L’Economie et les Finances selon Jacqui DROLLET, Vice-Président
Je m’ennuyais un peu hier. Aussi, je me suis amusé, pendant une heure, à analyser l’entretien de Jacqui DROLLET, Vice-Président, à la Dépêche Eco.
Un petit trait d’humour en ce qui concerne le titre : “il n’est pas sain (sans T, car cette fonction est réservée à Oscar TEMARU depuis son dialogue avec Dieu…) de tout attendre du Pays”. Cette affirmation est assez risible de la part d’un ex-socialiste auto-gestionnaire marxisant reconverti sur le tard. En effet, pour tout marxiste digne de ce nom, le peuple attend tout du Pays et vice-versa… Notre Vice-Président a donc pris un virage idéologique à 360 ° assez extraordinaire.
Il est maintenant pour une troisième voie entre l’économie libérale et l’économie centralisée ou planifiée ( cette dernière n’existe plus dans aucun pays d’ailleurs, si ce n’est peut être en Corée du Nord : les ouvrages de référence de Monsieur DROLLET datent un peu : la fabrique à crétins fait décidément des dégâts même en haut lieu). C’est ce qu’il appelle “l’économie de marché socialement équitable qui lie le principe de la liberté de marché à celui de la compensation sociale”. Belle formule qui traduit ce qu’on appelle tout simplement ailleurs, la “social-démocratie” (mais celà fait moins classe que la phrase de Jacqui DROLLET). Il a donc mis de l’eau dans son vin socialiste. Comme beaucoup d’autres, Jacqui DROLLET s’est recentré et c’est tout à son honneur, car “seuls les imbéciles ne changent pas d’avis”… Et il faut bien que jeunesse se passe !
Mieux même : Jacqui DROLLET apprécie la concurrence, principe cardinal du capitalisme dans sa pureté originelle.Il va donc l’intensifier sur 59.900 positions tarifaires, puisque seule une centaine de positions tarifaires seront concernés par les PSI. C’est bien et je lui souhaite bien du plaisir…
Il reste quand même, et Jacqui DROLLET n’a pas été disert sur cette question, un résidu de dirigisme : la création intense ces derniers temps, de sociétés d’économie mixte, entités hybrides maitrisées par les pouvoirs publics, capitaux publics dominants obligent, et inspirées directement par le Vice-Président selon des sources bien informées.Comme quoi, on ne change pas complètement…
Son principe d’action : décider après un “processus démocratique collégial”. Traduction en économie polynésienne : ne jamais rien faire sans se concerter avec les employeurs et les syndicats de salariés. On peut citer, par exemple, les PSI, résultat d’un bel exercice de concertation que les employeurs et la Fédération Générale du Commerce ont “vachement” apprécié… Ou la solidarité “autaeaeraa” qu’apprécient beaucoup de syndicats de salariés.
Un autre principe qui lui tient à coeur, l’efficacité : si le droit de la concurrence et la liste des PSI font l’objet d’un accouchement dans la douleur, c’est, à mon avis, que le Vice-Président, est aussi très perfectionniste. Il prend donc son temps pour relire mot à mot les projets de textes règlementaires concernés. Tant pis pour les Nouvelles qui nous avaient annoncé une liste de PSI “incessamment sous peu”…
Il faut aussi lui laisser le temps : le problème, c’est que le gouvernement qu’il vice-préside est en place depuis près de deux ans . Et puis, est-ce à dire que son prédécesseur à l’économie n’a rien fait à cette fonction ? Un peu désobligeant pour Monsieur VANFASSE quand même… Et la lutte contre la vie chère est une lutte permanente qui ne s’embarrasse pas de changements ministériels.
A propos, il paraitrait qu’on ne ferait que “ressentir l’inflation”. Aussi, ce n’est pas nous qui souffrons quand nous passons à la caisse, mais notre porte-feuille. Car nous ne faisons que ressentir. Le doublement ou le triplement de certains produits alimentaires en deux ans, ce n’est que du ressenti. Jacqui DROLLET, lui, mesure à partir de son bureau. Ce n’est pas pareil.
A propos de monopoles, il nous dit aussi qu’il n’a pas de prise sur Air Tahiti. Et sur l’OPT ? Et sur Tikiphone ? Sur l’EDT, on l’a vu, il avait “prise”, puisque pour éviter un contentieux coûteux avec cette “multinationale honnie”, il a décidé de transiger pour éviter le “court-circuit” par tribunal interposé et gros dédommagement à la clé…. Un compromis discret aurait cours à ce sujet à l’abri des caméras et des micros. Un “gentleman agreement” en quelque sorte, Jacqui DROLLET parle, lui de “lieu géométrique” (Ouaw) , ceci, après l’acte unilatéral de baisse “dirigiste”, imposée à l’EDT l’année dernière, exécuté par Monsieur VANFASSE, sur ordre du conseil des ministres.
Il n’a aussi pas prise sur les hôtels qui bénéficient d’exonérations diverses mais qui ne le répercutent pas sur les prix. Ah bon. A se demander à quoi servent les services sous sa tutelle. A priori, la devise, c’est : contrôler, mais pas sanctionner. Encore un peu et on taxerait Monsieur DROLLET de libéral ( laisser-faire, laisser passer).Vous comprenez, il ne veut pas être un “big brother qui veut tout régenter”, selon sa propre expression.Celà ne manque d’ailleurs pas de sel de la part d’un ancien admirateur du régime communiste yougoslave…
Sinon, dans le bâtiment, le Vice-Président voit des grues partout. Donc tout va bien. Dans les travaux publics, c’est différent : il fallait laisser le nouveau gouvernement apprendre. En 2005, on a donc refroidi le moteur pour cause d’inexpérience gouvernementale. Mais, en 2006 et 2007, on va voir ce que l’on va voir. Attendons donc. Dans ce domaine, d’ailleurs, Jacqui DROLLET porte aux nues l’investissement privé. Aussi, messieurs les investisseurs, ayez confiance malgré les déclarations d’Oscar TEMARU : l’avenir est dégagé à perte de vue. Qui parle de manque de lisibilité ? Soyons sérieux… car on a à faire à des gens sérieux. Pas à des crétins, Môssieur.
A propos de Standard et Poors : c’est pas nous, c’est la faute à “l’instabilité politique”, un OVNI sociologique auquel l’UPLD n’ est pour rien, comme chacun sait. Aussi, bonnes gens, ne nous critiquez plus et laissez-nous travailler, malgré que l’on soit en Démocratie. Ah, la démocratie, le plus mauvais des régimes à l’exception de l’autogestion à la yougoslave ( vous discutez car la parole est libérée, mais c’est moi qui décide).
Et en 2007, on aura beaucoup plus que 4000 F CFP en autofinancement, il s’y engage. C’est vrai que 4000 balles, c’est pas beaucoup en argent de poche… Mais pourquoi donc, Jacqui DROLLET lèche les bottes de ce monsieur Standard and Poors, cet étranger, cet impérialiste yankee ? Multinationaliste plutôt que nationaliste. Jacqui DROLLET aurait-il “viré sa cuti” là aussi ?
Le Tourisme ? On a moins de touristes qu’en 2001,2002 et 2003, mais tout va bien. Les chiffres remontent en cette haute saison ( sinon, elle ne serait plus haute comme chaque année la saison, n’est-ce pas ?) et les hôtels qui ne sont pas fermés voient leur taux d’occupation battre des records. Et puis, il ne faut pas croire que ces hôtels bradent leur chambres pour être remplis. Non, l’argent rentre à flots dans les caisses.Objectif 2006 : 230.000 touristes. On croise les doigts avec lui.
Heureusement que le tourisme va bien, car Air Tahiti Nui va mal : allez comprendre quelque chose. Plus de touristes qu’avant, mais des compagnies aériennes qui souffrent. Plus elles transportent de monde, plus elles sont déficitaires ? Mais non, mais non, je n’y comprend rien à l’économie. Par contre, je sais compter : 2 milliards de déficit en 2005 plus 2 milliards de déficit en 2006, égal 4 milliards à trouver dans les caisses du Pays et dans nos poches. Car ATN devient une société de plus en plus publique. Le syndrôme Société d’Economie Mixte a, là aussi, frappé.
Mais nous avons la CULTURE POLYNESIENNE. Et celle-là, elle n’a pas de prix. Ouf,puisque Jacqui DROLLET le dit, on est sauvé !
« Fabrique de crétins et de chômeurs : une déclaration d’Oscar TEMARU qui fait long feu | Home | Une immigrée sans droits »
Commentaires
Très bonne analyse. J’étais surpris moi aussi que JD ne connaissait pas le terme social démocratie. Il parle pour ne rien dire en fait.
Très bonne analyse. J’étais surpris moi aussi que JD ne connaissait pas le terme social démocratie. Il parle pour ne rien dire en fait.
La présentation du budget 2007, et la discussion de ce dernier, dans le cadre de la session qui s’ est ouverte ce 21 septembre, va permettre à nos très nombreux lecteurs de donner leur avis.
Ce budget, qui engage l’ avenir du Pays, va permettre en effet de porter un jugement serein et objectif sur les grandes orientations et les projets à long terme d’ un Président aux affaires depuis plus de deux ans désormais.
Dans le cadre d’ un débat sain, démocratique et aussi objectif que possible, il serait utile de comparer l’ avant et l’ après mai 2004 en ce qui concerne les visions respectives pour le Pays.
Qu'en pensez-vous ?
Ami lecteur, amie lectrice, un petite information à votre intention pour vous faciliter la rédaction de votre réaction. Politita modère a posteriori les commentaires. Un nouveau filtre permet de mettre en ligne immédiatement les commentaires qui ne semblent pas injurieux.
Ce filtre n'est en aucun cas parfait et certains commentaires déplacés seront rectifiés après coup ou, plus embêtant, certains commentaires très corrects peuvent ne pas passer de suite. Nous les validerons peu de temps après.
Votre participation à cette discussion implique vous soyez poli envers tous, même ceux que vous n'aimez pas ;) Nous vous remercions pour votre compréhension et vous souhaitons un agréable commentaire.