Nicolas SARKOZY ROYALEMENT ELU en Métropole : une victoire limitée et paradoxale en Polynésie française

Par lebop • 6 May 2007

Nicolas SARKOZY a été royalement élu par 53 % des français. Noindep nous l’a annoncé et je n’insisterai pas sur ce point. En Polynésie française, Nicolas SARKOZY a été clairement placé en tête par une majorité de polynésiens ( plus de 64.000 contre plus de 59.000), soit un taux légèrement inférieur (moins de 52 %) au taux national. Monsieur Oscar TEMARU ne pourra donc se prévaloir de cette élection, qu’il considérait comme un test de légitimité grandeur nature et dans laquelle il a mis toutes ses forces dans la bataille, pour revendiquer quoi que ce soit, notamment en ce qui concerne sa propre légitimité à gouverner notre Pays par la dissolution de l’Assemblée de la Polynésie française. Car c’était bien là son principal cheval de bataille annoncé avec forces déclarations dans les meetings et les médias. L’affaire est close sur ce plan là.

Cependant,ces résultats sont pleins d’enseignements pour nous, polynésiens. En effet, il ne sert à rien de se cacher la réalité derrière des raisonnements oiseux : la poussée du Tavini, même si la grande “vague bleue” a quelque peu reflué à Tahiti, est claire. On ne peut plus dire que ce parti séparatiste représente 20 à 25 % de l’électorat, mais bien plutôt 40 %. Il s’agit donc d’une forte minorité populaire et il convient, une fois pour toute, de prendre en considération cette réalité électorale. Il ne sert à rien de se rassurer à bon compte derrière des discours de circonstance qui masqueraient cette poussée continue du parti séparatiste.

En second lieu, le morcellement autonomiste et l’étalage au grand jour des divisions de la plate-forme autonomiste n’a pas contribué - et c’est un euphémisme - à la mobilisation de son électorat. Mais, plus grave, c’est que l’on se rend compte que l’électorat autonomiste se transfère de tel à tel parti autonomiste, chacun voulant se partager les éventuelles dépouilles du Tahoeraa que l’on contribue par ailleurs à faire imploser. Une véritable cannibalisation des voix autonomistes sans conquête d’un nouvel électorat en quelque sorte. Il est vrai que ces élections présidentielles permettaient à certains de se prononcer pour Nicolas Sarkozy sans qu’il soit réellement nécessaire de se mobiliser et de se compter, puisque tous les partis autonomistes, à l’exception notable de No Oe Te Nunaa et du Fetia Api, s’étaient positionnés pour lui. Derrière ce choix de façade, il faut bien constater que beaucoup de leaders de ces partis sont restés tranquillement dans leur bureau et ont laissé le terrain au Tavini.

Les questions qui me brulent les lèvres sont donc les suivantes : que “pèse” donc réellement chacun des partis autonomistes aujourd’hui ? Au plan électoral, où en est le Ai’a Api ( et ses soit disants 8000 adhérents encartés), le Tahoeraa, le Rautahi, le Te niu hau, le Taatira polynesia, le Te avei’a, le Porinetia ia ora (j’en oublie certainement) ? L’électorat autonomiste n’est-il pas en train de s’effriter progressivement à l’avantage d’un Tavini qui a profité de son passage au pouvoir pour se structurer ? Le morcellement et l’étalage des divisions ne créent-ils pas un boulevard au Tavini ? Comment reconquérir l’électorat et arrêter la “machine à perdre” qui s’est mise en route ? La réponse lucide à ces questions évitera de grosses désillusions demain.

Justement, une nouvelle échéance électorale se profile, à savoir les Législatives. Eh bien, que chacun de ces partis autonomistes ait le courage de présenter son candidat dans chacune des 2 circonscriptions électorales, car il s’agit là d’une formidable opportunité politique pour chacun d’entre eux de connaitre sa crédibilité politique auprès des polynésiens. Que chacun ait le courage de se compter et non pas se cacher encore derrière des paravents. En fonction du poids électoral de chacun, on pourra reparler du leadership de la plate-forme autonomiste et examiner, à l’aune des résultats de chacun, leurs prétentions et leurs ambitions pour les prochaines échéances. Après tout, peut être que la clarification actuellement en cours dans le camp autonomiste est un mal nécessaire…

Bref, à l’issue de ces législatives, une révision des analyses et des stratégies politiques des uns et des autres est devenue absolument nécessaire, si on ne veut pas créer un boulevard aux séparatistes aux prochaines élections communales et territoriales.

Commentaires

Par hinanui le 7 May 2007 at 14:55

le parti autonomiste polynésien le plus important demeure le tahoeraa, n’en déplaise à ses détracteurs!
Il y a eu beaucoup de trahison et de manipulation d’électrons libres ! c’est ce qui a beaucoup divisé les autonomistes malheureusement!

Que chaque parti autonomiste parte de son côté au premier tour pour peser respectivement ses voix mais qu’au 2ème tour ils soutiennent tous le candidat autonomiste le mieux placé pour remporter l’élection même si celui-ci émane du tahoeraa.

Il faut arrêter les querelles mesquines et reconnaître la force politique d’un parti sans rancune.
Le tahoeraa reste le seul parti autonomiste capable de contrer le tavini au niveau de sa base électorale . Que d’autres petits partis viennent ensuite travailler avec le tahoeraa sous la forme d’une majorité autonomiste , pourquoi pas ? c’est le cas de l’upld avec un parti principal et plus fort que ses autres partenaires upld le tavini.

Il faut que les petits partis autonomistes comprennent cela une fois pour toute sinon ce sera la victoire des indépendantistes et ils n’auront plus que leur yeux pour pleurer quand l’indépendance fera partie de nos vies de tous les jours. Et il ne faudra pas venir se lamenter , ce sera trop tard!!!

Je partage entièrement le point de vue subtil de lebopp . Bien vu!! Buissou, les îliens, le aia api , et d’autres
devront bien réfléchir à l’intérêt général de notre pays avant de se focaliser bêtement sur gaston Flosse qui jusqu’à preuve du contraire est la seule tête de liste qui a recueilli
le nombre de voix le plus important sur l’ensemble de la polynésie Française si on s’en tient aux dernières élections locales sans alliance aucune.

c’est le seul parti qui s’est mobilisé pour l’élection de sarkozy avec en face une ulpd unie pour faire voter ségo avec tous les deux du travail sur le terrain.
Les autres partis autonomistes se sont contentés de la télévision ou de réunions très limitées et uniquement dans leur communes respectives . voilà où se situe tout le problème des autonomistes en général.

Il va falloir se remuer sinon certains autonomistes endosseront la responsabilité de la victoire de l’indépendance un jour !!!

 

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