LA POLITIQUE DE L’EMPLOI SERT-ELLE VRAIMENT LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISES ?
J’ai suivi attentivement la prestation télévisée de Monsieur Pierre FREBAULT, Ministre du travail, dimanche soir, sur RFO. J’avoue que j’ai été dubitatif par les propos tenus.
En premier lieu, le discours sur les créations d’emplois, dont le nombre et, surtout la nature, mériterait une évaluation approfondie, a été tenu sans référence à la croissance économique ou à une quelconque stratégie misant sur des activités économiques porteuses et qui serait accompagné par le très important dispositif d’emplois aidés mis en place par le Pays : un montant de l’ordre de 3 milliards de F CFP par an, je crois.
J’avais l’impression d’un discours qui ne faisait que constater une réalité - la création d’emplois - sans que l’on sache en quoi ce Ministère y avait contribué. Il faut aussi dire que les questions-bateau, très générales, du journaliste, permettait au Ministre de faire un exercice de style à bon compte. On a donc eu droit à un discours ministériel général complètement muet sur les actions menées concrètement. Un verbiage sans substance, en somme.
Pourtant quelques questions simples viennent à l’esprit : monsieur le Ministre,vous avez mis en place de nouvelles mesures d’aides à l’emploi. Avez-vous évalué leurs résultats sur le terrain ? Si oui, quels sont-ils ? Dans quelle mesure les emplois aidés ont-ils contribué à la création d’emplois ? Les emplois créés sont-ils des emplois durables ?
Autres questions : les mesures en faveur de l’emploi des jeunes dans les îles n’ont-elles pas pour résultat de rémunérer des jeunes qui , de toutes les façons, travaillaient déjà dans les exploitations familiales ou les entreprises artisanales ? S’agit-il d’un traitement économique du chômage ou d’un traitement social ? Que se passera-t-il à la fin de la mesure d’aide ?
J’ai la conviction, en ce qui me concerne, que l’effet d’aubaine va jouer à plein en faveur de nos exploitants agricoles et de nos artisans des îles. On n’est pas loin d’un “revenu minimum d’insertion” à la polynésienne garanti par le Pays.
En ce qui concerne la mesure dite ICCRA, le Ministre a simplement “oublié” qu’il existe déjà, depuis pas mal d’années, une aide - l’aide à la création et au développement des entreprises ( ACDE) - en faveur des entreprises. Là aussi, outre l’effet d’aubaine pour des entreprises qui existent déjà et qui “savent” déjà comment exploiter cette mesure à bon compte, on peut se demander si l’on ne crée pas une concurrence déloyale vis -à-vis des entreprises existantes et si on ne les déstabilise pas en morcelant le marché existant par toujours plus d’entreprises dans les mêmes activités. On aide un énième créateur de roulottes ambulantes, un énième graveur sur nacre, un énième menusier ou plombier, une énième entreprise de jardinage ou d’entretien de jardins, etc…
D’une manière générale, on peut donc se demander si cette aide aux entreprises est véritablement pertinente. J’y vois plutôt, paradoxalement, un effet pervers : elle fragilise plus qu’elle ne développe le tissu économique existant.
Autrement dit, cette aide serait vraiment utile si elle était consacrée à des activités véritablement novatrices. Mais dans ce cas là, il serait plus judicieux que cette aide aux entreprises soit gérée par le ministère en charge de l’économie, car on peut penser que l’administration économique a l’information requise pour mieux cibler les dispositifs d’aide en faveur du développement DURABLE de nos entreprises.
Le Ministre de l’emploi, ex-syndicaliste, veut aider les entreprises : très bien, celà part d’un bon sentiment. Mais j’ai aussi l’impression qu’il tape à côté de la plaque, car il se trompe de cible.
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Commentaires
Frebault, c’est du pipeau.
Oui c’est du pipo, mais a-t-on déjà vu un syndicaliste faire un bon économiste ou un bon ministre de l’emploi, là est la question!la démocratie c’est les contres pouvoirs or un syndicaliste ne peut en aucun cas être un homme politique ou alors il ne doit plus être un syndicaliste sinon on galope vers un dangereux mélange des genres mais n’est-ce pas cela le taui depuis deux ans!!!
Quelle est ta liste des activités véritablement novatrices en polynésie… je suis curieux de nature.
PS : l’ICRA n’a rien a voir avec l’ACDE
Moi, j’estime qu’on monte quelquefois trop d’usines à gaz au lieu de laisser faire les chefs d’entreprise.
On nous ponctionne de taxes diverses et, après, on nous "pond" des mesures en faveur de ci, en faveur de çà…Il existe des dizaines d’aide dans lesquelles, souvent, on ne s’y retrouve plus.
Mais les chefs d’entreprise ne demandent qu’à ce qu’on leur "foute la paix" par moins d’impôts, moins de charges sociales…
Qu’on leur fasse confiance : lorsqu’ils voient qu’il y a un besoin qui n’est pas satisfait ou qui n’est pas bien satisfait, ils vont créer des activités pour créer ou répondre à la demande.
Ils n’ont pas besoin qu’un Ministre de l’emploi vienne faire leur bien malgré eux.
Ou alors, si on veut faire du traitement social du chômage, qu’on ne vienne pas, dans ce cas, nous parler d’aide aux entreprises, car il crée plus d’effets pervers qu’autre chose.La concurrence déloyale est une plaie qu’on observe tous les jours.
J’ose même dire que moins les ministres font des choses soit disant pour aider les entreprises, mieux ça vaut. Par ce que ces temps ci, on a donné : augmentation considérable du SMIG, augmentation continue des charges sociales, nouvelles taxes… On nous prend 1000 frances dans la poche droite et on nous redonne 100 francs dans la poche gauche.
C’est de la fausse aide.
En bref : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Réduisez les contraintes à la création et au développement des entreprises, messieurs les gouvernants. C’est tout ce qu’on vous demande, et là, vous serez vraiement utile !
C’est vrai que les aides faussent la concurrence sur le terrain. Des entreprises qui ont des aides à l’emploi font énormément de tort aux entreprises installées, qui, elles n’ont pas d’aide.
Je suis dans le domaine du ménage et du nettoyage à domicile. Ces derniers temps, j’ai vu que, de plus en plus de femmes de ménage qui créent des entreprises et embauchent des gens de leur famille comme salariés et qui peuvent casser les prix du fait de cette main d’oeuvre qu’ils ne payent pas ou très partiellement.
En plus, il y a même risque de salaire de complaisance, car qui vient contrôler que ces personnes qui reçoivent des aides du SEFI viennent travailler réellement et à temps plein ?
En plus, nous, nous n’avons pas d’aide, car nous avons les effectifs qu’il faut sans avoir besoin de recruter, mais nous payons les charges sociales plein pot. C’est injuste.
Je rejoins lebop : c’est aux porteurs de projet et aux créateurs d’entreprise d’identifier les créneaux novateurs dans une économie libérale.
Ensuite, si les pouvoirs publics veulent les aider, ils pourraient les aider selon la difficulté du projet :
- un centre de thalassothérapie, c’est plus compliqué qu’une pension de famille.
- de même, la gestion d’un spa, c’est plus compliqué qu’un salon de massage.
- un centre de convalescence, c’est plus compliqué qu’une résidence pour personnes agées, qui, elle même, est plus compliquée qu’une simple résidence.
Après, il y a toutes les activités intellectuelles :
- conception de logiciels;
- nouveaux services informatiques, multimédias et internet ( par exemple, une activité de réparation d’ordinateurs à domicile efficace, rapide et peu couteuse…)
- conception de nouveaux services utiles pour les vinis ;
…
Ensuite, il y a les nouveaux services à la personne :
- des crêches pour enfants qui ne seraient pas simplement des "garderies" simplistes ;
- des auxiliaires de vie pour personnes âgées ou handicapés…car il en manque.
Ensuite, il y a les activités à l’exportation, notamment dans tout ce qui est valorisation de substances végétales (tiare, kava,tamanu, nouvelles plantes médicinales…), l’aquaculture, l’aquariophilie, la valorisation des produits de la mer, la fabrication d’omega 3 issue de la valorisation de nos déchets de poissons, la valorisation de notre vanille, la fabrication de jus de fruits aux iles sous le vent, l’élevage de produits de la mer à petite échelle…
Dans les archipels, on pourrait aider à réaliser des micro-projets pour des activités qui existent à Tahiti, mais qui n’existent pas encore dans les îles pour des raisons de seuil de viabilité. Le petit coup de pouce des pouvoirs publics pourrait faire atteindre ce seuil de viabilité.
Il y a des dizaines et des dizaines de projets possibles. Car dans ce pays, si on fait un sondage, je suis sûr que des milliers de personnes ont l’idée de créer une entreprise ou pense à un projet à réaliser. Il faut leur offrir l’opportunité de passer à l’acte par un contexte favorable. Malheureusement, c’est loin d’être le cas ces temps ci.
Il faut faire confiance aux porteurs de projets qui ont l’imagination et la volonté nécessaires.
Il incombe aux pouvoirs publics de les accompagner intelligemment. Il y a suffisamment de conseillers techniques super bien rémunérés dans les cabinets ministériels pour réfléchir aux meilleurs moyens de les accompagner.
Tout ça c’est bien joli, mais les premiers à pleurnicher pour avoir subventions, emplois aidés, aides fiscales et barrière douanières, ce sont les entrepreneurs.
Chiche! Supprimons la TDL, les Exonérations fiscales, les emplois aidés, les subventions à l’export, aux petits commerces, à a création d’entreprise, la gratuité de la patente, les ateliers relais à tarifs réduits, les subventions d’investissement,…
Vous allez les voir les entrepreneurs "libéraux" faire la queue, la main tendue, devant les grilles de la Présidence.
Qui a dit qu’il fallait supprimer les aides ? Moi, j’ai compris que dans les commentaires précédents, il s’agissait d’octroyer “intelligemment” des aides ou de réduire le train de vie des pouvoirs publics pour alléger le fardeau des entreprises, car leur donner, à gauche, une partie de ce qu’on leur a pris à droite, ce n’est pas forcément de bonne politique.
Qui a dit qu’il fallait supprimer les aides ? Moi, j’ai compris que dans les commentaires précédents, il s’agissait d’octroyer “intelligemment” des aides ou de réduire le train de vie des pouvoirs publics pour alléger le fardeau des entreprises, car leur donner, à gauche, une partie de ce qu’on leur a pris à droite, ce n’est pas forcément de bonne politique.
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