REDEFINIR LE PERIMETRE DU SECTEUR PUBLIC
Dans un récent passé, les ressources publiques du Pays se sont accrues, notamment par la création de nouvelles taxes prélevées à l’importation et directement affectées à certains établissements publics ( EPAP, EGT….). Cette logique, qui ne devait plus, pourtant, avoir cours depuis l’instauration de la TVA et la suppression de la TNPS et du droit fiscal d’entrée prélevé sur tous les produits importés, a été réactivée après l’instauration de la Taxe de développement local, prélevée elle aussi sur les produits importés. Il faut remettre en cause toutes ces taxes à l’importation, car elles créent de multiples effets pervers.
En premier lieu,ces taxes “distraient” des milliards de francs d’un examen rigoureux de l’Assemblée de la Polynésie française par une affectation directe à des organismes qui ne démontrent pas leurs performances. En second lieu, les ressources prélevées peuvent être largement supérieures aux besoins de ces établissements publics. En troisième lieu, elles sont la source de recrutements supplémentaires d’agents publics dans des secteurs qui sont moins prioritaires que la santé ou la protection sociale. Et en quatrième lieu, elles maintiennent sous perfusion artificielle des structures condamnées ou incapables de créer par elles-mêmes des ressources suffisantes.
Il faut bien savoir que le recrutement d’un agent public coûte à la collectivité, c’est à dire, à nous contribuables, au moins 30 millions de F CFP sur l’ensemble de sa carrière.C’est même plus, puisque cet agent est systématiquement remplacé lorsqu’il part à la retraite. Sous son aspect anodin, c’est donc une décision qui est, en fait, lourde de conséquences pour les finances publiques et elle ne doit donc pas être prise à la légère.
Devant les difficultés budgétaires du Pays, il ne doit pas être “tabu” de redéfinir sérieusement le périmètre du secteur public et envisager, dans ce cadre, la fermeture de certains établissements publics comme TNTV, Tahiti Nui Rava’ai, l’EPAP et de certaines sociétés d’économie mixte budgétivores. Bien sûr, ces fermetures doivent se faire dans le respect des hommes. Un nouveau plan de départs volontaires pourrait donc être réactivé au sein du secteur public, ainsi qu’un examen au cas par cas des possibilités de redéploiement de certains agents au sein des secteurs véritablement prioritaires de l’administration. Ces priorités devraient être d’ailleurs définies par une instance indépendante du pouvoir politique.
Cette instance devrait aussi lancer une vraie prospective des emplois publics pour déterminer le format optimal de nos services administratifs, hiérarchiser les priorités (santé, protection sociale…), remplacer partiellement les départs à la retraite dans des secteurs non prioritaires, réaménager la grille salariale, promouvoir le salaire au mérite au détriment du salaire à l’ancienneté, envisager les moyens d’accroitre la productivité, entamer des démarches “qualité” dans le but de stabiliser la masse salariale du secteur public et d’améliorer l’efficacité de celui-ci.
De même, l’endettement et l’usage de la DGDE ( les fonds d’après CEP d’un montant annuel de 18 milliards de francs versés par l’Etat) à des fins d’alimentation du budget de fonctionnement du Pays devraient être strictement interdits. La part d’autofinancement du budget du Pays destiné à l’investissement devrait être fixé à au moins 15 % du budget global, soit un montant de l’ordre de 20 milliards de F CFP par an, alors qu’il se traine lamentablement à 4 ou 5 milliards de F CFP par an. C’est l’investissement qui prépare l’avenir, notamment celui des jeunes polynésiens, et il est inadmissible qu’on le sacrifie par rapport au fonctionnement du secteur public.
La gestion communale, catastrophique et souvent épinglée par la chambre des comptes, doit elle aussi, être réformée par un arrêt des recrutements clientélistes, un renforcement de l’encadrement et une réduction des effectifs pléthoriques. Car ces dépenses de personnel paralysent, là aussi, la capacité d’investissement des communes. Il est inadmissible, par exemple, que certains de nos concitoyens aient encore de “l’eau chocolat” à leurs robinets.
Oui, il faut avoir le courage de réformer un secteur public qui a particulièrement enflé ces dernières années, de faire la “chasse au gaspi” et d’arrêter les déficits récurrents. Le secteur privé le fait lorsque c’est nécessaire. Pourquoi le secteur public et parapublic en serait-il exempté lorsque les déficits se multiplient ?
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Commentaires
Excellent article, à méditer fortement .
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