Le paradoxe de la grève de demain

Par Mana • 12 October 2006

La grève de demain est un « ras le bol » de la vie chère en Polynésie. Sur le principe, il est compréhensible que l’on se plaigne du coût excessif de la vie et surtout des prix de l’alimentaire. Toute cette grève basée sur l’IPC qui, pour un économiste en herbe, n’est pas une bonne façon de voir que la vie coûte cher… Il y a un énorme paradoxe, et même plusieurs, pour les syndicats…Essayons ensemble de les définir.

  • 1) La fausse nomenclature

La grève est l’arrêt de travail décidé et coopté par un groupe de personnes voulant changer certaines variables d’un sujet commun par l’outil de pression qu’est le capital humain. Une grève générale est alors un arrêt de travail décidé par plusieurs groupe de personnes sur des sujets communs, c’est-à-dire une loi, un arrêté ou une décision. Dans cette optique le mot « grève générale » est mal employé, tout d’abord, parce que l’arrêt de travail n’est pas fonction d’une loi, et, d’autre part, il n’est l’émanation que d’un seul groupe de pensée : le syndicat O o’e to o’e rima. Le mot grève générale doit donc être troqué par « manifestation » même si elle fait partie d’une action syndicale. La pétition de Monsieur Buissou hérite ainsi du même statut même si elle fait partie d’une action partisane.

  • 2) Théorie du salaire d’équilibre et courbe de philips

Les Ultra-libéraux pensent que le syndicat apporte plus de chômage car il crée un déséquilibre entre l’offre d’emploi (les salariés) et la demande (les entreprises) en augmentant les salaires minima. D’après ces économistes, le marché du travail est censé s’équilibrer sans intervention aucune, grâce à la théorie de l’offre et la demande en indiquant au croisement des deux courbes, le fameux « salaire d’équilibre ». Le syndicat, en voulant augmenter le salaire au dessus du salaire d’équilibre, crée un surplus d’offre, car plus de personnes sont prêtes à travailler à ce prix et moins d’entreprises sont prêtes à embaucher. Cette augmentation de la masse salariale crée du chômage ou de l’inflation à court terme. Ce compromis est représenté par la courbe de Philips qui est une relation empirique négative entre inflation et chômage. Si notre hypothèse est aussi de dire que le syndicat ne veut pas crée de chômage, alors il créera de l’inflation

  • 3) Théorie Néo-classique et réponse de Keynes

Le contraire n’est pas vrai non plus: baisser les salaires au niveau de la survie, comme Ricardo le pensait d’après la théorie de Malthus, ralentit le cycle économique. Keynes répond aux néo-classiques que si le travailleur a un salaire en deçà du salaire d’équilibre, il devra consommer moins qu’avant. Les entreprises vont donc devoir réduire les quantités produites, ce qui créera du chômage et une pénurie, donc de l’inflation

  • 4) Aberration de la grève dans ce cas de figure

La solution de l’arrêt de travail n’est pas non plus une très bonne solution : l’arrêt de travail crée des coûts supplémentaires à l’entreprise qui doit forcément les répercuter sur le consommateur. Notre compromis est encore plus direct que le précédent car les coûts sont redistribués directement, il y aura donc inflation.

  • 5) Une réponse

La vraie lutte contre l’inflation (d’ailleurs E. Phelps vient de recevoir le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur l’inflation pour votre culture) c’est de favoriser la concurrence ! Notre système économique est basé sur la concurrence, il a été inventé pour être à son optimum de fonctionnement avec de la concurrence !

  • 6) Conclusion

Grève et inflation ? Mais c’est du pareil au même ! Que dis-je ? C’est un pléonasme !

Commentaires

Par pfffff le 12 October 2006 at 8:42

Une grève qui bloque les routes…Y’a qu’a Tahiti qu’on voit ça…il est 5h30 du matin et un ami vient de m’appeler à 5h10 pour me dire que les routes été bloqués. Vive la protection syndicale!

Par pfffff le 12 October 2006 at 8:42

Une grève qui bloque les routes…Y’a qu’a Tahiti qu’on voit ça…il est 5h30 du matin et un ami vient de m’appeler à 5h10 pour me dire que les routes été bloqués. Vive la protection syndicale!

Une grève générale, oui, pourquoi pas.Mais un blocage en règle,non ! Prendre en otage la population n’est et ne sera jamais le moyen idéal pour parvenir à une solution durable.Vivement un nouveau post à ce sujet dans lequel nous pourrons en débattre.

Par banane le 12 October 2006 at 11:26

Tout le monde en convient hélas une petite grévette sans conséquences est une grève perdue d’avance,en revanche une grève avec blocage complet, donnera plus de résultas, la population toute sensibilité confondu en a plus que marre de la flambée mensuelle du coût de la vie, et des mensonges devenus systématiques du gouvernement envers la population, même les protocoles d’accord signés avec les grévistes ne sont jamais respectés.

Ce gouvernement à été elu grâce aux mensonges envers les électeurs, baisse du coût de la vie, baisse du train de vie de la présidence, baisse du nombre des ministres, l’indépendance on verra ça dans 15 ou 20 ans, au lieu de cela, on assite à tout le contraire, comment alors ne pas comprendre l’énorme déception de la population qui voit à terme le chômage, et la misère, pointé le bout de son nez.

Pour le moment seuls les entreprises sont véritablement confrontés à la réalité économique, avec bientôt son cortège de licenciements, les administrations, ce sera pour plus tard lorsque les caisses seront vides.
Car il ne faut pas se leurer, l’argent des conventions et autres que ce gouvernement ne veut ou ne va pas négocier à Paris sera prélevé dans la poche du "nunaa" car ce gouvernement se prépare dejà pour une logique d’une future indépendance, vous avez voté pour moi, vous saviez que je suis indépendantiste donc à présent assumez vos choix et subissez, lorsqu’on s’est enrichi sous l’autonomie on peut difficilement comprendre ceux qui ont votez pour Oscar, quand on vie du smig ou de la terre on peut mieux le comprendre.

Par julien le 13 October 2006 at 19:17

si le blocage est le seul moyen pour les grévistes de se faire entendre depuis de nombreux mois eh bien, donnons leur raison car ils sont courageux de défendre les intérêts de toute une population. Le president va faire du golf au lieu de négocier avec les grévistes, c’est irresponsable et indigne d’un haut dirigeant de ce pays. La politique de l’autruche est scandaleuse. quelque part nous avons les élus que nous méritons car nous n’avons pas su anticiper l’amateurisme de nos gouvernants
Ils sont entrain d’enfoncer ce pays et nous avec. C’est affolant!!!

Par Eugène le 13 October 2006 at 21:36

C’est vrai que les syndicats, enfermés dans la bulle ( cf le billet de pépé Tama) ont tendance à demander " toujours plus". Le problème, c’est que dans une économie aux caractéristiques de l’économie polynésienne, les augementations qui ne sont pas gagées sur hausse de la productivité sont facteurs de hausse des coûts et de hausse des prix. La perte de compétitivité de l’économie polynésienne en est le prix à payer.

Au même titre que les taxes, la hausse continue des salaires au-delà de ce que permet la croissance économique de la Polynésie engendre la pirale hausse des prix-hausse des salaires…

La seule porte de sortie est de gagner du pouvoir d’achat par une baisse des prix. Baisse des prix qui pourraient venir d’une plus grande concurrence commerciale. Actuellement, des ententes à tous les niveaux ne permettent pas le libre jeu de la concurrence. Et le gros problème est là.

Donc sur le fond, je rejoins Mana.

Sur la grève actuelle, elle n’est pas à priori une grève revendicative pour une hausse des salaires. Elle mériterait, à elle seule, que l’on s’y attarde. Car elle ressemble plus à une sorte de "grève citoyenne" avec, peut être quelques arrières-pensées. Mais après tout, on a le droit de s’opposer à un gouvernement inerte et incompétent.

sur poisson cru j’ai lu certains qui se plaignent de la perte de salaire et de chiffre d’affaire qu’occasionnent les blocages.
je me marre. vouloir faire la révolution dans le confort ! trop fort. il faut vraiment être tordu pour critiquer ce qui se passe et ne rien faire de concret pour renverser ce gouvernement.
la polynésie va se retrouver un beau matin indépendante à cause de l’apathie de ses habitants.
chacun ne voulant défendre que son petit pré carré, ses petits avantages,on ne peut pas tout avoir avec la facilité.
le tavini va gagné puisque même entre mécontents vous n’arrivez pas à faire bloc contre lui. diviser pour mieux régner c’est là le génie d’oscar.
il n’y a pas si longtemps papeete a brulé, l’aéroport a été démoli, la présidence et pratiquement tous les services du territoire ont été bloqués et je n’avais pas remarqué tant de doléances. maintenant on joue les frileux dès qu’il y a une action contre le gouvernement, il faut savoir ce qu’on veut, n’est ce pas ?

les barrages, les défilés, les pétitions sont tous utiles pour manifester le ras le bol.
il faut arrêter de critiquer ceux qui "essayent" avec leurs moyens, ils valent ce qu’ils valent mais au moins ils se bougent le c. n’est ce pas ce que vous demandiez à cor et à cri ?

Par gerald le 14 October 2006 at 3:50

Si je devais intituler un article, je l’aurais intitulé : barrages à Papeete, la grande farce.

D’abord les protagonistes : d’un côté un calife qui après sa partie de golf à préférer disparaître (à son habitude) en voyage à un congrés sur le tourisme, et comme d’habitude à déléguer la gestion de la crise à son fidèle grand vizir Jacqui Drollet.

De l’autre, le papy à barbe blanche, Ronald Terorotua, leader du mouvement syndical, tout aussi indépendantiste que le grand libérateur Temaru.

Au milieu, et malgré elle, Anne Boquet, représentante de l’infâme colonisateur chargé d’arbitrer le conflit entre les 2 piliers de l’indépendantisme intégriste.

Mais elle n’est pas tombée dans le piège, notre haut commissaire de la république n’a pas envoyé les troupes coloniales dégager la voie publique à coups de matraque, elle a préféré le dialogue à l’épreuve de force au grand dam de notre grand vizir Drollet.

Ce même grand vizir Drollet, qui prétend ne pas comprendre la raison de la grève, puisque les taxes ne pouvaient être votée qu’au prochain budget (et que la présidence tiendra compte du mécontentement, allons, dérobade ou vraie reculade de Drollet ? qui n’a pas raté l’occasion de mettre en cause Anne Boquet, qui n’a pas, selon lui, fait respecter la loi (les barrages c’est encore de la faute de la France). Psst que ne faut-il pas entendre.

Et pendant ce temps le calife était absent, comme a son habitude, néanmoins on a parlé que des indépendantistes (côté pouvoir et côté syndical), les leaders autonomistes ont brillé eux par leurs absence, à part une courte visite de papy GF sur le terrain. Bref une affaire indépendanto-indépendantistes qui a monopolisé l’attention du microcosme polynésien durant 3 ou 4 jours.

Par gerald le 14 October 2006 at 3:50

Si je devais intituler un article, je l’aurais intitulé : barrages à Papeete, la grande farce.

D’abord les protagonistes : d’un côté un calife qui après sa partie de golf à préférer disparaître (à son habitude) en voyage à un congrés sur le tourisme, et comme d’habitude à déléguer la gestion de la crise à son fidèle grand vizir Jacqui Drollet.

De l’autre, le papy à barbe blanche, Ronald Terorotua, leader du mouvement syndical, tout aussi indépendantiste que le grand libérateur Temaru.

Au milieu, et malgré elle, Anne Boquet, représentante de l’infâme colonisateur chargé d’arbitrer le conflit entre les 2 piliers de l’indépendantisme intégriste.

Mais elle n’est pas tombée dans le piège, notre haut commissaire de la république n’a pas envoyé les troupes coloniales dégager la voie publique à coups de matraque, elle a préféré le dialogue à l’épreuve de force au grand dam de notre grand vizir Drollet.

Ce même grand vizir Drollet, qui prétend ne pas comprendre la raison de la grève, puisque les taxes ne pouvaient être votée qu’au prochain budget (et que la présidence tiendra compte du mécontentement, allons, dérobade ou vraie reculade de Drollet ? qui n’a pas raté l’occasion de mettre en cause Anne Boquet, qui n’a pas, selon lui, fait respecter la loi (les barrages c’est encore de la faute de la France). Psst que ne faut-il pas entendre.

Et pendant ce temps le calife était absent, comme a son habitude, néanmoins on a parlé que des indépendantistes (côté pouvoir et côté syndical), les leaders autonomistes ont brillé eux par leurs absence, à part une courte visite de papy GF sur le terrain. Bref une affaire indépendanto-indépendantistes qui a monopolisé l’attention du microcosme polynésien durant 3 ou 4 jours.

 

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