Archive for October 29th, 2006
LE MAELSTROM POLYNESIEN
Que dire de ces quinze derniers jours en Polynésie française ? Une impression de chaos dans le débat politique, économique et social qui a engendré lui-même un chaos social dans lequel les citoyens polynésiens ont été les victimes et les otages bien malgré eux.
Des institutions politiques qui dysfonctionnent. Des élus politiques qui s’invectivent. Une majorité politique qui n’arrive pas à boucler son budget pour cause de divergences internes. Des élus qui imposent en solo leurs vues pour cause de chantage à la 29è voix à l’Assemblée. Une oligarchie syndicale qui rue dans les brancards, et qui, pour l’une d’entre elles, utilise des moyens illégaux pour forcer le pouvoir à négocier. Madame le haut-commissaire, prise entre deux feux, obligée de jouer un rôle d’arbitre dans un conflit dont les solutions sont à trouver dans le champ de compétences du Pays, et donc, du gouvernement. La représentante de l’Etat qui, paradoxalement, « nettoie » le terrain à un Gouvernement qui n’a cesse de guerroyer face à un « Etat néo colonial » peuplé d’ennemis personnifiés par la « droite chiraquienne revancharde ». Un Etat soit disant prêt à tout pour faire revenir ses alliés locaux au pouvoir face à un gouvernement local ” voulu par le peuple polynésien”, qui n’a rien à se reprocher dans son mode de gouvernance “vertueux” et qui tient, comme chacun sait, ses engagements électoraux…
Un Président du Gouvernement qui laisse délibérément pourrir la situation, refuse la concertation avant toute épreuve de force, refuse de négocier avec des « terroristes » qui dressent des barrages, sous prétexte qu’il ne veut pas négocier « avec six pistolets plantés sur sa tempe ». Un “Président- balladeur” qui part, malgré la “subversion terroriste”, à la réunion annuelle du Forum, à Fidji, pour y dénoncer un « coup d’Etat », réaffirmer son impatience à obtenir l’indépendance face à la puissance coloniale française, demander le soutien de ses « frères » du Pacifique dans sa lutte pour la « décolonisation » de « Tahiti Nui », appellation préférée à celle de “Polynésie française” honnie par celui qui veut être notre Nelson Mandela polynésien.