SYNDICRATIE

Par lebop • 14 April 2007

Et voilà que les revendications catégorielles se multiplient comme les fourmis de feu à Mahina. Grèves et menaces de grèves refont surface dans des communes, des grandes entreprises du bâtiment et des filiales d’établissements publics prospères comme Mana. Certes, les revendications sont multiples et sont d’importance diverse : grève pour empêcher des licenciements, grève pour la pérennité de l’emploi, grève pour l’augmentation de salaires déjà confortables,grève pour non respect de protocoles d’accords qui grappillent quelques menus avantages complémentaires à un salaire tout à fait correct par ailleurs, grève pour des indemnités de sujétion supplémentaires… Les motifs sont divers, mais ce sont toujours les mêmes centrales syndicales qui mènent la danse, pas gênées de faire feu de tout bois, maintien de leur représentativité et prestige personnel de leur leader obligent.

Mais n’y voyez pas là des motivations politiques, car il est bien connu que nos leaders syndicaux ne font pas de politique….En fait, ils ne sont pas élus comme les politiques, mais celà ne les empêche pas de vouloir partager le pouvoir avec les politiques. Ce n’est pas légitime ? Ils s’en fichent,car ils s’auto légitiment.Et les politiques tremblent car les leaders syndicaux peuvent “mobiliser”. Et quand on a la loi du nombre, on a forcément raison…C’est bien connu.

Qu’il y ait croissance, stagnation ou récession, les revendications restent. Qu’il y ait plus ou moins de chômeurs ou d’exclus, les salaires doivent augmenter quand même. Que les smigards se multiplient dans les petites entreprises, que les consommateurs n’en peuvent plus de payer des produits et des services toujours plus chers,que les citoyens voient se dégrader la qualité des services publics, les salariés nantis du Pays, des communes, des établissements publics, des grandes entreprises privées…veulent quand même une plus grande part du gâteau. Ces entreprises dont la masse salariale explose ne peuvent plus investir pour notre avenir ? Tant pis : après nous le déluge…. même si ce sont nos enfants et nos petits enfants qui trinqueront in fine.

Ainsi va la syndicratie : allergique à l’économie et amoureuse du “tout social”. Elle ne propose rien pour accélérer la croissance ou créer de nouvelles activités économiques, mais elle est là pour réclamer toujours plus. Elle imagine toujours une économie miraculeuse, apte à augmenter les salaires, même si l’économie est en piteux état.Bref, elle s’imagine qu’une mystérieuse planche à billets fonctionne là, quelque part.

La compétitivité ? C’est un gros mot pour ces leaders syndicaux qui ont, en général fait toute leur carrière dans le secteur public ou qui ont bénéficié de décharge de service pour activité syndicale. Ces fonctionnaires de la revendication ne connaissent rien, bien sûr, des contraintes de l’entreprise, de la hantise du chef d’entreprise face à son carnet de commande, de ses préoccupations pour payer les salaires de tous ces employés à la fin du mois, de son inquiétude face à l’instabilité politique et à l’absence de lisibilité à moyen terme.Cette ignorance n’est pas grave, car leur principale activité de reconversion, c’est la politique. “Hiro”, “Ronald”, “Bruno”,”Pierrot”, “Patrick”… connaissent la recette.Et l’on s’étonne après, que pas mal de nos hommes politiques sont ignares des choses de l’économie comme on l’a vu durant le triste épisode du “Taui” !

Petit à petit, avec cette multiplicité et cette accumulation dans le temps de ces revendications corporatistes, la Polynésie française se déconnecte encore plus du monde avec son coût de la vie exorbitant,les impôts et les cotisations sociales qui augmentent, les tarifs d’électricité, les prix des chambres d’hôtels, les prix des produits agricoles, les coûts de communication et d’internet ….parmi les plus élevés du monde. De celà, la syndicratie s’en fiche. Tant elle croit que l’on peut vivre dans notre petite bulle coupée du monde.

La syndicratie n’a qu’un seul mot d’ordre : mes syndiqués d’abord, les autres après !

Commentaires

La syndicratie c’est la politique d’affrontement stérile menée par le monopole syndical qui paralyse le pouvoir politique et l’économie .
Vouloir à tout prix conserver les acquis sociaux et en faire bénéficier tous les travailleurs : belle mission ! Mais est-elle compatible avec cette économie mondialisée ? Si non ! Quel est le responsable politique qui aura le courage de s’interposer à certaines revendications non justifiées ?

Par wakrap le 17 April 2007 at 13:15

Je crois qu’il n’y a qu’une manière de s’opposer à la syndicratie, c’est la fin des monopoles et la possibilité pour tout consommateur de refuser un service fut-il public.
De cette manière les salariés et syndicats subissent directement les conséquences de leurs actes.
Autre solution, dans le même esprit de responsabilisation : lier salaires et capital dans les entreprises par l’actionnariat (épargne retraite) . Les salariés seront ainsi motivés à la rémunération du capital et aux bénéfices qui sont la source des investissements.
Pour ce qui concerne le mouvement de grève le plus coûteux dans ses revendications, les médecins hospitaliers, il faut aussi y voir la conséquence de l’incompétence crasse des politiques qui signent des accords avec un coût de près de 500 000 000 annuels(revalorisation des gardes et astreintes) et qui s’étonnent après d’un déficit de 700 000 000 sur le budget hospitalier.
Et puis comment donner de telles sommes d’argent sans les accompagner d’une réforme profonde de l’organisation hospitalière, pléthorique en administratifs sans jamais demander une amélioration de la productivité des médecins et de la structure? Bref, la gestion publique dans toute sa splendeur.

Par wakrap le 17 April 2007 at 13:15

Je crois qu’il n’y a qu’une manière de s’opposer à la syndicratie, c’est la fin des monopoles et la possibilité pour tout consommateur de refuser un service fut-il public.
De cette manière les salariés et syndicats subissent directement les conséquences de leurs actes.
Autre solution, dans le même esprit de responsabilisation : lier salaires et capital dans les entreprises par l’actionnariat (épargne retraite) . Les salariés seront ainsi motivés à la rémunération du capital et aux bénéfices qui sont la source des investissements.
Pour ce qui concerne le mouvement de grève le plus coûteux dans ses revendications, les médecins hospitaliers, il faut aussi y voir la conséquence de l’incompétence crasse des politiques qui signent des accords avec un coût de près de 500 000 000 annuels(revalorisation des gardes et astreintes) et qui s’étonnent après d’un déficit de 700 000 000 sur le budget hospitalier.
Et puis comment donner de telles sommes d’argent sans les accompagner d’une réforme profonde de l’organisation hospitalière, pléthorique en administratifs sans jamais demander une amélioration de la productivité des médecins et de la structure? Bref, la gestion publique dans toute sa splendeur.

 

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