« Catalogue de voeux pieux ». Voici ce que la majorité des parlementaires autonomistes et les patrons retiennent du discours du président TEMARU. Il a élogé durant près de 80 minutes, l’effort et le courage mis en oeuvre pour vaincre la pente rude du développement. Mais voilà, loin de cette récitation poétique d’un mythe freiné par les réalités, c’est un président handicapé par une majorité dissipée et indisciplinée à la fois, qui tente de sauver les derniers esprits encore intègres d’une cause qui ne les passionnent plus.

L’opposition quant à elle, se désaltère par des dénonciations pléthoriques d’une gouvernance presque indigne d’une démocratie. Un dépôt de plainte pour détournement de fonds publics dans l’affaire Morinda fait office de mauvaise blague. Peut-être oublient-ils que la gouvernance qu’ils ont exercé n’est pas exempte de tous reproches. La majorité, certes, vit dans une relative schizophrénie, mais les attaquer sur leur intégrité de gouvernance, risque de mettre la cause autonomiste en faillite, en proie à une désaffection populaire encore plus redoutable.

C’est sur des thèmes bien plus dénonciables qu’il faut leur porter le coup de grâce. Mais sur lesquels ?

La décentralisation en faveur des archipels insulaires reste l’ultime moyen de maintenir le coeur des îles dans l’âme du Taui. Une béquille indispensable pour soutenir un suffrage fragile. Un regret que les oranges n’oublient pas, un excès dans la gouvernance Temaru. 800 millions pour acheter des consciences, voilà une action politiquement politicienne. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, sauf que l’opposition, elle, médiatisait moins fièrement ses actions informelles.

En revanche, l’excès médiatique des oranges les stigmatisent encore comme mauvais perdants par les électeurs. Ils quittent l’hémicycle pour un changement d’ordre du jour, comme les indépendantistes jadis, ils dénoncent chaque mauvaises actions, ils ne se donnent aucune chance d’affirmer leur singularité. Une fatale erreur qui réduit à néant l’espoir de reconquérir l’innoncence d’un peuple, vexé dans son plus grand égo le jour où celui de leur chef est devenu supérieur au leur. L’autonomie apparaît comme une famille aux jambes encore lourdes, et toujours la même. Le Taui autonomiste, c’est pour quand ?