INSTABILITE POLITIQUE CHRONIQUE EN OCEANIE : DES RETOMBEES AUSSI EN PAYS MAOHI
Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne un changement de majorité politique au Vanuatu, aux Cook,en Papouasie Nouvelle-Guinée, aux Salomon, à Nauru…Et, “à chaud” ou “à froid”, les gouvernants du moment envisagent de légiférer pour stopper ce type de pratique politique faite de changement d’alliance pour des motifs souvent obscurs, mais qui ne relèvent assurément pas de l’intérêt général.Ces projets visant à stabiliser les majorités politiques élues selon des modalités variées ( pas de motion de censure pendant un an,augmentation des indemnités des élus en vue de les prémunir contre d’éventuelles tentatives de corruption…) ne restent qu’à l’état de projets, car on n’hésite à sauter le pas et s’enlever ainsi des marges de manoeuvre pour le cas où….
C’est ainsi que le Vanuatu et la Papouasie Nouvelle-Guinée ont récemment remisé leur tentative de réforme visant à stabiliser leur système politique au placard. C’est ainsi que le gouvernement des iles Salomon envisage à son tour cette réforme :il est vrai que dans ce pays, on avait atteint le summum avec un début de guerre civile du fait d’un changement de majorité de dernière minute et des soupçons de corruption par des puissances étrangères, Taiwan et la Chine pour ne pas les nommer…Mais ira-t-il jusqu’au bout ?
Pourquoi de nombreux pays océaniens sont-ils atteints par ce syndrome de l’instabilité politique chronique ? Pourquoi la Polynésie française est-elle aussi guettée par ce syndrome ?
L’un des éléments de réponse est peut être à rechercher dans le “pacific way”, ce paradis perdu du “consensus” qui n’a plus cours dans l’Océanie moderne. De nos jours, des “clans” rivaux luttent pour le pouvoir, non pour mettre en oeuvre un programme gouverné par la raison et le bien-être de la population - et, sans exclusive aucune - mais bien plutôt pour obtenir les attributs de pouvoir et les avantages qui vont avec… à charge pour les nouveaux gouvernants de “renvoyer l’ascenseur” à ceux qui les ont porté au pouvoir par un clientélisme effréné.
Dans cet esprit traditionnel dénaturé, le but premier n’est pas d’améliorer la vie en société par une bonne “gouvernance”, mais bien plutôt de se servir et de servir son clan, acte de reconnaissance envers ceux qui vous ont porté au pouvoir, mais aussi d’allégeance indéfectible des membres du clan envers “leurs” hommes de pouvoir.
Des éléments de cette conception du pouvoir émergent de la gouvernance tauiste: le clientélisme est ainsi érigé en système. Près de 500 personnes sont rémunérés par la présidence et le gouvernement, sans compter les recrutements dans les organismes périphériques, notamment au sein du nouveau GIP de plus en plus “formaté” par la Présidence. De même, les “renvois d’ascenseur” aux élus iliens qui ont “sauvé” la majorité sous forme d’octroi d’enveloppes financières importantes estimées à plusieurs milliards de F CFP est un indicateur inquiétant de cette dérive “océanienne”. Or, la somme de ces clans ne fait pas - loin de là- la société polynésienne.
Il est bien évident que cette tendance, si elle s’accentue, nous éloigne d’une démocratie moderne. Une démocratie faite de confrontation d’idées et de programmes, sous l’arbitrage de la société civile en vue d’un mieux-vivre dans la Cité. Il sera important d’observer les évolutions futures sur cette question par une vigilance accrue de la société civile polynésienne.
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Commentaires
Nous avons bp de chance ici en polynésie d’avoir des finances (du moins avant le Taui) saines. Nos réserves étaient pleines, nos companies bien gérées. Par ex, ATN. Quel fleuron pour la promotion de nos îles. Il a fallu que Oscar Temaru décapite le management d’ATN et ouvre une ligne déficitaire NY-PPT dont tous les professionnels savaient avait peu de chances de fonctionner. Et ben non. Temaru a voulu montrer qu’il était plus fort. Hélas, il s’est cassé la gueule et ce sont les 800 employés qui vont payer la casse. Inadmissible.
le Bop tu as tout as fait raison malheureusement le purgatoire n’est pas fini, l’alternance est loin sauf grave mouvemlents sociaux et la dérive va continuer à gangréner la société, la pente sera dure à remonter , les années perdues vont peser lourd et il faudra une sacrée équipe pour remettre le pays sur ses rails! Malheureusement je pense que nous ne pourrons pas faire l’économie d’une loi pour empêcher les transfuges et les retournements de veste honteux pour la Polynésie et dramatiquement dangereux pour le pays!!! merci encore à Bouteau et à schyle d’avoir ouvert la boîte de Pandorre pour un soit-disant mieux etre démocratique…. et ou sommes nous aujourd’hui, plus personne n’ose parler de démocratie en Polynésie, nous sommes retombés dans un régime qui n’a rien a envier au régime tribale!!!
Oui la Polynésie Française a de la chance de recevoir les transferts de l’Etat vis à vis des autres pays de l’Océanie .Mais , attention pour combien de temps ?
De Gaulle disait déjà à Papeete en 56 :
" D’abord , il y a la ‘tendance’ de toutes les entités ethniques poulaires et nationales à garder leur caractère propre et à disposer d’elles mêmes . Il y a en même temps la nécessité primordiale de se rattacher délibérément à un grand ensemble économique ,culturel , politique , sans quoi chaque territoire tomberait vite dans la misère , serait la proie de l’ignorance et servirait de champ de bataille à tous les impérialismes du monde "
C’est ce qui arrive hélas pour quelques pays d’Océanie ….
Toutes les grandes puissances, notamment l’Union Européenne si’nquiètent de l’évolution défavorable des micro-Etats du pacifique insulaire et insistent deplus en plus pour les venir en aide sur les notions de développement durable, de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption… car ça dérape de plus en plus dans un mauvais sens.
Les mauvaises nouvelles affluent : Salomon ( guerre civile), cook ( instabilité politique endémique), PNG (SIDA et insécurité à grande échelle), Vanuatu ( corruption institutionnalisée), Nauru ( banqueroute proche du coma), Tonga ( absolutisme monarchique contesté par une très grande partie de la population), Fidji ( mise à l’écart des indo-fidjiens)….
L’Australie et la Nouvelle-Zélande n’arrêtent pas de jouer les pompiers volants et ça commence à leur coûter très cher. Ils sont trop contents de partager le fardeau avec d’autres puissances, dont la France.
Il y a du boulot ! Mais c’est tellement plus facile de critiquer les "frenchies" pour mieux les bouter hors du Pacifique… alors que tous ces gouvernements viennent de dire récemment, à l’occasion du sommet France-Océanie, tout le bien qu’ils pensent de la France…et de son argent destiné à les aider.
Aux îles Cook, le gouverneur général a décidé de dissoudre le Parlement en vue d’élections législatives anticipées. Car les revirements de veste et les changements d’alliance sont trop fréquents et toujours fômentés par les mêmes personnes.
Cette absence de stabilité empêche une bonne gouvernance, car pour bien gouverner, il faut gouverner dans la durée ( mais il est vrai aussi qu’on peut mal gouverner dans la durée…). Après avoir frisé la banqueroute, ce micro-état associé qui fait rêver Oscar TEMARU végète à l’ombre tutélaire de la Nouvelle-Zélande. Il y a, par contre, un secteur qui marche bien, c’est celui du tourisme : les “lodge” tenus souvent par les néo zélandais se sont multipliés. Il y a 6 fois plus de touristes dans l’année que d’habitants. Mais ce secteur est menacé, car Air New Zealand se pose des questions sur la desserte des îles Cook. Toujours ce problème de viabilité économique quand on est tout petit.
Un dinosaure de la vie politique, Sir Geoffrey HENRY, personnage contesté, a décidé de se retirer de la vie politique; Mais il faudra voir si ce n’est pas une fausse sortie. C’est tellement difficile pour ces hommes de pouvoir de ne plus être au pouvoir…
Je viens de lire une dépêche sur le Tuvalu. Là-bas, il y a eu des élections législatives : 6000 électeurs se sont rendus aux urnes pour élire les 15 membres de leur assemblée.
Eux aussi ont connu des gouvernements éphémères car renversés pour la plupart par des motions de censure.
Mais ce que j’ai apprécié, ce sont les propos suivants : " A Tuvalu, les partis politiques n’existent pas de manière formelle, les alliances et le choix des candidats se faisant plutôt sur des critères de respectabilité, de réputation et d’alliances communautaires et coutumières."
C’est un peu ce que lebop qualifiait de reste de "pacific way"…
On est bien loin d’une démocratie moderne faite de confrontation de programmes politiques pour le mieux être de la population.
On dirait que dans ce pays, comme dans d’autres Etats insulaires du pacifique, le pouvoir est une fin en soi. Travailler pour faire avancer le pays vient en seconde position.
Comme avec Oscar TEMARU.
Son cri du coeur : " je suis le premier maohi à être reçu à l’Elysée" est, à mon avis, une illustration de cet état d’esprit.
Il "sert la pince" des grands de ce monde. Il est content d’être entré dans le club des gens qui comptent. Comme on dit en Papouasie : c’est un "big man".
En plus témaru n’est pas maohi c’est un demi qui a changé son nom pour le rendre plus moahi, alors de qui se moque-t-on! De toute façon dés que l’on revendique la race c’est grave, c’est du racisme et cela rappelle certains régime tristement célébres!
Teave, sur quoi te bases-tu pour parler de racisme ? As-tu des propos, des faits, des textes qui te permettent de parler de racisme ? Je crois, à mon avis, qu’il ne faut pas manier les mots comme tu le fais, à l’emporte-pièce. Tu te contentes d’affirmations simplistes qui ferment le débat.Ce n’est pas très intéressant d’échanger dans ces conditions.
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