Les violentes émeutes des TONGA sont le dernier épiphénomène en date d’une descente aux enfers progressive de nombre de pays indépendants du Pacifique. Ces évènements succèdent aux émeutes et coups d’Etat qui ont frappé, ces dernières années, Fidji, les îles Salomon, la Papouasie Nouvelle-Guinée et le Vanuatu.

Instabilité politique chronique et lutte de clans pour la conquête ou le maintien au pouvoir. Un pouvoir considéré comme une fin en soi et non pas comme un moyen de gérer la cité pour un mieux-vivre de la population.

Le résultat est flagrant : les indicateurs virent progressivement au rouge. Démographie galopante, espérance de vie en chute libre, retour à l’économie de subsistance, chômage urbain et violence des “gangs”, dépendance vis-à-vis de l’aide internationale,corruption, vente de la voix du pays au plus offrant à l’ONU, à la Chine ou à Taiwan, notamment, emprise d’affairistes sur les gouvernants en place, atteintes aux libertés…. sont les maux que ces pays en déshérence partagent en commun. Ces micro-Etats sont comme des fétus de paille balayés par les vents de la mondialisation. Leur avenir économique est en berne.

Les grandes puissances régionales du Pacifique, s’épuisent à jouer les “pompiers volants” ou à rappeler les principes de bonne gouvernance, a tel point qu’ils sont critiqués pour leur interventionnisme par des régimes politiques d’autant plus nationalistes qu’ils sont sous dépendance financière.On est fier tout en tendant la main : un semblant d’indépendance politique, en quelque sorte.

John HOWARD, le premier ministre australien, considère que la clé du problème, est l’indépendance sans autosuffisance. Il vient ainsi de déclarer : “ je pense qu’un des problèmes est que vous avez beaucoup de ces pays qui ont une indépendance politique sans pouvoir vraiment soutenir la gouvernance…C’est le fruit de l’histoire et on ne peut rien y faire vraiment, sauf leur venir en aide. Mais clairement, l’un des problèmes dans le Pacifique est que beaucoup de ces pays sont trop petits pour être autosuffisants, c’est ça la brutale réalité. … Nous sommes prêts à les aider, mais en échange, nous attendons des normes plus élevées de gouvernance“.

Quand on voit les signes avant-coureurs des maux cités ci-dessus et des dérapages de la gouvernance Taui, nos apprentis-sorciers indépendantistes devraient méditer sur ces déclarations. Ces idéologues irresponsables nous engagent dans la même impasse bien malgré nous. Mais il ne tient qu’à nous, justement, de rebrousser chemin.