Où va l’éducation ?

Par Roland • 8 August 2006

Le ministre, M. Raapoto, évoquait la rentrée et l’accueil aux nouveaux professeurs. Il insistait sur deux point.
1. Les élèves arrivent en sixième sans maîtriser les fondamentaux (lire, écrire, compter).
2. Il ne s’agit pas de blâmer les écoles primaires mais de prendre les élèves comme ils sont pour les faire progresser.
Il a raison ; mais on peut tout de même se demander pourquoi les jeunes, à l’entrée au collège, ont de telles lacunes. Les réponses sont d’autant plus délicates à poser que lorsque l’on n’appartient pas au corps enseignant, on ne maîtrise pas tout. La dernière fois que j’ai évoqué l’enseignement, je fus tancé. Je parlerai donc en citant mes sources cette fois-ci, et en évoquant le bon sens, n’ayant que cette ressource pour parler d’éducation et de pédagogie. Pour le reste, j’espère surtout ouvrir le débat.
Une grande dame de la philosophie, Hannah Arendt, dans un article, la crise de l’éducation, pointe un danger du système actuel. L’éducation, pour elle, doit apprendre l’enfant à n’être plus un enfant, à le faire entrer dans le monde des adultes, conscient et responsable. Elle dénonce l’apprentissage sur le mode ludique qui enferme l’enfant dans le monde de l’enfance et lui épargne de se heurter à l’effort, à l’autorité, à la sanction.
Or, si on regarde les textes de l’Education Nationale, ils sont sur le site du ministère, on voit que les sanctions sont de plus en plus évacuées, le zéro est banni, les colles ont disparu. Les enfants ne découvrent plus le monde des adultes sous l’axe du réalisme utile à ce que la société demeure en son ordre. L’adolescent est souvent sans repère face à ce qui est nécessaire : la loi.
Sur le plan des connaissances, en privilégiant le mode ludique, en adoucissant la notation, on ne permet plus à tous les enfants de comprendre qu’ apprendre peut-être pénible, qu’il faille fournir un effort. Je défie tout étudiant qui réussit de dire qu’il travaille sans contrainte, sans effort, et parfois sans peine.
Peut-être est-il temps de redonner aux jeunes professeurs le goût de l’autorité et la force de montrer aux enfants le goût de l’effort. Mais je sais que l’école n’est pas seule responsable, je le sais ; qu’on ne me lise pas comme un pourfendeur des professeurs, je voudrais juste proposer le débat.
Il demeure certain que si l’école ne réagit pas, seuls ceux qui sont aidés chez eux réussiront, et de plus en plus d’adolescents sortiront du collège sans bases et sans conscience des contraintes liées à la vie en société…ceci se voit déjà en métropole, pourquoi attendre en Polynésie ?

Commentaires

Par pierre le 8 August 2006 at 18:16

Biendit roland entiérement d’accord avec ton analyse que je partage depuis longtemps!Le goût de l’effort et la seule solution pour donner les moyens et l’envie à une génération et à une société de réussir dans ce combat mondialisé ou la lutte est de plus en plus difficile!

Par Lagon. le 8 August 2006 at 20:56

D’ où la nécessité d’ abandonner le " ludique " et de revaloriser la notion d’ effort, ce qui relève d’ une volonté politique.
Tout à fait d’ accord avec Roland.
La voie suivie mène à la confusion, au chaos et à la violence, si les mots n’ ont plus le même sens pour tous.
Grand humaniste devant l’ Eternel, Goethe affirmait hier que " tout apprentissage est difficile ".
Roland pose là un problème vital, celui de la survie d’ une société.

Par Lagon. le 8 August 2006 at 20:56

D’ où la nécessité d’ abandonner le " ludique " et de revaloriser la notion d’ effort, ce qui relève d’ une volonté politique.
Tout à fait d’ accord avec Roland.
La voie suivie mène à la confusion, au chaos et à la violence, si les mots n’ ont plus le même sens pour tous.
Grand humaniste devant l’ Eternel, Goethe affirmait hier que " tout apprentissage est difficile ".
Roland pose là un problème vital, celui de la survie d’ une société.

Par Henri le 8 August 2006 at 22:34

La permissivité de notre société est effectivement inquiétante : le laisser-aller dans l"éducation des enfants polynésiens, le manque d’apprentissage à la rigueur, la réticence à l’effort du fait des facilités ambiantes (sea,s.. and sun..) et des drogues "dites douces", l’évasion dans les tchats sur internet… sont des réalités de la polynésie contemporaine.

Il faut effectivement lutter contre ce laisser-aller, sans, bien sûr, retour à "l’ordre moral".

A ce titre, il sera important de se pencher sur les résultats de notre système scolaire et universitaire par une évaluation objective, si possible par des consultants extérieurs au système.

Dans ce sens, il faudra questionner les explications avancées par le Ministre de l’éducation qui ne me convainquent pas, car il exonère un peu trop facilement les élèves ( soit disant au centre du système)et les familles.

De même, la pauvreté n’explique pas tout. De tous temps et dans tous les pays, de nombreux enfants de familles pauvres ont réussi, car ils ont conscience que l’Education est une chance.Et qu’il faut la saisir, car on ne repasse pas les plats.

C’est ainsi que l’Inde forme des centaines de milliers d’ingénieurs par an. Que la Chine avance très rapidement dans l’économie de la connaissance, etc…etc.Le monde bouge et bouge vite. Même la France se pose la question d’une vraie réforme, car le temps presse.

Et la Polynésie ? Se rend-elle compte de cette chance ? Qui plus est, largement financée, par "l’Etat colonial" ( selon l’expression de Barral dans les jounraux d’aujourd’hui) ? Prépare-t-elle l’avenir de ses jeunes en étant consciente qu’elle prépare aussi, par la même occasion, son avenir ?

Notre Ministre préfère se focaliser sur les conditions matérielles et le comportement des professeurs, qui comme on le sait, depuis BARRAL, sont les parfaits représentants de "l’Etat colonial".

On évite de dire des choses qui fâchent : respect du maitre, effort, autorité, sanction.

Oui Roland : le chantier est immense, mais il faut retrousser les manches rapidement.D’accord avec toi…Et il faut arrêter de chercher des boucs émissaires.

Par Etetera le 9 August 2006 at 7:25

avez-vous vu le documentaire sur l’école en France ? très instructif !

bien évidemment orienté pour faire détester l’autorité d’une enseignante qui, à mon sens, faisait son travail comme il faut et faire apprécier de tous un enseignant qui faisait sa classe comme s’il était avec des potes !

je préfère de beaucoup la première car elle permet aux enfants de grandir en prenant conscience du monde qui les entoure, des difficultés qu’ils rencontreront inévitablement quand on rentre dans la société des adultes.

Nous rencontrons d’énormes problèmes en primaire du fait des réformes incessantes, non suivies d’effets et à effets pervers. Les méthodes adoptées sont plus que critiques puisqu’il est admis, par les profs, que les élèves sont incapables de lire et écrire correctement avant la … 5ème !
et pourtant, on demande à nos chers petits d’avoir des notions d’anglais en entrant en 6ème. Très bien me direz-vous !
sauf qu’il n’y a aucun suivi entre la primaire et le collège. En primaire, ils font avec leurs moyens, s’ils en trouvent car pas formalisé. Au collège, les profs partent d’un postulat : les élèves arrivent en 6ème avec les notions de base en anglais !!!
déjà qu’ils ne savent pas lire et écrire correctement en français, voilà qu’on leur demande de maitriser les notions élémentaires d’une langue étrangère !
Diantre, mais qu’avons-nous comme décideurs en matière d’Education ??

Je ne suis pas enseignante, mais j’ai des enfants …

Par Etetera le 9 August 2006 at 7:25

avez-vous vu le documentaire sur l’école en France ? très instructif !

bien évidemment orienté pour faire détester l’autorité d’une enseignante qui, à mon sens, faisait son travail comme il faut et faire apprécier de tous un enseignant qui faisait sa classe comme s’il était avec des potes !

je préfère de beaucoup la première car elle permet aux enfants de grandir en prenant conscience du monde qui les entoure, des difficultés qu’ils rencontreront inévitablement quand on rentre dans la société des adultes.

Nous rencontrons d’énormes problèmes en primaire du fait des réformes incessantes, non suivies d’effets et à effets pervers. Les méthodes adoptées sont plus que critiques puisqu’il est admis, par les profs, que les élèves sont incapables de lire et écrire correctement avant la … 5ème !
et pourtant, on demande à nos chers petits d’avoir des notions d’anglais en entrant en 6ème. Très bien me direz-vous !
sauf qu’il n’y a aucun suivi entre la primaire et le collège. En primaire, ils font avec leurs moyens, s’ils en trouvent car pas formalisé. Au collège, les profs partent d’un postulat : les élèves arrivent en 6ème avec les notions de base en anglais !!!
déjà qu’ils ne savent pas lire et écrire correctement en français, voilà qu’on leur demande de maitriser les notions élémentaires d’une langue étrangère !
Diantre, mais qu’avons-nous comme décideurs en matière d’Education ??

Je ne suis pas enseignante, mais j’ai des enfants …

 

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