Encore un effort si nous voulons être indépendants !!!

Par Roland • 16 October 2006

A quel niveau prendre ce qui suit ? Etonnant non ?

De fait, nous sommes indépendants : la compétence du Pays est avérée en matière d’économie, de tourisme, d’Education…, la Polynésie possède son Président et son Assemblée, c’est à dire, son Exécutif et son Législatif.
Cependant, il y a encore quelques tâches sombres (blanches peut-être !) ; les Armées, la Police c’est l’Etat, la Justice, c’est encore l’Etat, l’Education, c’est toujours de nombreux popa’a, les entreprises, toujours quelques popa’a.
Alors, encore un effort, au lieu de nous tourner vers la terre, de lever le nez vers le coco ou d’aller pêcher, il nous faut en finir et nous engouffrer dans la brêche ouverte par l’Etat lui-même.
Des popa’a, il y en a surtout chez les Gendarmes et les professeurs (pour eux, pas de majuscule) : rien de plus simple, passons les concours, ils nous sont ouverts ! Et alors, l’Etat n’enverra plus chez nous ses personnels métropolitains. Ce sera toujours ça de gagner.
Les Armées, nos jeunes composent l’essentiel du contingent des troupes, Troupe de Marine, Marine, Commandos de l’Armée de l’Air… mais il faut davantage d’officiers ; il y a des écoles pour ça. Jeunes, visez les barrettes, pas les chevrons !
Demeurent les PME, les Artisans. Pas de problèmes, la raréfaction des fonctionnaires va générer un changement des habitudes de consommation, les chefs d’entreprise partiront d’eux-mêmes, chassés par la faillite et la concurrence étrangère.
Encore un effort, le triomphe est à portée de main !

PS : léger problème, quelles lois substituer à celles de la République ? En existe-t-il de meilleures et de plus justes ? Allons, encore un effort !

Commentaires

Par nancy* le 17 October 2006 at 4:50

Roland, tu évites la principale donnée de cette indépendance qui est la dépendance financière. A raison de 1 milliard 350 millions d’euros par an donnés par l’Etat français, peut-on parler d’indépendance ?
Il s’agirait de ne pas l’oublier et de voir comment suppléer à cette manne ou comment s’arranger de sa suspension…
Autour de moi quand j’entends parler d’indépendance (des femmes, des jeunes, par exemple), cela s’entend d’abord comme indépendance financière…
La Polynésie en est loin, crois bien que je le regrette infiniment mais l’occulter ne fait pas avancer le débat.
Il me semble que c’est ce qui doit être considéré à bras-le-corps d’abord et avant tout !
*

bonjour,
nancy tu m’as coupé l’herbe sous les pieds. en effet je voulais dire chiche à roland. d’accord pour ce besoin d’émancipation mais qui va payer.
la réponse du gouvernement actuel c’est : l’état français a une dette envers le peuple maohi eut égard aux essais atomiques, etc … peut être .. encore qu’il va quand même faloir se mettre en tête que les générations actuelles et à venir ne vont pas etre d’accord pour payer ad vitam eternam pour ce que les "anciens" ont fait.
Donc il faudra peut être montrer un peu plus de modestie et de modération vis à vis des cochons de payants FRANCAIS (en majuscule) qui payent pour que la SANTE, l’EDUCATION et la JUSTICE soit rendus à TITRE GRATUIT pour les polynésiens.
Il me semble aussi comme nancy que la question du financement soit revue et corrigée par ceux qui veulent l’indépendance à tout prix.
OE

Par gerald le 17 October 2006 at 6:31

Nancy, un peu de poésie, quand on aime on ne compte pas et l’on rêve de vivre d’amour et d’eau fraîche.

PS : sur un plan écologique, cela aura sûrement des avantages.

Par gerald le 17 October 2006 at 6:31

Nancy, un peu de poésie, quand on aime on ne compte pas et l’on rêve de vivre d’amour et d’eau fraîche.

PS : sur un plan écologique, cela aura sûrement des avantages.

Par nancy* le 17 October 2006 at 11:10

Gérald, vous vous êtes trop abîmé cher ami dans la contemplation de la peinture de Gauguin qui orne la page d’accueil ! Vous voilà d’un primitivisme inattendu !
Allons, vous nous aviez habitué jusqu’alors à plutôt consulte tableaux de chiffres et tableaux de comptes… ;-) *

Ia’Orana .
Pour moi le problême de l’argent qui est primordial pour cette " indépendance " ( au cas ou la source se tarie …)ne pourra se résoudre que si le gouvernement est stable et compétent et que si il accepte et rassure les investisseurs popa’a .
Est-ce compatible avec ce qui se passe maintenant ?

Par coucou le 17 October 2006 at 14:52

l’indépendance , pour nous en polynésie, car nous n’avons aucune ressource digne de ce nom et qui puisse faire vivre 250000 personnes dans la dignité est égale à misére totale pour les plus démunis d’entre nous. Notre smig actuel à 125000 fcp deviendra un smig à 20000cfp. Notre économie est artificielle, c’est connu. Notre niveau de vie actuel tient , en grande partie , aux 150 milliards injectés chaque année par la france.
Bien sûr qu’avec l’indépendance, il y aura plus de médecins tahitiens (même si ces étudiants en médecine n’auront pas fini leur cursus , Ils pourront opéré) mais malheureusement pas formés comme il se doit. Il suffit de prendre l’exemple des pays africains ou de nos voisins, îles marshall, cook et autres , le résultat n’est pas brilliant. il y aurait bien d’autres choses à dire mais ce serait trop long
Est-ce ce modèle de société que nous voulons? indépendance juste pour faire plaisir à notre pito.
Apres nous le déluge pour les générations montantes?
voyons , ce n’est pas réaliste et surtout suicidaire à tout point de vue. Ne nous laissons pas entrainer dans une situation de chaos pour la polynésie avec une fuite massive d’investisseurs et de fuites de cerveaux. c’est le cas typique des iles cook. Plus de la moitié de la population a fui en nouvellezélande pour vivre leur indépendance au sens noble du terme cad celle de la liberté de vivre dignement.
la liberté de conserver leur identité tout en vivant dans un pays où ils ne mouront pas de faim.

Par Etetera le 18 October 2006 at 1:42

juste en passant, ce que Roland écrit s’inscrit dans la droite ligne de l’autonomie interne. En effet, pourquoi autant de transferts financiers de l’Etat ? Pour que l’on puisse se prendre par la main, gérer le "péi" comme il faut, avec des personnes compétentes issues du "péi" donc, tout local qu’il soit kaina, afa, farani, marite etc d’origine !

Les gouv successifs se sont grassement servis en oubliant une chose pourtant essentielle : cet apport d’argent ne durera pas indéfiniment et un jour, ce sera à nous, français de tous horizons, d’aider la France à tenir le coup parce qu’elle aussi connait des difficultés qui grandissent chaque jour.
Pourquoi ne pas avoir injecté tout cela dans l’amélioration de l’habitat, l’amélioration de la vie (eau potable, évacuations des eaux usées, destructions des déchets, etc), le retour à moins de bétons et l’incitation à plus de plantes, de fleurs pour rendre nos îles aussi belles qu’autrefois, ce qui ferait venir encore plus de touristes etc …

Nos tupuna savaient s’adapter à leur environnement. Pourquoi n’y arriverait-on pas, nous aussi ? changement dans nos mentalités ? dommage alors …

Par Etetera le 18 October 2006 at 1:42

juste en passant, ce que Roland écrit s’inscrit dans la droite ligne de l’autonomie interne. En effet, pourquoi autant de transferts financiers de l’Etat ? Pour que l’on puisse se prendre par la main, gérer le "péi" comme il faut, avec des personnes compétentes issues du "péi" donc, tout local qu’il soit kaina, afa, farani, marite etc d’origine !

Les gouv successifs se sont grassement servis en oubliant une chose pourtant essentielle : cet apport d’argent ne durera pas indéfiniment et un jour, ce sera à nous, français de tous horizons, d’aider la France à tenir le coup parce qu’elle aussi connait des difficultés qui grandissent chaque jour.
Pourquoi ne pas avoir injecté tout cela dans l’amélioration de l’habitat, l’amélioration de la vie (eau potable, évacuations des eaux usées, destructions des déchets, etc), le retour à moins de bétons et l’incitation à plus de plantes, de fleurs pour rendre nos îles aussi belles qu’autrefois, ce qui ferait venir encore plus de touristes etc …

Nos tupuna savaient s’adapter à leur environnement. Pourquoi n’y arriverait-on pas, nous aussi ? changement dans nos mentalités ? dommage alors …

Par Pépé Tama le 18 October 2006 at 2:44

Je crois (peut etre que je me trompes) que le débat que voulait initier Roland, n’est pas au sujet de la dimension financière (bien connue et traité sur le blog) , mais à propos de sujet tout aussi importants et peu traités.

Cela est un fait, et nous en sommes tous conscient : de manière financière bien que nous soyons autonome grace à la générosité de la france nous ne pourrons jamais etre indépendant.

Je penses que l’essentiel de l’idée précisée par Roland se situe à un autre niveau : on pourra toujours trouver des raisonnements simplistes, peu réalistes, voir stupides, concernant la non gravité d’un départ de la france dans des domaines tels que l’enseignement, la police et l’armée les enseignants, les policiers et l’armée. Néanmoins il y’a un gros Problème, un os : celui des lois.

En effet; etre indépendant c’est édicter soit meme ses propres lois (ce que nous pouvons faire dans une certaine mesure actuellement ) sans Aucun garde Fou !
D’ou la dangerosité d’une telle situation et toute les dérives qui peuvent advenir ! Car les lois, le droit sont l’aboutissement d’une histoire, d’une évolution dans le sens du progrès ; mais cela n’empeche pas les abus et mauvaise lois, sur un long chemin semé d’embuches !

La loi française à la chance d’avoir effectuée cette évolution, et meme si elle n’est pas parfaite, elle va dans le sens du progrès. Sans un garde fou tel que celle ci, les lois edicter par la polynésie auraient tout un chemin à faire, tout une droit à construire avec les erreurs et abus allant avec. Aujourd’hui, avec la lois française, nous avons la chance de ne pas avoir à refaire tout ce chemin, et d’econimiser ainsi nombre d’écorchures.

Je vois les choses comme Pepe Tama.
Roland nous met en garde contre une accélération irréfléchie, et ses conséquences.
Il pratique l’ humour noir.

Par hinanui le 18 October 2006 at 23:22

etetera,il me semble qu’il faut vivre avec son siècle et non celui de nos ancêtres sinon on n’évolue pas avec son temps .
et on risquerait d’être tres tres mal.
Dans la vie, on sait ce qu’on gagne mais on ne sait jamais ce qu’on perd et après il y a un point de non retour.
En ce qui me concerne, je n’aimerai pas que la polynésie ressemble aux îles cook sur le plan économique car c’est tres attristant pour nous les jeunes et la génération montante!

Par Etetera le 19 October 2006 at 9:58

je suis bien d’accord avec toi hinanui et c’est bien pour cela que j’ai écrit : pourquoi nous, on ne saurait pas nous adapter à notre environnement. La leçon que je tire de nos tupuna, c’est qu’il ne faut pas regarder en arrière et être nostalgique du passé mais évoluer avec son temps tout en restant fidèle à certains principes de base (je parle notamment de savoir-vivre) et s’appuyer sur les expériences passées pour ne pas renouveler certaines erreurs, même si, parait-il, c’est cyclique chez l’Homme et il ne peut s’empêcher de refaire encore et toujours les mêmes erreurs …

 

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