Note respectueuse à l’attention de notre nouveau Ministre de l’Education.

Le ministère de l’Education est un ministère important, fondamental même en ce qu’il détermine l’avenir de notre société. Eduquer, c’est permettre aux jeunes de se vivre pleinement dans la société, c’est à dire faire en sorte que, heureux, ils respectent les régles sociales.

Le Pays a besoin de choses simples pour aller en cette voie. Des choses hier mises en place par M. Sanquer et son équipe, des choses récemment sapées par son successeur et ses collaborateurs zélés.

Typologie.

Les fondamentaux. Apprendre à lire, compter, écrire. Apprendre, c’est à dire faire l’effort, tout simplement, inviter les élèves à se concentrer pour retenir, basiquement, que 2 et 2 font 4…etc, etc… et non plus proposer aux “apprenants” de colorier des cases ! Et M. Sanquer disait, avec sagesse : “apprendre est difficile”. Et oui, nous en sommes sur ce site la preuve. Apprendre, c’est d’abord maîtriser le ba-ba; la lettre, la syllabe, le mot, la phrase, le texte…et non ce que l’on nous enseigne ces jours-ci ! Apprendre, c’est regarder le maître agir pour reproduire son geste au lieu de chercher la spontanéité par essence légère du jeune apprenant…encore faudrait-il que le geste du maître fût exemplaire ! Exit des fondamentaux.

La grande affaire du Pays : le bilinguisme ! Soyons honnête, le plurilinguisme. Bref, la cohabitation entre le français et les langues polynésiennes. D’abord, la question des stratégies d’apprentissage. Ensuite, la question des langues et de leur rapport au monde.

L’apprentissage. Rajouter des heures de langue tahitienne à l’école, c’est alourdir la journée des petits, c’est jeter de la poudre aux yeux. On n’apprend pas une langue avec quelques heures en plus…du moins on ne l’apprend pas en tant que langue maternelle, et c’est bien ce dont il s’agit ici. On risque donc simplement ici d’appauvrir les compétences en français des élèves sans véritablement leur permettre de progresser en langue tahitienne.

Langue et rapport au monde. Pour l’heure, les didacticiens des langues tahitiennes ne semblent guère avoir compris que les outils de la grammaire française ne conviennent pas à la spécificité des langues polynésiennes…de fait, la didactique actuelle est inadaptée, comme en témoignent du reste les querelles d’école. Enseigner les langues locales avec les concepts grammaticaux des langues indo-européennes est non seulement une gageure mais encore une volonté nuisible de réduire une langue à des normes qui lui sont extérieures. Quels individus allons-nous former ?

De plus, s’il est important de rester attaché à sa langue, il l’est tout autant de s’ouvrir au monde…les langues polynésiennes ne me semblent guère appropriées à des relations internationales nécessaires à la survie du pays. Sans oublier que les examens et concours se font toujours en langue française…entretenir l’idée que les langues polynésiennes permettent un jour d’obtenir une situation qui fût reconnue par un Etat tiers relève de l’escroquerie la plus démagogique qui se puisse être.

C’est à ce titre, Monsieur le Ministre, que j’ose attirer votre attention sur l’impérieuse nécessité de rompre définitivement avec des pratiques qui conduisent inexorablement le Pays, beaucoup plus que les rodomontades grotesques xénophobes et racistes des anciens dirigeants, vers la voie d’une indépendance centripète, et ce de manière insidieuse.

Revenir à la simplicité, aux fondamentaux, là est l’exigence.

Enfin, Monsieur le Minsitre,méfiez-vous des conseillers métropolitains qui sous couvert d’un discours social et généreux, ne sont ici que pour leur profit personnel avec l’unique souci de songer… au prochain cas de figure qui les attend en métropole.