En Polynésie française, la campagne pour les élections législatives démarre poussivement. Pour l’instant, les déclarations de candidature révèlent plutôt des positionnements tactiques ou le manque de vision pour notre Pays. Quand d’autres candidatures sont complètement “à côté de la plaque”. J’espère que les courtes semaines qui nous séparent du scrutin seront plus denses et intenses.

En ce qui me concerne, je souhaiterais que chacun des candidats se positionnent clairement sur quelques grands thèmes qui encadreront leur action de député s’il est élu.En effet, j’estime qu’un député, de par le fait qu’il aura le privilège de nous représenter à l’Assemblée nationale, doit être une personnalité d’envergure qui a une vision, des convictions, des orientations précises sur notre devenir économique et social, des objectifs de mandature et une “feuille de route” claire pour son mandat.

A ce titre, je discerne quelques grandes thématiques qui sont autant d’enjeux pour nous, polynésiens.

  • Sa vision de l’avenir de la Polynésie française à 20 ans et les valeurs qu’il (ou elle) défend ;
  • Sa conception de la nature et du mode de relation entre l’Etat central et le gouvernement polynésien et son rôle dans cette relation ;
  • Ses orientations générales pour vaincre le chômage, notamment celui des jeunes polynésiens ;
  • Ses priorités en matière de développement économique et les grand projets ou chantiers à mettre en oeuvre. Les questions majeures sont, à mon sens, les suivantes : comment la Polynésie française peut-elle “tirer son épingle du jeu” dans la mondialisation économique ? A quelles conditions doit on s’ouvrir sur l’extérieur pour que les polynésiens puissent bénéficier plus largement de cette mondialisation ? Comment nos entreprises doivent-elles survivre et être plus compétitives dans ce contexte d’ouverture ? Comment les pouvoirs publics doivent-ils les accompagner dans leur adaptation à la compétition internationale, sachant que le protectionnisme est une voie sans issue qui ne fait que retarder ou compliquer cette nécessaire adaptation ? Comment attirer les investisseurs extérieurs qui se font bien rares ces dernières années ? Quels sont les grands projets structurants porteurs d’avenir : pôle de compétitivité, zones franches, nouvelles incitations fiscales en faveur de l’entrepreneuriat…. ?
  • Ses principes en matière de fiscalité, d’efficacité du secteur public et de maitrise de la dépense publique ;
  • Ses priorités dans le domaine social : pérennisation du système de protection sociale et de retraite des polynésiens, consolidation du système de santé, engagements sur la viabilité du financement et du fonctionnement du nouvel hôpital, équilibre entre assistance et incitation au travail ;
  • Sa définition du cadre de la solidarité nationale, les inflexions qu’il (elle) souhaite donner aux transferts publics métropolitains, ses choix de priorités budgétaires de l’Etat pour la Polynésie française, les prises de position qu’il (elle) compte prendre sur des dossiers sensibles outre-mer : adaptation du système éducatif, indexation, continuité territoriale, mise à niveau des équipements et des infrastructures, recherche, protection de la Z.E.E, association avec l’Union européenne, coopération régionale, rayonnement et réforme de l’Université…;
  • Son positionnement politique au sein de l’hémicycle, son choix des commissions où il (elle) compte siéger et les raisons de ce choix, les dossiers législatifs qui lui tiennent le plus à coeur et qu’il (elle) compte faire avancer;
  • Ses choix personnels sur quelques grands sujets de société : mariage de couples homosexuels, adoption d’enfant par un couple homosexuel, lutte contre la délinquance,euthanasie, modernisation et humanisation des prisons, égalité hommes-femmes….

Voilà, de manière non exhaustive, bien sûr, les thèmes que je souhaite voir aborder par chacun ou chacune de nos candidates ou candidats à la députation.