J’emprunte au politologue Eric DUPIN une partie de l’une de ces récentes analyses sur la tactique politique de Ségolène ROYAL, car je la partage tout à fait.

“Jusqu’en janvier, tout devrait aller bien pour Ségolène Royal. L’UMP sera secouée par le choix de son candidat tandis qu’elle tendra son oreille vers les Français. La candidate socialiste continuera à jouer de sa stratégie d’identification aux électeurs en trois temps. Un, je suis comme vous, je ne sais pas tout. Deux, ce n’est pas grave, c’est vous qui êtes les experts des problèmes que vous vivez. Trois, je vous demande de me dire ce qu’il faut faire.

Arrivera, tout de même, un jour le moment du choix politique. Démocratie participative ou pas, comment une société individualiste, minée par les corporatismes et les communautarismes, dégagerait d’elle-même une volonté générale ?

La transformation des demandes contradictoires en aspiration collective est précisément le travail du politique auquel Royal semble rechigner. Car il suppose des arbitrages entre intérêts sociaux et conceptions opposés. Pour l’heure, la candidate du PS contourne habilement cette exigence. Elle préfère frapper l’opinion par des clins d’oeil à ses préoccupations très concrètes (délinquance des mineurs) et par des slogans très généraux (”ordre juste”). Les grands choix de politique publique ne pourront pourtant être éternellement escamotés. Sans oublier la clarification stratégique qui lui sera imposée dans la vraie campagne: avec qui la présidente Royal songe-t-elle gouverner ?”

L’heure des choix politiques entrera alors en contradiction avec la posture séductrice de Ségolène Royal.”….

L’heure des choix politiques sonnera aussi lorsqu’il faudra bien qu’elle dise précisément ce qu’elle veut pour la Polynésie…encore française.Car, pour l’instant, c’est le vide sidéral, preuve de l’importance qu’elle accorde à notre “patelin” comme Monsieur Temaru a lui-même qualifié la Polynésie française en rendant visite à Ségolène dans son fief poitevin, il y a quelques mois.

Il faudra bien qu’elle dise quels “désirs d’avenir” elle a promis à Oscar Temaru, lui qui l’a soutenu bien avant le parti socialiste. Cet empressement devait cacher des discussions secrètes particulièrement fructueuses et en ligne avec les récentes déclarations très claires de Monsieur Temaru pour une accélération du processus d’accession à l’indépendance de “Tahiti Nui”.

On attendra donc janvier 2007…