DES MARCHES ET DES DRAPEAUX

Par lebop • 15 April 2007

Ainsi, le Tavini a clôturé sa séquence “marches” par un défilé final qui a rassemblé, selon les observateurs, entre 3.000 et 5.000 personnes. Depuis plusieurs semaines, pour préparer le terrain et chauffer les esprits, on avait droit chaque mercredi, au défilé de 500 à 600 marcheurs embrigadés, y compris des enfants, ce qui est un pur scandale ! A l’âge de ces derniers, on leur enlève déjà leur libre arbitre en les forçant à participer à des marches dont ils ne comprennent pas très bien l’enjeu. Cathéchisme et embrigadement dès le plus jeune âge : c’est peut être celà, la démocratie, façon Tavini. Mais où est la ligue des droits de l’homme et de l’enfant ?

Ces marches hebdomadaires, traduction d’un esprit de mobilisation permanente des ouailles, qui devaient aller crescendo, n’ont vu parader que les militants habituels, les obligés du maire de Faaa adossé à son trésor de guerre municipal. La démonstration de force, qui ne faisait que provoquer des embouteillages supplémentaires dans la ville, était quelque peu râtée. Oui, le Taui n’est plus ce qu’il était, au grand dam de ses inspirateurs.

En tout état de cause, avec 3000 ou 5000 personnes, on est bien loin de l’ambiance de la marche triomphale du Taui, où, avec des accents épiques, on nous promettait la lune : une nouvelle gouvernance, une nouvelle morale en politique, une nouvelle ère faite de distribution de terres et de logements aux exclus. Oui, un nouveau messie était arrivé en la personne idôlatrée d’Oscar TEMARU.Des ténèbres on allait passer à la lumière.

On a effectivement expérimenté cette “gouvernance” et on y vu, ou plutôt subi, les mensonges, l’improvisation, l’inertie, l’incompétence, la gabegie, les discours radicaux et xénophobes. Un gouvernement du verbe, les yeux rivés dans le rétroviseur, et à la recherche du paradis perdu d’autrefois. Une gouvernance complètement décalée par rapport aux besoins de la société polynésienne contemporaine.

Certes, les dirigeants du Tavini on pu vendre quelques centaines de drapeaux supplémentaires, ainsi que quelques centaines de tricots de “Ségolène la farani” derrière laquelle se range le peuple indépendantiste.On n’est pas à une contradiction près, tant on a vu, ces dernières années, fleurir le double ou le triple langage. C’est le nouveau “cargo culte”. Ségolène nous libèrera du joug colonial tout en nous inondant de bienfaits sonnants et trébuchants.

Et après ? Quelle politique ? Quel mode de développement ? Quelles clés pour la croissance ? Comment lutter contre l’inflation ? Comment créer des emplois ? Comment affronter la mondialisation ? Quelle place dans le monde pour les polynésiens ? Quelle protection sociale ? Notre retraite sera-t-elle assurée demain ? Le chômage, notamment celui des jeunes, sera-t-il réduit demain ? Ces marches et ces drapeaux ne nous éclaireront pas sur ces questions fondamentales. De l’agitation pure, sans projet crédible pour l’avenir.

On n’en saura rien. Ces marches ne font que ressasser des rêves illusoires et chimériques. L’espoir fait vivre, dit-on. Hélas, ce ne sont que de faux espoirs, car le Tavini donne de mauvaises réponses à de mauvaises questions.Et la gesticulation combinée à la méthode Coué n’a jamais fait une politique.

 

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