Archive for août 1st, 2006
LA POLITIQUE DE L’EMPLOI SERT-ELLE VRAIMENT LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISES ?
J’ai suivi attentivement la prestation télévisée de Monsieur Pierre FREBAULT, Ministre du travail, dimanche soir, sur RFO. J’avoue que j’ai été dubitatif par les propos tenus.
En premier lieu, le discours sur les créations d’emplois, dont le nombre et, surtout la nature, mériterait une évaluation approfondie, a été tenu sans référence à la croissance économique ou à une quelconque stratégie misant sur des activités économiques porteuses et qui serait accompagné par le très important dispositif d’emplois aidés mis en place par le Pays : un montant de l’ordre de 3 milliards de F CFP par an, je crois.
J’avais l’impression d’un discours qui ne faisait que constater une réalité - la création d’emplois - sans que l’on sache en quoi ce Ministère y avait contribué. Il faut aussi dire que les questions-bateau, très générales, du journaliste, permettait au Ministre de faire un exercice de style à bon compte. On a donc eu droit à un discours ministériel général complètement muet sur les actions menées concrètement. Un verbiage sans substance, en somme.
LA TAXE DE DEVELOPPEMENT LOCAL MERITE-T-ELLE SON APPELLATION ?
Arrêtons-nous sur la taxe de développement local, car si l’Assemblée de Polynésie française a passé une journée sur ce dossier, pour un coût à la jounée que l’on peut évaluer à plus de 8 millions de F CFP, on peut considérer que la question est importante.
Voilà une taxe qui est prélevée sur les produits importés qui concurrencent directement des produits fabriqués localement et qui rapporte, selon le Vice-Président, plus de 2 milliards de F CFP au budget du Pays.
Formellement, ce sont les importateurs qui la payent, mais ils la répercutent illico presto sur les consommateurs que nous sommes.
Rappelons-nous l’affaire des eaux minérales importées qui étaient injustement taxées pour protéger les eaux de source locales : le tribunal administratif a d’ailleurs donné raison aux importateurs. Mais pendant le prélèvement de la taxe, les importateurs d’eaux minérales - pas fous- avaient répercuté la taxe sur les prix à la consommation finale. C’est donc une taxe inflationniste qui hausse le prix des produits importés, qui maintient élevés les prix des produits locaux équivalents et qui permet aux producteurs locaux de vivre tranquillement à l’abri d’une concurrence trop forte grâce à cette protection octroyée par la communauté, c’est à dire nous tous.
Mais cette taxe sert-elle au développement économique ? Mérite-t-elle son appellation ?