LA TACTIQUE DU PARAVENT
Par lebop, lundi 7 mai 2007 à 20:03 :: Petite analyse
Une rumeur court ces derniers jours : les partis de la plate-forme autonomiste "hors Tahoeraa" auraient décidé de ne pas aller à la bataille, chacun sous leur bannière partisane, comme celà serait logique. Ils auraient décidé de soutenir Béatrice VERNAUDON, députée en rupture de ban de l'UMP, principale composante de la nouvelle majorité présidentielle.
Ils ne voudraient donc pas se compter et adopteraient la tactique du paravent. Pourtant, ces élections législatives, de par leurs caractéristiques, sont le moment idéal d'évaluation de la force politique de chacun, qui plus est, sans grand risque. En effet, ces élections, généralement à deux tours ( car rares sont les candidats députés qui passent dès le premier tour), permettraient une dynamique de rassemblement pour choisir le meilleur candidat de la plate-forme au second tour. Se compter au premier tour et se rassembler au second : qui dit mieux ? Personne, entre " vrais alliés", en tous les cas,n'y trouverait à redire. Bien au contraire,grâce à cette alliance solidaire, la majorité s'en trouverait consolidée à l'issue de ces législatives.
Ben non. Rautahi, le Ai'a api, les iliens ne voudraient pas se compter, alors que ce moment de vérité permettrait de clarifier la question du "leadership" autonomiste et la prétention de certains à y prétendre. Ces partis auraient-ils peur de saisir cette occasion idéale et sans risque depuis les élections territoriales ? A moins que justement, le risque soit de se compter ....Rautahi et les iliens considèreraient peut être cette échéance comme trop prématurée, faute de structuration suffisante. Le Ai'a Api voudrait peut être éviter que l'on constate qu'il est en perte de vitesse... Chacun aurait ses raisons, mais ce serait bien dommage de poursuivre dans la même logique que celle des Présidentielles, à savoir l'agglomération des faiblesses par un soutien passif, plutôt que l'addition des forces de chaque parti par une vraie campagne sur le terrain.
Il est clair que le paravent idéal est la candidate Béatrice VERNAUDON. Mais, dans cette histoire que vaut l'élection à la Présidence de la République de Nicolas SARKOZY et la nécessité de lui apporter une majorité à l'Assemblée Nationale ? Que vaut le label UMP en Polynésie française ?
Je ne voudrais pas être à la place de Monsieur Gaston TONG SANG : comment concilier son appartenance naturelle au Tahoeraa, parti apparenté à l'UMP, et son acceptation d'un choix en faveur de Béatrice VERNAUDON de ses alliés de la plate-forme ? Saura-t-il imposer son autorité en prêchant la voie de l'union au second tour en faveur du candidat le mieux placé de la plate-forme ? Dilemme cornélien, à vrai dire. Mais là, on ne pourra pas dire que c'est le Tahoeraa qui " a provoqué"....