« L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait. ». Georges Bernanos connaissait déjà la faiblesse de l’homme à se résoudre à la fatalité. Le confort pousse au fatalisme, Nicole Bouteau est aujourd’hui aux avant postes du prochain changement, elle attend le passage de la providence.

Bref, elle surgit de nulle part à chaque fois, pour pointer du doigt la délinquance des hommes aux pouvoirs. Après Flosse, elle s’attaque au père Oscar. Voici la spécialité de l’animal qui appelle au regroupement de ses pairs, après les avoir poignardé délibérément dans le dos. On ne peut guère rester insensible devant un tel élan pour convertir la démocratie en la servante de ses désirs. La mère Nicole tente de raccourcir son deuil politique, et faire oublier les trois ans de réflexion qu’il lui a fallu pour avoir pris conscience de ses 5 secondes d’erreurs lors du glissement du vote dans l’urne. Le paresseux en resterait sans voix.

Nicole Bouteau, cette fée de la démocratie repart aujourd’hui à zéro avec l’expérience de l’échec et la volonté de rétablir l’ordre juste. L’ordre juste serait d’abolir ce texte de prime majoritaire. Ce cancer démocratique, ce stratagème suicidaire, cet emblème de la victoire. Amputer le nouveau statut de cet article améliorera sans doute son rendement et son utilité et donnera une nouvelle chance aux perdants de 2004 « pour se refaire ». L’électeur sera donc de nouveau convoqué, soit pour sanctionner son propre vote de 2004, soit le conforter. « Un ordre juste oui, mais pour qui ? » dixit l’électeur.

Dans toute cette fracture démocratique, qui puise son sens dans des textes qui faussent la donne du suffrage, le Polynésien va mal. On lui dit que les choses vont mal, alors que, lorsqu’il regarde autour de lui, son quotidien se désaltère toujours par autant de liberté. C’est-à-dire que l’échec avéré que l’on ressent tous, n’est pas réel en soi. Il est au sous bassement des chiffres, à la frontière de l’irréel, exempt de toutes preuves matérielles. Agir donc pour faire réagir le peuple, passe par une traduction des vecteurs de l’échec de la gouvernance actuelle. Et c’est sûrement pas en le leur disant, que le gouvernement de Temaru éduque l’incompétence, mais en apprenant à cultiver une relation de confiance en parallèle à une république des idées au service de l’avenir Polynésien, et non à son dépens, que l’on réussira à reconquérir la confiance de l’électeur. Qui aura le courage d’abandonner ses beaux discours pour une parole sincère ?