Je suis étonné de l’absence ou de l’arrêt de toute stratégie volontariste du Pays dans le domaine des T.I.C. Il y a quelques années, le gouvernement d’alors avait lancé le projet “Metua” pour diffuser ce qu’on appelait, à l’époque, les “nouvelles technologies de l’information et des communications”. Divers programmes avaient été lancés : développement de Mana, installation de l’ADSL, “fare Metua”, ouverture de mastères spécialisés à l’Université de Polynésie française, cyberbus….

On nous avait même fait miroiter l’installation d’une mini-technopole, appelée ” Village Metua”. Une esquisse avait été élaborée et une localisation avait été envisagée, notamment sur les hauteurs de Super-Mahina, après que le précédent gouvernement ait envisagé une implantation à Outumaoro ou à Moorea.Cette idée me semblait – et me semble toujours être- très pertinente, car on pouvait créer un petit gisement de “matière grise” et à haute valeur ajoutée au bénéfice des jeunes polynésiens qui,comme d’autres jeunes de par le monde, sont férus des T.I.C..

Un autre serpent de mer émergeait bien de temps en temps : le fameux “cable transocéanique” à haut débit pour que la Polynésie rejoigne enfin les nations les plus développées en matière de TIC. Des chiffres étaient lancés : on parlait de 8 milliards de F CFP d’investissement, d’un partenariat avec la Nouvelle-Calédonie…

Puis, plus rien, à l’exception des baisses de prix programmées et notoirement insuffisantes de l’OPT, de Tikiphone et de Mana et d’installations à tour de bras d’antennes satellites et de fare OPT dans les moindres patelins de la Polynésie française.

Et pourtant : combien de jeunes polynésiens pourraient trouver des possibilités d’insertion professionnelle dans ce domaine des TIC ? Le Pays ne passe-t-il pas à côté d’un potentiel toujours prometteur en restant inerte ? Des opportunités de création de nouvelles activités ne sont-elles pas perdues à jamais, car nos voisins auront déjà occupé certains créneaux porteurs ?

Le vide est même sidéral. L’absence de communication du gouvernement à ce propos est remarquable. Il faut dire qu’un nouveau Ministre a succédé à Emile VERNAUDON qui a misé toute son action sur des baisses tarifaires qui se voulaient spectaculaires, alors qu’elles étaient de toutes les façons inéluctables. Politique-spectacle un peu facile qui a eu ses adeptes, notamment auprès de la CGPME.

Mais les dossiers “lourds ” n’avaient été qu’esquissées et il reste donc au nouveau Ministre de mettre enfin sur les rails des grands chantiers, absolument indispensables si la Polynésie française veut être crédible vis à-vis, non seulement des entreprises locales, mais aussi des investisseurs étrangers. Car, pendant ce temps, nos voisins et néanmoins concurrents du Pacique, Fidji et Nouvelle-Calédonie en tête, prennent le large avec, par exemple, leur cable à haut débit. Notre système de transmission de données par satellite est, comme on le sait, très coûteux, et nous ne pouvons donc pas, décemment rivaliser sérieusement au sein de la région Pacifique.

Il serait donc temps que des initiatives soient prises, car, dans domaine là, qui n’avance pas recule. Et le retard, à la longue, risque d’être irréversible et de nombreuses opportunités d’emplois pour nos jeunes s’envoleront à jamais.

Il nous fait donc élaborer et mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de développement des T.I.C.