Les notables indemnisés du Conseil Economique, Social et Culturel, quatrième “Institution” du Pays, s’il vous plait, a émis un avis relatif au SMIG particulièrement étrange. Je vous en livre quelques extraits révélateurs d’une certaine schizophrénie intellectuelle.

Je vous cite les perles en question :

“Le CESC, conscient de l’urgence et de la nécessité d’assurer aux salariés dont les rémunérations sont les moins élevées une amélioration de leur revenu, déplore toutefois que le relèvement du S.M.I.G. intervienne sans véritable accompagnement sur le plan financier.

  • Le CESC rappelle que le S.M.I.G. est la contrepartie d’un travail effectué dans le cadre d’un contrat. Il n’a pas pour objectif de garantir la subsistance d’une famille.L’amélioration des conditions de vie des personnes qui disposent de faibles ressources relève davantage d’une politique sociale d’accompagnement en faveur de cette catégorie de population. Le CESC déplore que l’objectif social fixé par le gouvernement se fasse par des revalorisations successives du S.M.I.G. à la charge des employeurs et non par une politique sociale financée par tous au titre de la solidarité.
  • Par ailleurs, le CESC craint que l’augmentation du S.M.I.G. ne vienne alourdir les charges des entreprises les empêchant de développer au mieux leurs activités et pénaliser ainsi les créations d’emplois. Si le relèvement du S.M.I.G devait s’accompagner de mesures compensatoires pour les entreprises afin d’atténuer les effets négatifs sur les prix et l’emploi, les conseillers sont opposés à l’utilisation de ce dispositif à des fins politiques ou électorales.

On pourrait penser qu’après cette charge dénonçant une augmentation inconsidérée du SMIG “à des fins politiques ou électorales”, l’avis serait en conclusion défavorable. Eh bien, tenez-vous bien : NON !

…Puisque le CESC conclue : ” Souhaitant vivement que le gouvernement tienne enfin compte de l’avis du CESC, le Conseil économique, social et culturel de la Polynésie française, émet un avis favorable au projet d’arrêté en conseil des ministres portant relèvement du salaire horaire minimum interprofessionnel garanti (S.M.I.G.) pour compter du 1er janvier 2007“.

Une argumentation à charge se terminant par un avis favorable. Il fallait le faire : le CESC l’a fait …