L’affaire était trop belle : Gaston Tong Sang a été élu président de la Polynésie française à l’issue d’un élan patriotique des autonomistes sur la base d’une confiance généreuse et partagée. On s’est fait avoir encore une fois, les élus du pouvoir ont décidé de faire leur petite cuisine. A en sentir l’odeur, on se remplit de préjugés.

Les îliens qui comme à l’accoutumée suivent le sens du vent, donnent du vertige à l’opinion. On pensait qu’ils étaient rassasiés avec tous les avantages en nature qu’ils ont hérité sans contre-partie, que leurs appétits de Gargantua avaient fini par être assouvis ? Ils en sont en réalité à l’entrée et ont décidé de faire exploser la plate forme pour le dessert. Sans une forte conscience identitaire, les îliens n’ont qu’une vision de court terme et se condamnent à disparaître d’ici peu. Rappelez-vous Nicole Bouteau et Philippe Schyle qui agissaient en tango pour gouverner l’humeur de la politique. Ils en ont pris pour leurs frais.

Contre les îliens aujourd’hui, le parti historique de la Polynésie française annonce la couleur. Le Tahoeraa, par la voix de son président, met en garde “les brigueurs du pouvoir” qu’il ne continuera pas à tolérer le manque de respect exprimé à son égard. Il se sent occupé sur son propre territoire et menace de mettre en place un mouvement de résistance. Lui sent qu’il perd pied en politique. Il bat donc le rappel de ses troupes pour le perchoir de l’Assemblée, pour les législatives et impose aux signataires de la plate forme une ouverture abondant dans ce sens. C’est comme si le subconscient de G. Flosse lui rappelle que le pouvoir, c’est lui, seulement pour lui et à personne d’autre. C’est “le complexe Flosse”.

Dans toute cette ambiance joviale, un homme paye encore les caprices de ces enfants gâtés de la politique. G. Tong Sang, l’éternel perdant de ces disputes malsaines, sent son gouvernement, cosmopolite, et donc, par là-même fragile, osciller entre une implosion ou une déflagration. La base idéologique qui incombe à la survie de n’importe quel parti en politique manque à ce gouvernement en panne d’identité. L’autonomie qui a permis de diluer dans ce gouvernement tous ces hommes de tous bords politiques est en surdose. On espère que G. Tong Sang fera preuve de sa maturité exemplaire pour calmer les ardeurs des uns, et pourquoi pas, payer le calme (encore !) des autres. Oui, mais pour combien de temps ce système fissuré survivra encore ?