Aéroport et décollage économique
Par Noindep, lundi 26 février 2007 à 04:55 :: General
A l'heure où nous débattons tous de notre développement, il convient, me semble t-il, de revenir sur les outils qui nous permettront d'y parvenir. Je parle là des outils logistiques réels.
L'aéroport international de Tahiti Faa'a, par exemple. Outil essentiel de notre intégration régionale et internationale, il semble être de plus en plus obsolète. En depuis son inauguration officielle en 1961, l'aérodrome n'a pas suivi l'évolution mondiale, et, aujourd'hui, il doit subir un conséquent effort de rattrapage. La venue de Air Tahiti Nui a sans doute rappelé à son gestionnaire, la SETIL de sa relative négligence en matière de suivi technique. Avec plus de 1,5 millions de passagers (1 523 434 passagers en 2005) qui transitent chaque année, soit le 12ème aéroport de France, la plate forme de Faa'a est toujours dans sa même structure des années 90. A part l'aménagement de nouveaux parcs de stationnement (2 en zone nord et un 5ème en Zone Sud pour Airbus A340), et la nouvelle voie de contournement pour rallier cette zone, de la réorganisation des parkings, aucun effort conséquent n'a été réalisé en ce qui concerne l'aérogare et l'accueil des passagers. Bref, ce que l'on attend aujourd'hui d'un aéroport dit "international".
En tant que passager on aurait aimé avoir des passerelles couvertes lors de la descente de l'avion (pour éviter d'être trempé à l'arrivée), une vraie zone de transit avec duty-free de niveau international, de vrais zones de restaurations, de plus de comptoirs d'enregistrement, d'accès à Internet sans fil, et de la climatisation, accessoirement, pour éviter de fondre dans la file d'attente à 30°C.
Vous me direz : "toutes ces idées sont belles mais comment va t-on les financer ?"
A vrai dire la source de tout ce retard est liée à la conduite de l'exploitation de l'aéroport géré par deux structures complexes. Le propriétaire de la plate forme et des infrastructures intrinsèques est l'Etat, via le Service de l'Aviation Civile en Polynésie française. Le "gérant" est la Société d'Équipement de Tahiti et des Iles (SETIL) qui bénéfice de l'exclusivité de l'exploitation des 43 aérodromes de la Polynésie française mais sur des "CDD" avec renouvellement périodique. Depuis l'an dernier, la SETIL s'est vu confier l'exploitation de l'aéroport de Tahiti Faa'a pour les 15 prochaines années. L'objectif fixé est la venue de 600 000 touristes en 2035. Pourquoi 600 000 ? Parce que l'on estime qu'à ce niveau, on réussirait à dégager suffisamment de ressources pour compenser les transferts de métropole. Un chiffre estimé en 2000. J'aime autant dire que ce chiffre n'aura plus aucun sens en 2035.
Bref aujourd'hui la SETIL a une visibilité de près de 10 ans pour faire de la plate forme de Tahiti Faa'a un aéroport digne ce nom, et ainsi permettre à Air Tahiti Nui d'appuyer sa stratégie de Hub visant, au final, à accroître le nombre de touristes entrant sur le territoire. Elle réussira à le financer en accroissant le trafic de passagers, et parrallèlement, en augmentant le nombre de compagnies desservant le territoire. Quid des compagnies low cost ?