Nous le savions déjà, mais une récente note de l’institut d’émission d’outre-mer nous confirme que le poids du secteur public dans l’économie polynésienne est exorbitant.Les ressources publiques totales se sont élevées en 2003 à 356 milliards de francs CFP, ce qui représente 71 % du PIB ( évalué en 2003 à 500 milliards de francs CFP) , alors qu’en France métropolitaine, ce même indicateur ne présente que 49 % du PIB.

Le poste le plus important est celui des ressources apportées par l’Etat ( 148 milliards en moyenne triennale)et représente 52 % des ressources publiques totales. Au sein de ce poste, les transferts civils ont crû en moyenne de 7 %.

Les recettes fiscales du Pays ont augmenté depuis 1989 de manière soutenue : de l’ordre de 5 % en moyenne, soit un taux supérieur à la croissance économique moyenne, évaluée à 4 %. Sur cette période, elles ont plus que doublé, passant de 48 milliards à 99 milliards en 2005.

Le taux de prélèvements obligatoires, estimé en 2003 à 38 %, s’il est au-dessous de celui de la France métropolitaine ( 43 %), est en fait très élevé, car s’ajoutent les versements publics additionnels de l’Etat, qui, comme on l’a dit, s’élèvent en moyenne à 148 milliards de F CFP. Ces versements additionnels sont, rappelons-le, le produit des impôts payés par les français de métropole et qui sont dépensés en Polynésie française. C’est là une caractéristique essentielle de notre système économique que nos élus ne doivent jamais oublier lorsqu’ils nous proposent des choix fondamentaux du type “indépendance” ou “autonomie”. Je n’ose imaginer notre taux de prélèvement fiscal s’il fallait compenser partiellement ou totalement ces transferts de l’Etat en prenant totalement en charge, par exemple, notre système éducatif, notre justice, notre police, notre protection sociale, notre santé ou nos investissements publics (la DGDE versée par l’Etat représentant 18 milliards de F CFP par an) !

Au vu de ce poids écrasant de la dépense publique,toutes sources confondues, il est fondamental que le Pays laisse s’épanouir l’esprit d’initiative, seul à même de “muscler” et de renforcer le poids relatif du secteur privé dans l’économie polynésienne. A ce titre, la réduction de la dépense publique effectuée par le Pays et ses satellites, l’amélioration de l’efficacité de cette dépense et la stabilisation des prélèvements fiscaux du Pays sont des priorités incontournables. Il s’agira d’un signe fort adressé aux entrepreneurs pour les inciter à créer des richesses dans le Pays. C’est un impératif si l’on veut continuer à construire un pays “normal”, c’est à dire un pays où le secteur privé est le principal moteur de la croissance.