Une gouvernance taui à très faible rendement pour le peuple polynésien

Par lebop • 16 September 2006

La nouvelle gouvernance “Taui” a bien du mal à imprégner sa nouvelle marque à la société polynésienne, à tel point que ce changement n’est resté qu’au stade de la promesse aux lendemains qui déchantent. Voilà un gouvernement pléthorique, dont une bonne moitié de ministres n’éprouvent même pas le besoin de communiquer pour, ne serait-ce que nous énoncer leurs objectifs - des ministricules muets en quelque sorte - un “Président pigeon voyageur” et friand de déclarations fracassantes, un “Vice-Président, Président” qui détient toutes les manettes pour cause de tourisme permanent du Président en titre, une majorité somnolente à l’Assemblée qui a bien du mal à se définir un plan de charges utile pour le Pays, une logorrhée idéologique anti-colonialiste, anti-nucléaire, anti-française exacerbée, ressassée jusqu’à plus soif,pour faire diversion, masquer l’impuissance opérationnelle et l’incapacité à gérer notre société…

Car, asseyons- nous un peu et essayons de faire un bilan objectif de cette gouvernance taui. Que constatons- nous ?

Toutes les promesses de campagne ont été oubliées. Nous ne les rappellerons pas, d’autres s’en chargent pour nous.

Un gouvernement modeste gérant le pays en bon père de famille ? Nous voyons une bureaucratie gouvernementale boursouflée, très couteuse et au rendement particulièrement médiocre.

Un partenariat avec l’Etat au point mort du fait de “rodomontades” permanentes de nos dirigeants qui ressemblent parfois à des “crachats dans la soupe” : L’Etat colonial nous doit, l’Etat nucléaire nous a pollué, l’Etat doit s’excuser du colonialisme, l’Etat doit plaider coupable, l’Etat doit payer pour tous nos cancers, l’Etat nous doit l’indépendance et doit continuer à payer cette indépendance, l’Education d’Etat fabrique des crétins et des chomeurs mais doit payer nos internats, nos écoles, nos collèges, nos lycées…alors que nous avons cette compétence dans notre régime d’autonomie. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière avec…

Une politique économique timorée et qui tarde à produire ses effets ( c’est un euphémisme !) sur l’inflation, le coût de la vie, la création d’emplois durables, l’investissement et la croissance. Les dossiers prioritaires du Vice-Président s’enlisent : PSI, droit de la concurrence, réactivation de l’investissement privé… Les visites de chantiers impulsés par les prédécesseurs ne pourront pas longtemps masquer cet enlisement.

Le nouveau développement touristique n’en est qu’au stade de la promesse. Et, à part la construction d’un hôtel urbain à Papeete, les nouveaux projets hoteliers ne pointent pas le bout de leur nez. Pire, pour attirer de nouvelles compagnies de croisière, le “Vice-Président Président” en est réduit à créer une société d’économie mixte, carotte nécessaire pour attirer (pour ne pas dire “payer”) de nouveaux investisseurs frileux qui doutent de la sécurité de leurs investissements dans notre beau Pays.Et le promoteur du nouveau golf de se plaindre à la télé des surcoûts qu’il a eu à payer et de l’absence réelle d’aide à l’investissement…

Une politique d’investissement public qui a eu du retard à l’allumage en 2005 et qui se borne, en 2006, à saupoudrer par ci, par là quelques menus travaux pour quelques roitelets des îles bien en cour. Comme si, au lieu de construire de nouvelles routes, on ne se bornait qu’à combler les nids de poule uniquement devant “chez les copains”…

Transports collectifs en déshérence, absence de nouvelles infrastructures routières, arrêt du projet de Faratea, arrêt de l’aménagement du front de mer de Papeete, programme de logement social en très net ralentissement, retard de la construction du nouvel hôpîtal doublé d’une totale imprévoyance quant au fonctionnement futur de ce paquebot de la santé polynésienne ultra-moderne…La litanie des chantiers retardés, suspendus, avortés ou abandonnés est longue.

Un train de vie politico-administratif qui dérape…et qui oblige à une politique fiscale particulièrement active : tout est bon pour trouver de nouvelles recettes fiscales pour maintenir ce train de vie, et, accessoirement, pour faire face au surcroît de dépenses de santé et de protection sociale que l’on n’arrive pas à maitriser.

C’est le paradoxe de la situation : un gouvernement et une majorité activistes sur le terrain de la taxation … pour une modestie de résultats concrets au bénéfice de la population… Cherchez l’erreur !

Non, j’ai beau me creuser la tête, je dois me rendre à l’évidence : la nouvelle gouvernance taui a un très mauvais rendement au service de la population, qui, elle, ne voit absolument pas LE PROGRES. En se fermant les portes du partenariat avec l’Etat, en vivant au-dessus de ses moyens,en regardant dans le rétroviseur et en parlant du passé pour faire diversion, en vociférant pour combler l’absence de résultats et distraire notre attention de l’essentiel, elle laisse les choses “aller à vau l’eau”. Et comble du comble, elle fait les poches des citoyens-contribuables polynésiens, y compris les plus modestes, pour pouvoir boucler ses fins de mois.

Triste Polynésie !

Commentaires

bien sur mais comment en sortir! Vous vouliez du changement quand le pays était florissant , vous l’avez votre changement votre taui et taui roa maintenant à vous de vous débrouiller avec et bon courage! Réagissez bon sang! Pourquoi pas une manifestation monstre comme pour la motion de censure, au lieu de vous plaindre agissez enfin!

L’ article de Le Bop suscite peu de commentaires.
Est- on en droit de penser que le silence de nos lecteurs constitue en quelque sorte une approbation ?
Il est vrai qu’ il semble difficile de prouver que les taui et tui roa évoqués par Pierre aient comblé les Polynésiens…
Quant à en sortir,ça n’ est pas de la compétence de politita, mais des Polynésiens, et plus particulièrement de leurs représentants.
Or la session budgétaire démarre demain.

d’accord avec ton analyse.

Si le taui est passé, c’est parce que le changement dans le sens que tu préconises était dans leurs programmes MAIS, promesses électorales parties à la poubelle dès obtention du portefauche bien rempli !

Légiférer sur les points évoqués oui mais pas seulement. SI programme non respecté, dehors direct !

d’accord avec ton analyse.

Si le taui est passé, c’est parce que le changement dans le sens que tu préconises était dans leurs programmes MAIS, promesses électorales parties à la poubelle dès obtention du portefauche bien rempli !

Légiférer sur les points évoqués oui mais pas seulement. SI programme non respecté, dehors direct !

 

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