Si vis pacem para bellum
Les descendants des révoltés du « Bounty », isolés sur l’île Norfolk, voulaient rester à part : une autonomie, loin de l’Australie souveraine. Malheureusement, après huit mois de négociations, les 2 000 insulaires rentrent dans le rang et renoncent à leurs velléités d’indépendance. La raison en est la faillite. Dépourvue de revenus et d’impôts, l’île (longue de 8 kilomètres et large de 5) est en pleine banqueroute, ne vivant que sur de maigres taxes, dont le paiement d’un dollar australien, l’équivalent de 0,60 euro, par jour et par touriste, et sur le contrôle des ventes d’alcool, abondantes sur ces récifs battus par les vents.
Si l’Australie reprend possession de Norfolk, c’est, certes, par consentement mutuel. Mais, en hissant de nouveau le pavillon sur l’île, Canberra pose aussi ses conditions : cette fois-ci, les héritiers du « Bounty », frondeurs ou pas, devront payer des impôts.
Comme quoi, même un régime d’autonomie est exigeant. Il n’exclue ni la maturité, ni la responsabilité. Car la question de base est toujours la même : comment assurer la viabilité d’une petite communauté dans l’intérêt bien compris de ses habitants ? En réponse à cette question de survie, les habitants de Norfolk ont préféré le réalisme à l’idéologie, la sécurité à la faillite et à l’aventure.En faisant ce choix, les descendants des révoltés du Bounty ont tourné à l’esprit “d’aventure” de leurs ancêtres et se donnent un avenir. Pour leur plus grand bien.
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