Une jeunesse freinée par les réalités

Par Noindep • 5 November 2006

La Jeunesse occupe une majeure partie des statistiques pourtant le quotidien l’ignore. Construction de couloir associatif, de tremplin médiatique, de structure organisationelle, Pépé Tama nous a délivré les recettes pour donner un véritable élan à une jeunesse timide et intimidée qui souffre d’un système éducatif inadapté aux réalités. L’éducation en Polynésie manque de ciblage. Alors que le primaire continue de fermer ses classes, les universitaires eux manquent de moyens.

La structure universitaire est laissée à l’abandon. L’université de la Polynésie française continue de poursuivre son existence sans bilan-programme. Les formations manquent de diversité (peu de fillières), de continuité (schéma LMD en retard), de longévité (aucune possibilité de pousuivre une formation jusqu’au doctorat). Cette fragilité structurelle pousse les étudiants à l’exil, et la poursuite d’un avenir meilleur sur le sol métropolitain. Et cela jusqu’après leurs études.

Voici comment nous participons “à la fuite de nos cerveaux”. La création de l’Université de la Polynésie française n’est entre autre que la vitrine reluisante et illusoire d’une politique de décentralisation ostentatoir. Elle est devenu en dix ans une institution qui récolte les responsabilités non moins exagérées, de former et mettre la jeunesse polynésienne sur le marché du travail. Vous y croyez vous ?

Peu probable à l’échelle des réalités actuelles, même si rien n’est trop difficile pour la jeunesse nous dirait Socrate. Car l’université ne fait pas figure de doyenne, sa reconnaissance est tout au plus symbolique, et elle n’est guère plus flattée par ses résultats. Elle est bien au contraire qu’une institution tremplin, après laquelle les étudiants s’exilent pour la métropole (par manque de continuité et de longévité). Cette réalité lui confère donc une reconnaissance presque nulle, dû à des faibles moyens (636 millions CFP de budget) et des paternariats manquants dans le pacifique.

Que restent-ils pour former la jeunesse ? Une classe préparatoire, et les classes BTS. Ces deux fillières souffrent des mêmes pathologies. Mais elles ont au moins le mérite de réaliser une sélection préalable de ses candidats. Quoi quoi qu’en dise, les résultats sont bien meilleurs, et les objectifs ont le mérite d’être clairs, mais certes avec des moyens financiers plus élevés.

Ce portrait sévère envers le système éducatif n’a pas pour objectif de soulever des polémiques. Elle évoque notre déficit en matière éducatif, et notre incapacité à retenir nos étudiants. (n’en parlons pas de les ramener après leur études !). Aujourd’hui, dans un contexte où notre avenir se résoud à l’incertain, il faut mettre en avant le potentiel de la jeunesse en lui donnant les moyens auxquels elle a légitimement droit. Notre progrès passe aussi par là !

Commentaires

Noindep ne t’inquiétes pas quand le fenua sera indépendant avec oscar le petit comme président à vie le systéme universitaire disparaitra ici et nous reviendrons au niveau du kiribat, ou des autres micros états indépendants du Pacifique!Alors là les étudiants iront faire leurs études en Métropole ou aux USA ou en Australie ou en Nouvelle zélande si on les veux bien et s’ils en ont les moyens et la France fera de précieuses économies! Alors il faut demander au président à vis oscar le clown d’agir auprés de ses copains du Pacifique, c’est à lui d’agir non ,en tant que président au lieu de se plaindre sur un blog envoies tes doléances à qui de droit le président du pays!!!

Noindep ne t’inquiétes pas quand le fenua sera indépendant avec oscar le petit comme président à vie le systéme universitaire disparaitra ici et nous reviendrons au niveau du kiribat, ou des autres micros états indépendants du Pacifique!Alors là les étudiants iront faire leurs études en Métropole ou aux USA ou en Australie ou en Nouvelle zélande si on les veux bien et s’ils en ont les moyens et la France fera de précieuses économies! Alors il faut demander au président à vis oscar le clown d’agir auprés de ses copains du Pacifique, c’est à lui d’agir non ,en tant que président au lieu de se plaindre sur un blog envoies tes doléances à qui de droit le président du pays!!!

Par Hanivei le 5 November 2006 at 13:58

Teiva est sévère mais Noindep n’a pas tort. L’université du pacifique est l’université de ceux dont les parents n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants en France ou aux Etats Unis. Ils n’auront donc jamais la perspective élargie de se cultiver dans de grandes bibliothèques, dans des colloques, des séminaires, des stages, ni la chance de cotoyer des gens differents, interessants.Ici, on étudie à cercle fermé dans une université non cotée, sans grand moyens comme le dit Noindep. Quant à ceux qui partent étudier dans de grandes universités, revenir sur un marché étriqué ne les interesse plus vraiment tant de nouveaux horizons s’ouvrent à eux. On les comprend. Ils reviendront en vacances pour voir leur famille et le pays. Et on y peut rien. Ils ont plus de courage et d’ambition que leurs aînés qui ne pensaient qu’à une chose revenir se la couler douce au fenua. Les temps changent. Les mentalités aussi.C’est le revers de la médaille de la Polynésie française. tout comme, d’ailleurs, les étudiants des petits Etats de la zone restent dans les pays qui les ont formés. C’est la vie!

Par strulo le 5 November 2006 at 15:29

De 1977 à 1990, nos nos sommes occupés d’étudiants Polynésiens à NICE (avant l’Université de Polynésie) Nombreux étaient ceux qui venaient grâce aux bourses. Peu sont restés en métropole, car tous voulaient rentrer au FENUA. Nombreux sont ceux qui occupent des postes de responablité dans "ce beau pays", mais aussi beaucoup sont déçus des dérives.
Le dernier que nous ayons aider est parti avec un prêt de la SOCREDO pour être "Diésèliste marine" : Hélàs, après un an, il a préféré être "vigile dans une grande surface" et rester en métropole!!!
Les accords de l’Université avec Bordeaux pour les études demédecine sont désastreux : 8 places par an au concours; si ceux-ci sont plus mauvais que les bordelais, ils iront quand même en métropole, mais s’i y en a plus de meilleur que les métros, et bien tant pis pour eux il n’y aura que les 8 meilleurs qui partiront…..
De toute façon, un séjour hors de Polynésie ne peut qu’élargir l’horizon des étudiants dont certains ont trop tendance à penser que la Polynésie est le centre du monde, et ce séjour à l’extérieur réveille souvent leur amour du pays, de sa langue et de ses coutumes. Mais il est certain qu’il faut choisir des filières utiles au Pays et pas seulement les plus recherchées et les plus représentées sur le territoire.
Continuez, votre blog est sur le bon chemin!

J’ ai bien aimé le billet de Noindep.
Dans le cas où tous les étudiants polynésiens, formés en Polynésie ou dans le monde entier étaient désireux de rentrer au Pays, il est vrai qu’ ils seraient peut- être trop nombreux pour trouver un emploi à la heuteur de leur formation, même avec une rigoureuse acéquation poste / profil.
C’est ainsi, les choses changent, le monde leur appartient, ils sont Polynésiens….et citoyens du monde.
C’est une avancée irréversible, et très positive, je trouve.

Par gerald le 6 November 2006 at 1:01

Dans chaque région de, l’infrastructure de l’enseignement supérieur est liée parfois à des facteurs historiques, mais surtout à l’inportance de la population et aux types d’industries ou d’activités économiques qui s’y pratiquent.

Sur le territoire métroplolitain, un étudiant qui ne trouve pas la filière qui l’intéresse dans sa ville, fait 500 Km pour s’inscrire dans une université qui offre la filière qui l’intéresse.

L’université de PF n’échappe pas à la règle, à la seule différence que la PF est à 18000 Km, que ce n’est plus une région mais un "POM", que sa population n’exède pas 250000 personnes et que ses activités économiques sont limitées (tourisme, perle, un peu d’agriculture tropicale). Tout ce qui limite naturellement formation et emploi dans toute région.

Si un jeune Polynésien se destine à la recherche ou souhaite faire une carrière de cadre il aura sans doute plus de chance à l’extérieur de la Polynésie, donc loin de ses bases.

Par gerald le 6 November 2006 at 1:01

Dans chaque région de, l’infrastructure de l’enseignement supérieur est liée parfois à des facteurs historiques, mais surtout à l’inportance de la population et aux types d’industries ou d’activités économiques qui s’y pratiquent.

Sur le territoire métroplolitain, un étudiant qui ne trouve pas la filière qui l’intéresse dans sa ville, fait 500 Km pour s’inscrire dans une université qui offre la filière qui l’intéresse.

L’université de PF n’échappe pas à la règle, à la seule différence que la PF est à 18000 Km, que ce n’est plus une région mais un "POM", que sa population n’exède pas 250000 personnes et que ses activités économiques sont limitées (tourisme, perle, un peu d’agriculture tropicale). Tout ce qui limite naturellement formation et emploi dans toute région.

Si un jeune Polynésien se destine à la recherche ou souhaite faire une carrière de cadre il aura sans doute plus de chance à l’extérieur de la Polynésie, donc loin de ses bases.

Par Noindep le 6 November 2006 at 4:22

Vous avez élucidé tout le problème de l’éducation en Polynésie française. Primo, il est vrai qu’il faut sortir du pays pour gagner en maturité, découvrir et acquérir la richesse culturelle des autres pays. La France est dans ce domaine, un lieu parfait.

Mais n’oublions pas l’impact psychologique. Les étudiants ont parfois du mal à partir du fenua, et les études à l’étranger s’apparentent souvent à une contrainte. Parce que l’éducation psychologique des jeunes n’est pas orienté vers l’extérieur, vers la découverte du monde. Il est surtout callibré dans un nombrilisme, qui fait que les étudiants ne veulent plus quitter leur pays et Tahiti devient le centre du monde. Mais j’aimerais mentionner que l’Australie et la Nouvelle Zélande ne sont pas très loin, et vanter le prétexte de la distance est un peu mensonger.

Tahiti a besoin de beaucoup de dirigeants, et aujourd’hui la Polynésie française n’est pas encore en mesure "de développer" à 100% leur potentiel. C’est pour beaucoup de jeunes, par manque de courage de partir à l’étranger, un réel gachi.

Donc il faut aujourd’hui améliorer la perception psychologique que les étudiants ont des études à l’étranger (france, australie, nouvelle zélande). Mais comment ?

Par Etetera le 6 November 2006 at 4:37

ah tiens ! quand j’étais au clm, on nous rabachait les oreilles en nous disant : partez en France, faites des études, même si c’est juste une année mais partez !!! il faut voir ailleurs comment c’est pour ne pas tourner en rond et se regarder juste le pito !
or, là, ce que tu me dis, noindep, c’est que les jeunes font le contraire de nous à l’époque ?
iaaa, j’aurais pu rester au fenua après le bac car j’avais déjà du travail mais je l’ai refusé et ai proposé un camarade de classe à ma place. Pourquoi ? justement pour voir ailleurs et ne pas regarder mon pito à longueur de journée !
bon, hélas, suis pas encore revenue au fenua ! bah, quand je serais vieille et grabataire ou en cendres, va savoir …

Par Hanivei le 6 November 2006 at 13:28

La Polynésie n’est rien d’autre qu’une petite bourgade en France de 250.000 habitants. Elle n’a pas besoin de "beraucoup" de dirigeants. Déja le nombre de nos ministres est supérieur à celui de la métropole, un comble ils sont 60 millions ! Non, la Polynésie a surtout besoin de bon sens, d’intelligence en politique comme dans d’autres secteurs économiques, de bonne volonté et d’apaisement. Or, l’entretien permanent de la "haine de l’autre", du chaos, de l’incompétence nous fait regarder par les étrangers et les métropolitains comme une république bananière, instable, goulue, égoïste peu fiable. Voilà notre image aujourd’hui.

Par Hanivei le 6 November 2006 at 13:28

La Polynésie n’est rien d’autre qu’une petite bourgade en France de 250.000 habitants. Elle n’a pas besoin de "beraucoup" de dirigeants. Déja le nombre de nos ministres est supérieur à celui de la métropole, un comble ils sont 60 millions ! Non, la Polynésie a surtout besoin de bon sens, d’intelligence en politique comme dans d’autres secteurs économiques, de bonne volonté et d’apaisement. Or, l’entretien permanent de la "haine de l’autre", du chaos, de l’incompétence nous fait regarder par les étrangers et les métropolitains comme une république bananière, instable, goulue, égoïste peu fiable. Voilà notre image aujourd’hui.

Par Gilles le 7 November 2006 at 23:07

Je rejoins Noindep : je suis surpris par le fait que les dirigeants et le corps professoral de l’UPF n’aient pas encore fait un bilan digne de ce nom.

L’évaluation objective des résultats des divers filières d’enseignement serait pourtant nécessaire : quels taux de réussite ? Combien de taux d’échec pendant les deux premières années ? Que deviennent les étudiants à la sortie de l’Université ? Pourquoi l’UPF n’attire-t-elle pas beaucoup d’étudiants étrangers ou de la région ? Comment s’effectue le choix des filières prioritaires ? Y a-t-il concertation avec les socio-professionnels pour la définition de ces priorités ?

Moi je pense qu’il aurait fallu créer plutôt un IUT en Polynésie française, ceci pour former des cadres et techniciens opérationnels dont la Polynésie a besoin. Car, attention à ne pas former des dizaines de juristes-chomeurs et futurs révolutionnaires frustrés car non insérés.

Il convient de dépasser les discours généralistes et rassurants faisant croire que l’UPF joue son rôle de formation de l’élite : c’est faux. Il est de notoriété publique que les familles aisées qui veulent que leurs enfants réussissent ne les envoient pas à l’UPF.

Vivement donc une évaluation lucide de notre Université.

Par Pépé Tama le 8 November 2006 at 0:42

Oui il faudrait une évaluation de l’université de polynésie Française.

De plus la piste sur l’IUT est tres intérressante. En effet ici on touche plus à la pratique.

Néanmoins on pourrait aussi penser à l’idée de couloir associatif pour réinsérer un peu de pratique dans l’enseignement universitaire.

Par Noindep le 8 November 2006 at 4:33

Aujourdh’ui je pense que le débat est posé. Le système de l’enseignement supérieur en Polynésie française manque cruellement de crédibilité. Les moyens manquent, mais les idées sont également absentes.

La question aujourd’hui c’est de se demander, comment donner à l’Université de la Polynésie française une véritable reconnaissance non seulement vis à vis des étudiants polynésiens, mais également de ceux du Pacifique (pourquoi pas ?!) ?

Avec quels moyens, quelles solutions, quels hommes ?

Par iconoclaste le 8 November 2006 at 10:57

Ha bon parcequ’il y a une culture maohi!!! Je pensais qu’il s’agissait plutôt d’un folklore désuet pour touristes blasés!!!

Par iconoclaste le 8 November 2006 at 10:57

Ha bon parcequ’il y a une culture maohi!!! Je pensais qu’il s’agissait plutôt d’un folklore désuet pour touristes blasés!!!

Par Roland le 8 November 2006 at 22:46

D’accord Pépé Tama, mais les Universités ne sont pas facilement inspectées…ce qui ouvre à certaines dérives, surtout par chez nous.
Pour le reste, vous avez raison, former ce dont le Pays a besoin, c’est là l’important…sauf que JM Raapoto l’a dit, il veut des bacheliers S, des cadres.
En somme, la réalité semble oubliée…ici aussi.

 

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