UPLD et magouilles politico-affairistes
Par lebop, jeudi 28 juin 2007 à 15:39 :: General
L'affaire des bus Ankaï du gouvernement Temaru n'en finit pas de rebondir. Hier et aujourd'hui, les Nouvelles reviennent sur ce nébuleux dossier qui réserve de plus en plus de surprises. Le titre en dit long : "le demi-milliard de trop des bus chinois". Une paille !
Historique :
- création d'une SEM "Maeva Nui" par une délibération de l'APF du 18 mai 2006, avec une participation du Pays à hauteur de 52 % ;
- un aval du Pays pour 52 % d'un emprunt bancaire de 680 millions de F CFP dans le cadre du financement de l'acquisition de 130 bus;
- une société de conseil montée pour la circonstance, évalue les propositions, en évacue certaines ( deux concessionnaires de la place s'en plaignent aujourd'hui et menacent de porter l'affaire devant les tribunaux), et oriente le choix vers la proposition " Ankaï". Cette société de consultants est dissoute peu après ;
-une société TIE ( Turatahi Import Export) , représentante en Polynésie française de 2R marketing, entité basée à Hong Kong et référence du constructeur de la marque Ankaï, qui établit le coût de la flotte à 1,873 milliard de F CFP ;
-une défiscalisation métropolitaine de 565 millions de F CFP ( 35 %) prévue ;
- une lettre détaillée de Monsieur James SALMON en date du 10 aout 2006,qui estime que le coût global de la flotte de bus s'établit à 1873.654.000 F CFP ;
- pas de commande ferme de la SEM Maeva Nui, mais les bus sont quand même fabriqués. L'entreprise 2R Marketing, présidée par un certain Monsieur Kent Li ( ami de qui ?) a avancé 400 millions de F CFP afin de lancer la production ;
- la société Turatahi envoie un bateau en Chine pour deux livraisons à la fin décembre. Faute de facture honorée, le bateau traverse le Pacifique à vide. L'armement réclame 200 millions de F CFP pour ce transport à vide...;
"Micmac pas possible"; dossier "qui sent mauvais" pour ceux qui s'en approchent. Le dossier revu,corrigé et bonifié par l'actuel Ministre des transports passe de 1,873 milliards à 1,350 milliards de F CFP. Soit une économie prévisionnelle d'un demi-milliard de F CFP. Un gain très significatif de 4 millions de F CFP par véhicule !
Et les Nouvelles de se poser des questions : "pourquoi un tel surplus sous le gouvernement bleu ciel ? De la négligence, ou de la légèreté, voire de l'intérêt" ?
Que ces questions sont prudemment posées. Et pourtant, le montage politico-affairiste émerge clairement : une société de consultants "amie" du pouvoir en place qui oriente arbitrairement le choix vers un constructeur prédéterminé, des société-tampons qui prélèvent des commissions pour "services illusoires", une couverture politique indirecte formellement, mais directe dans les coulisses,un aval du pays pour un emprunt sur la base de montages officieux, et, in fine, des surcoûts en cascade payés par une SEM, entité publique, c'est à dire par les contribuables polynésiens. Drôle de souci de performance pour une société d'économie mixte...
Coûts publics, mais bénéfices privés..... L'actuel Président du Pays, Monsieur Gaston TONG SANG veut une transparence des coûts. Pourquoi la facture chinoise est-elle multipliée par 3 ? Bonne question !
Un début de réponse : beaucoup d'observateurs croient bien qu'une magouille politico-affairiste partiellement avortée a été officiellement mise à jour. Oui, ce dossier sent mauvais pour le gouvernement UPLD d'Oscar TEMARU, certains de ses proches conseillers et le ministre des transports James SALMON.
Attendons la suite de ce feuilleton à rebondissements...
