et une structure de valorisation et de transfert de technologies dans le domaine des ressources marines et terrestre. Montant programmé : 310 millions de F CFP.
Rien que du concret et du tangible : celà nous change des plans sur la comète et des idées extravagantes et farfelues que l’on a entendu, de ci, de là, ces dernières années.Rien ne nous interdit, bien sûr, de poursuivre la réflexion et d’envisager des idées novatrices, notamment en matière d’énergies renouvelables, de nouvelles activités de développement économique ou de nouvelles mesures de solidarité. Le budget du Pays n’est, en effet, pas entièrement mobilisé sur ce Contrat de Projets. Reste à accroitre nos marges de manoeuvre en matière de budget d’investissement. C’est en ce sens que la réduction des dépenses publiques de fonctionnement prennent toute leur importance. Nous y reviendrons dans un prochain billet.
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Commentaires
Le contrat de projets ETAT-POLYNESIE FRANCAISE est, en effet, capital pour notre petit fenua.
encore faut-il hiérarchiser les priorités et avoir la culture de la maintenance et du résultat notamment en matière de consommation des crédits. c’est essentiel!
Nos politiques quelque soit la tendance politique sont extrêmement mous en ce moment. Il n’y a aucune mesure ni proposition audacieuse pour sortir le pays de sa crise économique. cela urge!!!!! c’est encore le privé qui va payer les pots cassés!
Notre président légitime ou pas, nous a promis, un contrat de projets 2008-2012 pour environ 52 milliards de Fcfp (435 millions d’euros):
La moitié environ de ce contrat concerne le logement, où il faudra passer selon lui d’un rythme de construction de 600 par an aujourd’hui à 1000. L’éducation (construction de collèges, meilleur accueil des élèves…) et la santé (centres médicaux dans les archipels, nombre de lits en psychiatrie à Tahiti…) en sont les deux autres volets essentiels”, peut-on lire dans une dépêche en date du 2 juillet… un "contrat de projets” portant sur “un montant de 435 millions d’euros (environ 52 milliards de Fcfp), financé pour moitié par l’Etat.
Concernant ce qui m’intéresse le plus, c’est à dire ce fameux cable sous-marin, Mr Tong Sang rétorque:
Des discussions sont en cours avec Alcatel, cette liaison permettrait par exemple aux entreprises françaises et européennes de mettre en place des ‘coffres-forts’ numériques sécurisant leurs données informatique.
Bien-sure ce n’est pas du gout de tous, Gaston Flosse le-bandit propose la création d’une commission spécialisée, pour examiner le contrat de projets avant qu’il soit proposé à nos dirigeants métropolitains.
Mais que se passe-donc-t-il au tahoeraa?
Lorsqu’un de leur membre éminent ne suit pas la route toute tracée par Papy Flosse, il n’est plus compétent?
L’autorité d’un seul homme compétent, qui donne de bonnes raisons et des preuves certaines, vaut mieux que le consentement unanime de ceux qui n’y comprennent rien.
Galilée
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