Extrait de la lettre de Mr TEMARU à Mme ROYAL. “Au contraire, nous voulons créer un modèle économique et social original, qui emprunte ce qu’il y a de mieux chez nos partenaires proches ou lointains, pour que notre Pays devienne un exemple de démocratie au service des Polynésiens qui ont trop longtemps été privés du droit de choisir, en conscience, leur avenir.”

Nous sommes d’accord, cette phrase revêt d’un appel au secours. Oui la Polynésie française a le droit de choisir librement son avenir. L’appel de Mr Temaru est dans ce sens salutaire et souhaitable. Les Polynésiens méritent d’être au centre du débat. La Polynésie, qui semble avoir été longtemps privée d’excercer sa pleine souveraineté, a peut-être été contraint par le fait colonial, à réduire l’implication de sa propre conscience dans son avenir. Peut-être avons-nous oublié de le construire ? En tous les cas Mr TEMARU est certains que les Polynésiens se replient un peu trop sur la fatalité qu’est l’autonomie du long terme. A mon avis, cette lettre, acte symbolique pour Ségolène ROYAL est peut-être l’appel à un peuple, l’appel à “une conscience collective” (Marx se réveillerait) trop reposés sur l’histoire qui se répètera inéluctablement.

Ma question est : Par delà le débat stérile Autonomie / Indépendance qui détruit notre vraie réflexion, avons-nous réellement pris conscience des enjeux de l’avenir, et de notre devoir d’en être les membres fondateurs ?

Peut-être que le problème est là, peut être que nous n’imaginons rien d’autre comme avenir, que celui qui s’offre à nous. Que nous n’avons plus “aucun désir d’avenir” dirait Ségolène. Un vrai danger donc.