Les erreurs grossières du Ministre des affaires foncières et du logement Gilles TEFAATAU
Monsieur Gilles TEFAATAU, dans son intervention hier soir sur RFO, a répété deux fois la même erreur grossière. Dans son enthousiasme à entrainer nos jeunes vers l’agriculture (ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise idée), il s’est complètement “planté” sur les chiffres de répartition de la population active entre les secteurs d’activité. En effet, il a dit et répété que sur 54.000 salariés polynésiens, seulement 2000 travaillaient dans l’agriculture et 52.000 travaillaient dans le “secteur public”.
Aussi, pour la gouverne du Ministre, les vrais chiffres compilés par l’ISPF au 31/12/2005 sont ceux-là :
Emplois salariés déclarés à la CPS : 65828 ; dont : - agriculture : 2493 ; - industrie : 5316 ; - construction : 6009; - tertiaire : 52.009 ;
Au sein du secteur tertiaire, la répartition est la suivante : - Commerce, réparations automobile et d’articles domestiques : 10103; - Hôtels et restaurants : 6754; - Transports et communications : 6348; - Activités financières : 1575; - Immobilier, locations et services aux entreprises : 449; - Administration publique : 14309; - Education: 840; - Santé et action sociale : 3227; - Services collectifs, sociaux et personnels : 3002; - Services domestiques : 1391.
L’administration publique comprend donc 14309 salariés, soit un peu plus d’un cinquième des effectifs salariés. On est donc loin des chiffres fantaisistes du Ministre.On s’aperçoit aussi que le dicton ; “il faut de tout pour faire un monde”, s’applique aussi à la Polynésie française. Et comme on l’apprend dans nos manuels scolaires (pour les “crétins” qui les lisent), l’importance du secteur tertiaire est la caractéristique d’un pays développé.
Mais une chose est certaine : un constat erroné donne des pistes d’actions erronées.
Ainsi, toujours dans son zèle à orienter les jeunes vers l’agriculture, le Ministre parle de plus de 12.000 hectares de terres domaniales vierges aux Marquises. Le problème, c’est que les 2/3 des jeunes sont localisés à Tahiti. Est-ce à dire que le Ministre veut les envoyer aux Marquises coloniser ces terres agricoles ? Est-ce possible ? Comment ? A quel rythme ? Les marquisiens, peu nombreux sur leur terres du fait de l’hécatombe démographique affreuse qu’ils ont connu au 19 è siècle en raison des maladies importées, accepteront-ils cette colonisation d’un nouveau genre ?
Des chiffres faux, des constats ayant l’apparence de la simplicité ( beaucoup de jeunes chômeurs, beaucoup de terres inexploitées aux Marquises) et des “faut qu’on, yaka” complètement erronés et des solutions impraticables à la sortie ( une colonisation massive des Marquises).
Ce ministre est à l’exemple de son Président : il énonce des propositions irréalistes qui n’engage pas le gouvernement auquel il fait partie. Une “diarrhée verbale” combinée à de l’inertie. Le comble même de l’irresponsabilité ministérielle alors que ces ministres ont tous les leviers en main pour agir concrètement.
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Commentaires
A noter que ces chiffres n’inclut pas les salariés ne cotisant au régime salarié, ce qui est le cas de tous les fonctionnaires d’Etat. Il faut donc majorer d’environ 11.600 le nbre réel de salariés.
A contratio, sotn comptébilisés les emplois aidés, types CPIA, mais aussi tous les étudiants classés comme "formation professionnelle", à savoir les stagiaires du CFPA, les élèves infirmiers, les élèves sages femmes, les élèves du Centre des métiers d’art, les élèves de l’IFM-PC, les étudiants de l’IRFE (formation pour éducateurs spé, conseiller écomique et familiaux,..).
En fonction du nombre de places offertes, on augmente ainsi subtantiellement les chiffres officiels des salariés.
Les chiffres de la CPS demeure cependant à prendre avec réserve. Ces derniers sont en effet corrigés en fonction des déclarations des employeurs qui n’arrivent pas forcément en fin de mois.
Enfin, notez que ces chiffres portent sur le nombre de déclations comme salariés. Or, cela inclut tant des temps partiels que des temps complet. Une même personne salarié à 10h par semaine qui fait un deuxième boulot à temps partiel sera donc comptabilisé deux fois.
Or ce qu’il faut au pays, c’est créer 3.000 emplois par an à temps complet… on est loin du compte, encore qu’il faille intégrer les création d’entreprise individuelle et non seulement les emplois salariés pour savoir si l’objectif est atteint.
NB : Pour les chiffres de 2005, il faut intégrer dans l’analyse un biais. AIR TAHITI a intégré plus de 200 patentés en salariés. Les chiffres des emplois salariés à la CPS ont donc augmenté d’autant, mais il ne s’agissait pas de création de poste… juste un changement de statut.
La précision de Jean est importante. Je me disais aussi que l’effectif de l’administration était relativement faible ( 14309). Il ne s’agissait donc que de l’administration du Pays et des communes. Il faut donc rajouter 11600 fonctionnaires d’Etat.
Au total donc, l’administration représente, grosso modo, 25909 salariés sur 77428 salariés, soit un tiers des salariés.
Cette proportion, n’est pas, me semble-t-il, particulièrement choquante. Dans les grands pays développés, elle doit être de l’ordre d’un quart ( à vérifier). Peut être qu’on pourrait considérer que l’on est légèrement "suradministré".
La direction est donc claire : stabiliser l’effectif du secteur public et susciter la création d’activités dans le secteur privé, dont l’agriculture. Encore faut-il mettre en oeuvre une politique de développement ambitieuse tout en étant réaliste. Le contraire donc de ce qu’annoncent nos ministres, qui, en voulant être originaux et se démarquer de l’ancienne gouvernance, racontent des absurdités.
Que le Ministre de l’agriculture crée déjà un marché de gros : çà, ce sera utile pour les "petits agriculteurs". Car celà me fait de la peine de voir qu’ils sont obligés de se tranformer en commerçants, notamment le week end, au marché de Papeete, pour vendre leur production. Ce n’est pas leur boulot. Leur boulot, c’est le faapu.
Alors, fini les yaka, faucon : au boulot, monsieur le ministre de l’agriculture.
Enfin de toute façon dans son discours l’important c’est les 2000 qui plantent, il exagère l’autre côté, c’est une argumentation comme une autre.
Même si je ne vois pas la différence entre les autres pays ou le secteur primaire est le dernier de toute façon, nous ne sommes plus au Néolithique. Politique bananière trop génial…
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