COUT DE LA VIE EN POLYNESIE FRANçAISE : LE RAPPORT BRARD DENONCE
Nous avons déjà abordé dans de précédents billets la question de la “surrémunération” des fonctionnaires outre-mer et des retraites indexées, question sensible s’il en est. Tellement sensible que les candidats aux présidentielles se prononcent prudemment pour une certaine forme de statu quo. Il est vrai qu’en cette période de campagne, il s’agit plutôt de caresser les élus et les électeurs d’outre mer dans le sens du poil, car ceux-ci peuvent faire la différence !
Le Député BRARD, situé très à gauche de l’hémicycle a mis lui aussi de l’eau dans son vin sur cette question. Par contre, il en est autrement sur la question du coût de la vie outre-mer qu’il aborde aussi dans son rapport. Jugez-en vous même sur ces quelques extraits.
1) Sur les “mauvais comportements” des importateurs.
“Un cas typique de mauvais comportement consiste à augmenter les marges pour maintenir la stabilité du prix de vente final d’un produit importé dont le coût FAB diminue”.
Cependant, Monsieur BRARD “a acquis la conviction que, depuis leur mise en place, ces contrôles ont été contournés par certains importateurs. En effet, les investigations des services de contrôle se limitent aux marges réalisées sur le territoire. Il n’a pas les moyens de contrôler la constitution du prix « coût assurances fret »”.
“Comment les marges des importateurs peuvent-elles donc être camouflées ?
Dès lors que les services de contrôle ne peuvent pas analyser la structure du prix CAF d’un produit, il suffit de rendre celui-ci le plus élevé possible. L’importateur de la collectivité d’outre-mer qui pratique l’importation de Nouvelle-Zélande ou d’Australie peut créer une filiale sur place - une société « écran ». Cette dernière achète à un producteur local des fruits à un prix de 150 francs Pacifique le kilogramme, par exemple. La société de droit étranger appartenant à l’importateur vend alors à l’importateur ces mêmes fruits 300 francs Pacifique, sans compter le coût du fret. Après la fixation de sa marge « officielle » sur le territoire, de celle du distributeur et des taxes, le produit sera proposé aux consommateurs à un prix de 600 francs Pacifique… L’essentiel de la marge est, dans ce cas, délocalisé dans un État étranger”.
Aussi, Monsieur BRARD estime que ” le contrôle approfondi de la formation des prix des produits importés nécessite sans doute des conventions internationales avec les pays du Pacifique permettant aux services français d’avoir accès aux données concernant les entreprises de ces pays”.
2) Une économie de monopoles.
“Des raisons objectives expliquent le niveau des prix outre-mer. Les marchés sont effectivement étroits… Ils sont, en outre, particulièrement éloignés de la métropole, même si ces territoires se fournissent également ailleurs qu’en Europe”.
“Pourtant, ces éléments n’expliquent pas certains prix aberrants que Monsieur BRARD a pu relever. “Le lait est, en Polynésie française, un produit de première nécessité qui n’est pas taxé. Lors de son déplacement, votre Rapporteur a relevé le prix des briques de lait demi-écrémé (UHT) le plus courant (sans additif). Deux produits sont proposés : l’un de métropole (département de la Sarthe), à 115 francs Pacifique (soit 0,96 euro), l’autre de Nouvelle-Zélande à 120 francs Pacifique (un euro). Le lait n’étant pas taxé, seul le coût du fret peut expliquer la différence de prix. Comment, alors, expliquer que la même brique de lait qui suit un parcours trois fois plus long est moins chère que l’autre ?
De même, la production de bière fait l’objet d’un monopole local. Les militaires ont lancé un appel d’offres pour leur approvisionnement en bière auquel le producteur local n’a pas répondu. L’appel d’offre étant infructueux, ils se sont approvisionnés auprès d’un fournisseur étranger qui, malgré le coût du transport, à pu leur proposer une offre bien plus compétitive.
Monsieur BRARD en conclue que : “compte tenu de la structure peu concurrentielle des marchés outre-mer, le contrôle public des prix tend parfois à conforter des situations de monopole ou d’oligopole“.3) Sur la structure de formation des prix des produits locaux.
“Le prix de vente du melon produit localement est ainsi systématiquement aligné sur celui du melon importé. Le prix du kilogramme de melon produit sur place est ainsi de 2 euros en Guadeloupe, de 3,99 euros à La Réunion, de 3,38 euros en Nouvelle-Calédonie ou de 3,29 euros en Polynésie française.
Cette situation est évidemment nuisible pour le consommateur qui ne peut choisir qu’entre des produits chers. Elle est également défavorable pour le développement des économies locales, car les producteurs locaux ne sont pas incités à augmenter leur production. En conséquence, le niveau anormalement élevé des marges des importateurs et des distributeurs a également des conséquences négatives sur le tissu économique local et sur l’emploi.
Après étude du système d’importation et de distribution, Monsieur Brard estime que l’État et les collectivités publiques n’ont pas à financer, grâce aux compléments de rémunération servis aux fonctionnaires, les marges injustifiées des importateurs et des distributeurs et propose d’instituer des observatoires pour connaître le processus de formation des prix
Comme vous pouvez l’observer, Monsieur BRARD établit un constat particulièrement sèvère des pratiques des importateurs et producteurs en Polynésie française. On peut simplement regretter qu’il s’agit plus d’affirmations que de démonstrations étayées et irréfutables. Cependant, le Député engage courageusement sa responsabilité en mettant le doigt sur des comportements particulièrement critiquables de certains acteurs économiques s’ils sont avérés. Il serait intéressant, dans ce sens, que nos élus se positionnent sur les questions soulevées.
Nous reviendrons sur la partie “propositions” du rapport de Monsieur BRARD dans un prochain billet, mais je livre ces premiers constats à vos commentaires.
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Commentaires
Enfin un rapport à partir duquel on peut partir pour essayer d’améliorer la situation économique.
N’accusons pas le député Brard d’affirmations non fondées en aidant ainsi à l’enterrement du rapport.
Son but était l’indexation et il a eu le courage de déborder pour aller sur une cause essentielle du coût de la vie exagéré de Polynésie. A d’autres de continuer et d’aller jusqu’au bout.
J’ai lu le rapport BRARD : il a effectivement le mérite de mettre le doigt où ça fait mal. Mais je partage la conclusion d’étape de Pépé Tama. Ce rapport est plutôt issu de discussions avec certaines forces vives de la Polynésie et il y a des affirmations qui ne sont pas véritablement démontrées, car Monsieur BRARD répercute plutôt ce qui a pu lui être répété. Les “on dit”, comme on sait, sont très répandus dans nos contrées. Si comportements litigieux il y a, par exemple, pourquoi ne pas citer les acteurs qui se comportent ainsi ? Qui a, par exemple, des comptes à l’étranger dans le milieu de l’importation ?
Alors, lms, je ne pense pas que Pépé Tama “accuse”, mais il a bien résumé la lecture qu’on peut faire de ce rapport. C’est le Député BRARD qui commence à accuser, mais il ne va pas jusqu’au bout. D’ailleurs, la commission de l’Assemblée Nationale conclue sur ce sujet qu’il faut aller beaucoup plus loin que cette première investigation. Et c’est ce que je pense aussi : il faut approfondir.
J’ai lu le rapport BRARD : il a effectivement le mérite de mettre le doigt où ça fait mal. Mais je partage la conclusion d’étape de Pépé Tama. Ce rapport est plutôt issu de discussions avec certaines forces vives de la Polynésie et il y a des affirmations qui ne sont pas véritablement démontrées, car Monsieur BRARD répercute plutôt ce qui a pu lui être répété. Les “on dit”, comme on sait, sont très répandus dans nos contrées. Si comportements litigieux il y a, par exemple, pourquoi ne pas citer les acteurs qui se comportent ainsi ? Qui a, par exemple, des comptes à l’étranger dans le milieu de l’importation ?
Alors, lms, je ne pense pas que Pépé Tama “accuse”, mais il a bien résumé la lecture qu’on peut faire de ce rapport. C’est le Député BRARD qui commence à accuser, mais il ne va pas jusqu’au bout. D’ailleurs, la commission de l’Assemblée Nationale conclue sur ce sujet qu’il faut aller beaucoup plus loin que cette première investigation. Et c’est ce que je pense aussi : il faut approfondir.
J’ai lu le rapport BRARD : il a effectivement le mérite de mettre le doigt où ça fait mal. Mais je partage la conclusion d’étape de Pépé Tama. Ce rapport est plutôt issu de discussions avec certaines forces vives de la Polynésie et il y a des affirmations qui ne sont pas véritablement démontrées, car Monsieur BRARD répercute plutôt ce qui a pu lui être répété. Les “on dit”, comme on sait, sont très répandus dans nos contrées. Si comportements litigieux il y a, par exemple, pourquoi ne pas citer les acteurs qui se comportent ainsi ? Qui a, par exemple, des comptes à l’étranger dans le milieu de l’importation ?
Alors, lms, je ne pense pas que Pépé Tama “accuse”, mais il a bien résumé la lecture qu’on peut faire de ce rapport. C’est le Député BRARD qui commence à accuser, mais il ne va pas jusqu’au bout. D’ailleurs, la commission de l’Assemblée Nationale conclue sur ce sujet qu’il faut aller beaucoup plus loin que cette première investigation. Et c’est ce que je pense aussi : il faut approfondir.
Monsieur Brard a effectué quelques constats qui devraient interpeler nos élus : Le prix du kilowattheure en Polynésie française est trois fois supérieur à celui de la métropole.
S’agissant du prix des abonnements à Internet en ADSL,il a pu observer que le service avec un débit de 512 kilooctets par seconde revient à 122,85 euros par mois en Polynésie française (avec l’opérateur Mana, qui propose également des abonnements avec un débit de 128 kilooctets par seconde à un prix inférieur) et 147,79 euros par mois en Nouvelle-Calédonie (opérateur : Lagoon).
À titre de comparaison, la marque Orange de France Télécom propose en métropole un abonnement avec un débit de 1 mégaoctet par seconde pour 24,90 euros par mois. Avec un débit deux fois moindre, les offres des opérateurs de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie sont donc respectivement 4 et 5 fois plus chères que l’offre métropolitaine, pourtant assortie d’un débit double, non limité en volume, avec, le cas échéant, une offre de télévision.
Beaucoup de produits d’hygiène, de produits de vaisselle (PAIC…), de produits d’entretien ( CIF…), les biscuits, la farine, le chocolat, la confiture, les jus, sodas, yaourts, tomates, l’eau minérale, les livres, la bière… ont des prix doubles de ceux de la Métropole dans des hypermarchés comparables.Je ne parle pas des prix des mêmes produits dans nos magasins de quartier…
Il y dénonce aussi les “loyers exorbitants”.
C’est effectivement une situation anormale, car le coût du transport par bateau est très faible ( à peine de l’ordre de 5 % du prix FOB). C’est moins cher de faire traverser les mers à ces produits que de les transporter par camion d’un bout à l’autre de la France !!! Pour les services, il n’y a pas de coût de transport, puisque c’est essentiellement de la main-d’oeuvre. En plus, le SMIG est inférieur au SMIC métropolitain…
Nous sommes réellement dans une “économie de monopoles ou d’oligopoles”.
Monsieur Brard a effectué quelques constats qui devraient interpeler nos élus : Le prix du kilowattheure en Polynésie française est trois fois supérieur à celui de la métropole.
S’agissant du prix des abonnements à Internet en ADSL,il a pu observer que le service avec un débit de 512 kilooctets par seconde revient à 122,85 euros par mois en Polynésie française (avec l’opérateur Mana, qui propose également des abonnements avec un débit de 128 kilooctets par seconde à un prix inférieur) et 147,79 euros par mois en Nouvelle-Calédonie (opérateur : Lagoon).
À titre de comparaison, la marque Orange de France Télécom propose en métropole un abonnement avec un débit de 1 mégaoctet par seconde pour 24,90 euros par mois. Avec un débit deux fois moindre, les offres des opérateurs de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie sont donc respectivement 4 et 5 fois plus chères que l’offre métropolitaine, pourtant assortie d’un débit double, non limité en volume, avec, le cas échéant, une offre de télévision.
Beaucoup de produits d’hygiène, de produits de vaisselle (PAIC…), de produits d’entretien ( CIF…), les biscuits, la farine, le chocolat, la confiture, les jus, sodas, yaourts, tomates, l’eau minérale, les livres, la bière… ont des prix doubles de ceux de la Métropole dans des hypermarchés comparables.Je ne parle pas des prix des mêmes produits dans nos magasins de quartier…
Il y dénonce aussi les “loyers exorbitants”.
C’est effectivement une situation anormale, car le coût du transport par bateau est très faible ( à peine de l’ordre de 5 % du prix FOB). C’est moins cher de faire traverser les mers à ces produits que de les transporter par camion d’un bout à l’autre de la France !!! Pour les services, il n’y a pas de coût de transport, puisque c’est essentiellement de la main-d’oeuvre. En plus, le SMIG est inférieur au SMIC métropolitain…
Nous sommes réellement dans une “économie de monopoles ou d’oligopoles”.
Monsieur Brard a effectué quelques constats qui devraient interpeler nos élus : Le prix du kilowattheure en Polynésie française est trois fois supérieur à celui de la métropole.
S’agissant du prix des abonnements à Internet en ADSL,il a pu observer que le service avec un débit de 512 kilooctets par seconde revient à 122,85 euros par mois en Polynésie française (avec l’opérateur Mana, qui propose également des abonnements avec un débit de 128 kilooctets par seconde à un prix inférieur) et 147,79 euros par mois en Nouvelle-Calédonie (opérateur : Lagoon).
À titre de comparaison, la marque Orange de France Télécom propose en métropole un abonnement avec un débit de 1 mégaoctet par seconde pour 24,90 euros par mois. Avec un débit deux fois moindre, les offres des opérateurs de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie sont donc respectivement 4 et 5 fois plus chères que l’offre métropolitaine, pourtant assortie d’un débit double, non limité en volume, avec, le cas échéant, une offre de télévision.
Beaucoup de produits d’hygiène, de produits de vaisselle (PAIC…), de produits d’entretien ( CIF…), les biscuits, la farine, le chocolat, la confiture, les jus, sodas, yaourts, tomates, l’eau minérale, les livres, la bière… ont des prix doubles de ceux de la Métropole dans des hypermarchés comparables.Je ne parle pas des prix des mêmes produits dans nos magasins de quartier…
Il y dénonce aussi les “loyers exorbitants”.
C’est effectivement une situation anormale, car le coût du transport par bateau est très faible ( à peine de l’ordre de 5 % du prix FOB). C’est moins cher de faire traverser les mers à ces produits que de les transporter par camion d’un bout à l’autre de la France !!! Pour les services, il n’y a pas de coût de transport, puisque c’est essentiellement de la main-d’oeuvre. En plus, le SMIG est inférieur au SMIC métropolitain…
Nous sommes réellement dans une “économie de monopoles ou d’oligopoles”.
Ce qui n’arrange pas les choses, c’est que, historiquement, le gouvernement Léontieff a “sponsorisé” l’implantation d’une même enseigne d’Hypermarchés ( euromarché puis carrefour) sur la côte EST et sur la côte OUEST de Tahiti. C’est purement scandaleux. Il aurait fallu créer la concurrence au moins entre deux enseignes différentes. Maintenant, le pouvoir de marché de Carrefour est tel que leurs dirigeants (locaux) peuvent se permettre une politique de prix élevés…
Même du temps du gouvernement Taui, l’enseigne Casino a eu énormément de mal à faire approuver son projet par rapport à Carrefour. C’était bizarre…. Et on attend toujours la concurrence d’une autre enseigne. Comme par hasard là aussi, le projet Casino a été bloqué par des occupations foncières… Doublement bizarre…
Combien de fois j’ai pu constater que les prix sont moins élevés dans des supermarchés indépendants qu’ à Carrefour, ce qui est le comble !! Je suis sûr que la rentabilité des deux hypermarchés Carrefour en Polynésie doit l’une des meilleures du groupe Carrefour au niveau mondial…
Pour ce qui est des sociétés écrans pour l’importation a une valeur CAF plus forte que la normale, il est difficile de contrôlé ce genre de détournement, de plus ce sont des cas assez isolés et déjà dans une structure non concurrentiels au départ. Je pense que notre vie chère nous la devons aux années ou l’économie n’était pas notre but premier et nous n’étions pas éduqué à l’argent. Dans les années CEP l’inflation atteignait des fois 50% par ans. Nous avons réussit à réguler et redresser la barre mais avec une inflation contrôlée (de l’ordre de 2 à 3% par ans) il est logique que nos prix aujourd’hui soit fort. Maintenant il et bien entendu que ce n’est pas la cause unique. Comme tout adage, il y a des exceptions. Je citerai l’exemple d’un magasin spécialisé dans la musique : Un amplificateur Rockford Fosgate Punch P325.2 coûte sur le site officiel de la marque 299.99USD, et dans le magasin susvisé, il coûte 30.000XPF, sachant qu’il est l’un des seul à vendre Rockford sur le territoire (monopole) et que tous les autres produit Rockford qu’il vend sont au même prix que sur le site officiel, c’est fort!
Merci pour la pub!
C’est un copain à toi le magasin spécial?
Mais quand même, alors là, c’est vraiment fort!!!!!!!!!
Et ça sert à quelque chose?
A part nous casser les oreilles?
Qu'en pensez-vous ?