LE GOUVERNEMENT DE MONSIEUR OSCAR TEMARU MECONNAIT GRAVEMENT LA REALITE ECONOMIQUE DE LA Polynésie Française
La réponse de Monsieur Jacqui DROLLET à Monsieur Patrick PONS, dimanche soir, à RFO, à propos des transferts financiers de l’Etat ( “Ces transferts sont de 150 milliards de F CFP, mais il faut savoir qu’ils servent à payer Madame le Haut Commissaire, la justice, l’armée, la gendarmerie…”) traduisent une grave méconnaissance de la réalité économique de la Polynésie française.
En effet, comme nous vous l’avons détaillé dans nos deux plus récents billets ( “Autonomie économique de la Polynésie : nous avons des marges de manoeuvre” et “transferts publics de l’Etat : 148,6 milliards de F CFP en 2005″) , Monsieur Jacqui DROLLET, Ministre de l’économie et des finances, ne sait pas que plus la moitié des transferts financiers de l’Etat servent à financer des domaines qui sont de la compétence propre du Pays :
1) l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche et la culture qui ont bénéficié en 2005 de 52,5 milliards Fcfp (environ 437 millions d’euros), soit 35,3% du montant total des dépenses réalisées ;
2) les sommes allouées à la dotation globale de développement économique (DGDE) et au fonds d’investissement au développement économique et social (FIDES), dont l’objectif est “le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française”, ont quant à elles atteint 23,2 milliards Fcfp (environ 193 millions d’euros);
3) un montant de 5,4 milliards Fcfp (environ 45 millions d’euros) a été consacré à “la cohésion sociale” et à la santé.
En outre, un montant de 26,5 milliards Fcfp (environ 221 millions d’euros) “d’investissement en Polynésie française ont fait l’objet (…) d’une demande de défiscalisation”, disposition qu’offre la “Loi Girardin”.
Sans prendre en considération la défiscalisation nationale ( Loi Girardin), c’est pourtant un montant de de 81,1 milliards de F CFP que l’Etat finance à la place du pays dans des domaines de compétence du Pays. En d’autres termes, même dans un régime politique d’autonomie, nous devrions normalement financer nous- mêmes ce montant de plus de 80 milliards de F CFP (pour l’éducation de nos enfants, notre protection sociale, notre santé…), ce qui représente - rappelons-le - plus d’une fois et demie ce que nous rapporte le tourisme, notre première source de devises.
Plus grave : il ne sait pas que, par l’effet du multiplicateur dit keynésien, ce montant de 148,6 milliards de F CFP injecté dans l’économie polynésienne -soit près de 10 fois le montant du collectif budgétaire “injecté” récemment dans notre économie, comme l’a dit le Vice-Président lui-même - a des retombées économiques très importantes, puisqu’il contribue à former au moins 3/ 5 è de notre PIB ( la richesse que nous produisons dans l’année), soit au moins 300 milliards de F CFP !
Ce principe du multiplicateur est facile à comprendre. Supposons que vous dépensez 100.000 F CFP au magasin de votre quartier. Le commerçant dépensera une grande partie de ces 100.000 F CFP auprès d’autres commerçants ou particuliers, qui eux-mêmes dépenseront une grande partie de ce qu’ils ont reçu auprès d’autres personnes qui…etc…etc. Les économistes appellent cet effet en chaine ( facile à comprendre puisque nous expérimentons celà concrètement chaque jour), le “multiplicateur keynésien”.
Les spécialistes de l’économie polynésienne ( ISPF, IEOM…) évaluent cet effet multiplicateur pour la Polynésie entre 2 et 2,5. Autrement dit, 148,6 milliards de F CFP ( un peu moins en fait, car certaines sommes sont versées en France métropolitaine) injectés chaque année dans l’économie polynésienne font des “petits” à hauteur, toujours dans l’année, de plus de 300 milliards de F CFP (plutôt entre 300 et 350 milliards de F CFP). Ce qui est, vous en conviendrez, considérable !
Monsieur Jacqui DROLLET ignore cette réalité que chacun d’entre nous vit pourtant : les loyers des gendarmes, les dépenses des retraités, les emplois de fonctionnaires d’Etat, souvent de plus en plus occupés, qui plus est, par des polynésiens, les dépenses diverses de la gendarmerie,de l’armée, des organismes de recherche, les dépenses des professeurs…. font vivre des dizaines de milliers de personnes en Polynésie. Cette réalité, le Ministre de l’Economie et des Finances semble ne pas la connaitre.
Cette méconnaissance n’explique-t-elle pas en partie, l’option pour l’indépendance, du gouvernement ? Ce dernier ne sous-estime-t-il pas l’importance considérable de ces transferts sur notre niveau de vie ? Ne sous-estime t-il pas les efforts très importants qu’il faudrait faire, ne serait-ce que pour maintenir ce niveau de vie sans ces transferts ? A moins que ce gouvernement soit aveuglé par l’idéologie de son Président. Mais le problème , c’est qu’entre l’idéologie et la réalité, c’est toujours la réalité qui gagne.
Nous aurons, bien sûr,l’occasion de revenir régulièrement sur cette question stratégique pour la survie économique, sociale et culturelle de la Polynésie. Mais je voulais juste faire ce point d’étape, tellement j’étais sidéré de constater une telle méconnaissance de notre réalité par notre grand argentier.
Je pèse mes mots : c’est grave.
« Les phrases de la semaine | Home | Dernière heure : Oscar TEMARU fait le choix d’Air New Zealand sur la desserte Papeete-Auckland ! »
Commentaires
Oh, tu sais, de toute façon ce que dit DROLLET….
Il aime la provoc.
Il s’aime tout court (ça fait au moins une personne qui l’aime).
Pour le reste, c’est à dire les résultats de sa politique en matière touristique, en matière d’économie ou en matière de finances publiques, ma foi, il est peu loquace et on le comprend.
Mieux vaut donc dire n’importe quoi sur les autres pour dévier l’attention.
Au fait : C’est pour quand la prochaine hausse de prix de l’énergie? Ah oui, demain l’EDT touche le jackpot grâce au super négociateur halieuthique du MEF chargé de discuter la convention Pays/SUEZ.
Merci à qui? A monsieur le VP (Vraiment Pathétique)donneur de leçons…
Bien vu Jean. Drollet est un imbécile. Il nous emmène tout droit au mur.
Bien vu Jean. Drollet est un imbécile. Il nous emmène tout droit au mur.
imbécile, peut-être pas !
qu’ils nous prennent pour des imbéciles ! certainement …
Encore une preuve de la générosité de l’Etat français : voilà un Etat qui, non content, de satisfaire aux demandes de nos élus pour plus d’Autonomie, accepte en plus de financer nos projets dans nos domaines de compétences. On a le beurre et l’argent du beurre : alors que demander de plus ! Vous en connaissez, vous, beaucoup de Pays qui se comportent comme celà avec leurs anciennes colonies ? Allez demander au Cook ou à Tokelau si la Nouvelle-Zélande se comporte ainsi avec eux ?
A moins que dans l’esprit d’Oscar, c’est la "crémière avec ": c’est à dire, avoir l’indépendance avec toujours l’argent de la France… Le pied, quoi, mais je pense que c’est prendre la France pour plus maso qu’elle ne l’est… A force de tirer sur la corde, prenons garde qu’elle ne se casse !
Le pacte de progrès mis en oeuvre par le Gouvernement FLOSSE avait, lui, une cohérence : il s’agissait d’accroitre nos ressources propres ( tourisme, exportations de biens, retraités…) par rapport aux transferts financiers de l’Etat. Et cette politique a été une réussite, puisque, dans le bilan du Pacte qu’a réalisé Christian VERNAUDON, tous les indicateurs avaient été amélioré. En ce qui concerne, notamment, le ratio ressources propres/transferts financiers de l’Etat, celui-ci était passé de 30 % à 50 % en l’espace d’une décennie, preuve d’une avancée sensible vers l’autonomie économique.
Mais le chemin reste long et nécessite un effort constant dans la durée. De plus, dans ce domaine, "qui n’avance pas recule", comme on dit : nous avons reculé en matière d’exportations de produits ( nous avions atteint en 2000 20 milliards d’exportations de perles, ensuite nous sommes descendus à 14-15 milliards), nous avons reculé en matière de recettes touristiques, nous sommes en plein marasme en ce qui concerne la pêche…. Comme on le voit, rien n’est acquis définitivement et rien n’est irréversible, car, mondialisation oblige, la concurrence des autres pays est rude.
Fidji, par exemple, a nettement accru sa croissance touristique et nous a "largué" en nombre de touristes accueillis dans l’année. Même les îles Cook reçoivent plus de touristes qu’il n’y a d’habitants chez eux ( alors que chez nous, ce n’est plus le cas…).
On ne peut donc pas se reposer sur nos lauriers et on ne peut pas faire preuve d’amateurisme. Or, actuellement, c’est l’amateurisme qui règne au niveau du gouvernement. Et le pays va le payer dans toutes les activités économiques où nous avions fait des progrès ces dernières années.
Le pacte de progrès mis en oeuvre par le Gouvernement FLOSSE avait, lui, une cohérence : il s’agissait d’accroitre nos ressources propres ( tourisme, exportations de biens, retraités…) par rapport aux transferts financiers de l’Etat. Et cette politique a été une réussite, puisque, dans le bilan du Pacte qu’a réalisé Christian VERNAUDON, tous les indicateurs avaient été amélioré. En ce qui concerne, notamment, le ratio ressources propres/transferts financiers de l’Etat, celui-ci était passé de 30 % à 50 % en l’espace d’une décennie, preuve d’une avancée sensible vers l’autonomie économique.
Mais le chemin reste long et nécessite un effort constant dans la durée. De plus, dans ce domaine, "qui n’avance pas recule", comme on dit : nous avons reculé en matière d’exportations de produits ( nous avions atteint en 2000 20 milliards d’exportations de perles, ensuite nous sommes descendus à 14-15 milliards), nous avons reculé en matière de recettes touristiques, nous sommes en plein marasme en ce qui concerne la pêche…. Comme on le voit, rien n’est acquis définitivement et rien n’est irréversible, car, mondialisation oblige, la concurrence des autres pays est rude.
Fidji, par exemple, a nettement accru sa croissance touristique et nous a "largué" en nombre de touristes accueillis dans l’année. Même les îles Cook reçoivent plus de touristes qu’il n’y a d’habitants chez eux ( alors que chez nous, ce n’est plus le cas…).
On ne peut donc pas se reposer sur nos lauriers et on ne peut pas faire preuve d’amateurisme. Or, actuellement, c’est l’amateurisme qui règne au niveau du gouvernement. Et le pays va le payer dans toutes les activités économiques où nous avions fait des progrès ces dernières années.
On entend souvent dans les discussions ou dans les prises de position des uns et des autres sur notre avenir politique, que la voie de la responsabilité, c’est l’indépendance.
Je pense, en ce qui me concerne, qu’en fait,la voie de la responsabilité, c’est plutôt assumer complètement notre autonomie.
Car, ce qui me frappe, c’est que nous avons obtenu des compétences au fur et à mesure de nos statuts d’autonomie, mais que nous n’arrivons pas à assumer toutes ces compétences par notre propre budget.
Il faudrait peut être commencer par là : on décide déjà pour l’Education. Eh ben,finançons par notre propre budget nos décisions : ce sera plus logique. De même pour les conventions Santé, Protection sociale…etc…etc… Nous maitrisons ces domaines de compétences : à nous de financer nos décisions dans ces domaines. Donc, la responsabilité, c’est pour moi, l’autonomie politique ET l’autonomie financière.
On entend souvent dans les discussions ou dans les prises de position des uns et des autres sur notre avenir politique, que la voie de la responsabilité, c’est l’indépendance.
Je pense, en ce qui me concerne, qu’en fait,la voie de la responsabilité, c’est plutôt assumer complètement notre autonomie.
Car, ce qui me frappe, c’est que nous avons obtenu des compétences au fur et à mesure de nos statuts d’autonomie, mais que nous n’arrivons pas à assumer toutes ces compétences par notre propre budget.
Il faudrait peut être commencer par là : on décide déjà pour l’Education. Eh ben,finançons par notre propre budget nos décisions : ce sera plus logique. De même pour les conventions Santé, Protection sociale…etc…etc… Nous maitrisons ces domaines de compétences : à nous de financer nos décisions dans ces domaines. Donc, la responsabilité, c’est pour moi, l’autonomie politique ET l’autonomie financière.
François BAROIN avait déclaré en avril sur RFO que depuis 2000, le taux de croissance moyen des transferts publics métropolitains s’est élevé à 5 %, ce qui est considérable.
Imaginez un pays dont l’économie croît chaque année de 5 %. Ce serait là une performance parmi les meilleures au monde. Seul le régime d’autonomie permet un tel filet de sécurité.
A la limite, même si nos hommes politiques sont nuls, l’Etat serait là pour assurer une croissance minimale grâce à ces transferts qui se sont élevés en 2005 à 136 milliards de F CFP !
François BAROIN avait déclaré en avril sur RFO que depuis 2000, le taux de croissance moyen des transferts publics métropolitains s’est élevé à 5 %, ce qui est considérable.
Imaginez un pays dont l’économie croît chaque année de 5 %. Ce serait là une performance parmi les meilleures au monde. Seul le régime d’autonomie permet un tel filet de sécurité.
A la limite, même si nos hommes politiques sont nuls, l’Etat serait là pour assurer une croissance minimale grâce à ces transferts qui se sont élevés en 2005 à 136 milliards de F CFP !
Responsabilité financière veut aussi dire remettre les pieds sur terre en priorisant les projets, en les dimensionnant par rapport à nos réalités. Il faut peut être arrêter de faire des pistes pour quelques dizaines d’habitants ou ouvrir un bureau de poste dans la moindre vallée des Marquises ou le moindre atoll des Tuamotus. Mais on sait depuis les girouettes, pourquoi le gouvernement saupoudre. : pour faire du clientélisme. D’autres ont appelé celà de la corruption électorale. C’est vrai que la tournée récente du Président dans certaines îles des Tuamotus ressemble à du raccolage.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas désenclaver les populations de nos îles, mais il faut faire attention aux charges récurrentes et aux budgets de fonctionnement. Après, il ne faut pas s’étonner que nos tarifs téléphoniques, internet d’électricité sont hors de prix.
Il faudra bien venir à analyser et évaluer les choix de programmes de nos hommes politiques. Il faut qu’ils arrêtent de réaliser les choses par rapport à leurs lubies ou par rapport à leur bénéfice électoral. On ne peut plus se payer ce luxe là ! En prendra-t-on le chemin bientôt ?
Responsabilité financière veut aussi dire remettre les pieds sur terre en priorisant les projets, en les dimensionnant par rapport à nos réalités. Il faut peut être arrêter de faire des pistes pour quelques dizaines d’habitants ou ouvrir un bureau de poste dans la moindre vallée des Marquises ou le moindre atoll des Tuamotus. Mais on sait depuis les girouettes, pourquoi le gouvernement saupoudre. : pour faire du clientélisme. D’autres ont appelé celà de la corruption électorale. C’est vrai que la tournée récente du Président dans certaines îles des Tuamotus ressemble à du raccolage.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas désenclaver les populations de nos îles, mais il faut faire attention aux charges récurrentes et aux budgets de fonctionnement. Après, il ne faut pas s’étonner que nos tarifs téléphoniques, internet d’électricité sont hors de prix.
Il faudra bien venir à analyser et évaluer les choix de programmes de nos hommes politiques. Il faut qu’ils arrêtent de réaliser les choses par rapport à leurs lubies ou par rapport à leur bénéfice électoral. On ne peut plus se payer ce luxe là ! En prendra-t-on le chemin bientôt ?
Notre gouvernement devrait s’imposer une autodiscipline fiscale et financière comme dans les pays nordiques. Chez nous, c’est le contraire. Ce n’est pas "qui peut économiser le plus", mais "qui dépensera le plus".
Je crains que notre gouvernement actuel ait inventé une nouvelle discipline : La DECONOMIE, issue de la fusion de deux matières fondamentales en politique, la Déconologie et l’Economie.
Et en ce moment, on peut dire que notre VP "déconomine" un max entre ses projets SEM (suivant l’exemple des SEM défaillante actuelles), ses projets touristiques (film sur Tavae, ligne sur New York, Etablissement TEVA pour l’aménagement de l’aire TEVA - établissement qui a du mal à s’aménager lui-même-), gestion de sa communication financière et de ses dépenses de fonctionnement…
Allez, on se met tous en rond et on fait une prière pour que ça aille mieux, OK?
Evoquant l’ Etat, Eric a raison de se montrer circonspect, voire inquiet.
Il parle de la corde, on peut évoquer la cruche: tant va la cruche à l’ eau qu’ à la fin elle se noie.
La situation en effet est très sérieuse, mais ne semble pas perçue comme telle , encore, par la majorité des Représentants à l’ Assemblée, pas plus que par une majorité populaire.
C’est sans doute dommage, les plats ne repassant pas indéfiniment…
Qu'en pensez-vous ?
Ami lecteur, amie lectrice, un petite information à votre intention pour vous faciliter la rédaction de votre réaction. Politita modère a posteriori les commentaires. Un nouveau filtre permet de mettre en ligne immédiatement les commentaires qui ne semblent pas injurieux.
Ce filtre n'est en aucun cas parfait et certains commentaires déplacés seront rectifiés après coup ou, plus embêtant, certains commentaires très corrects peuvent ne pas passer de suite. Nous les validerons peu de temps après.
Votre participation à cette discussion implique vous soyez poli envers tous, même ceux que vous n'aimez pas ;) Nous vous remercions pour votre compréhension et vous souhaitons un agréable commentaire.