Et si Gaston Nui succédait tranquillement à Gaston Iti ?
Par lebop, mardi 19 juin 2007 à 20:00 :: Petite analyse
Oscar TEMARU, KO debout après ses défaites aux Présidentielles et aux législatives, fait diversion avec une motion de censure qui n'a aucune chance d'aboutir, car les autonomistes ne veulent pas, bien sûr, d'une nouvelle malgouvernance Taui. C'est une bien étrange application du principe que "la meilleure défense, c'est l'attaque". Surtout que rien ne dit que si cette motion de censure passe, il y aura retour aux urnes. On l'a déjà vu en 2005 et 2006 : l'UPLD, une fois installée confortablement au pouvoir, s'est assise sur sa propre volonté de retour aux urnes. Pourquoi en serait-il autrement demain ?
Dans le camp autonomiste, les résultats sont clairs. Le Tahoeraa Huiraatira dirigé par Gaston FLOSSE représente 80 % de l'électorat autonomiste. Face aux tergiversations actuelles, il serait logique que le Président du principal parti autonomiste soit aussi Président du Pays. En effet, il est de tradition républicaine que le responsable du principal parti au pouvoir soit le responsable de l'exécutif d'un Pays. C'est le cas, toutes proportions gardées, en France métropolitaine. C'est le cas en Allemagne. C'est le cas au Royaume-Uni. Même, ici, en Polynésie française, le Président du Tavini est devenu Président du Pays en 2004. Si on fait un peu d'histoire, c'était déjà cette configuration qui avait cours de 1991 à 2004.
Bien sûr, on me rétorquera que les récentes élections n'étaient pas des élections territoriales. Mais 4 scrutins en quelques mois ont clairement établi la légitimité du premier parti autonomiste. Et c'est bien son leader, Monsieur Gaston FLOSSE, qui est parti sans relâche à la conquête des électeurs qui a conduit ce parti à la victoire sans appel des législatives. Sa légitimité, tellement contestée par le microcosme papeetien et l'intelligentsia de salon, a été au contraire réaffirmée par les électeurs autonomistes. "Il n'y a pas photo", comme on dit.
Il est possible, donc, de reconstruire la plate-forme autonomiste en révisant son armature centrale. Ce n'est pas à des partis, des mouvements, des personnalités autonomistes périphériques telles que les "iliens" d'imposer leur vision du leadership gouvernemental, mais bien au principal parti autonomiste et à son responsable de le décider, dans le respect, bien sûr, de ses partenaires et de leur poids relatif au sein de la majorité autonomiste.
Cette option est d'autant plus aisée à mettre en oeuvre que l'actuel Président du Pays, Monsieur Gaston TONG SANG, est un membre éminent du Tahoeraa Huiraatira. Dans le respect de la discipline de parti, et si la majorité des membres dirigeants de ce parti le souhaitent, il devrait accepter de s'effacer pour garantir la stabilité de la majorité actuelle jusqu'aux prochaines élections territoriales.Dans le cas contraire, on pourrait se poser la question de la "clarté" de sa ligne de conduite depuis un an. Une question viendrait, en effet, immanquablement à l'esprit : n'a-t-il pas tiré les ficelles dans les coulisses pour parvenir au pouvoir grâce à l'appui des "iliens" en leur conseillant d'écarter Gaston FLOSSE ?
N'est ce pas là une "clarification" logique que les uns et les autres appellent de leurs voeux ?