L’affaire est entendue. Oscar TEMARU a définitivement décidé de se cantonner dans le rôle qui lui a réussi pour accéder au pouvoir : celui du “prêcheur maohi charismatique”.Son cathéchisme, qu’il a décidé de nous enfoncer dans le crâne, en guise de “vulgarisation” est désormais bien rôdé : une pincée de justice sociale, une dose de messianisme teinté de mysticisme, une cuillérée d’identité culturelle et deux grosses louches d’indépendantisme forcené et d’antinucléarisme viscéral.

Le problème, c’est que ce discours, qui lui a si bien réussi dans l’opposition, puisqu’il a pu conquérir le pouvoir – avec, certes, une alliance politique hétéroclite et circonstancielle – ne peut plus seulement fonctionner comme discours depuis qu’il préside aux destinées du Pays. Notre prêcheur pense que le gouvernement du verbe suffit encore et peut se subsituer au gouvernement des hommes.

A cette fin, il délégue le “management de la maison Polynésie” à son Vice-Président. Il incombe à ce dernier d’aller au charbon, de faire tourner la machine administrative et de mettre de l’huile dans les rouages de l’économie polynésienne.Il en résulte un autoritarisme hors de saison et un autisme orgueilleux vis-à-vis de l’opinion des forces vives du Pays, notamment des chefs d’entreprise, qui frise l’aveuglement.

Et de plus en plus, nos concitoyens s’aperçoivent que notre prêcheur est incapable d’être le “leader” et le “manager”, termes anglo-saxons qu’il devrait affectionner, pour conduire les polynésiens en ce début du troisième millénaire.

La vérité est là, toute crue : Oscar TEMARU n’aime pas gouverner et gérer le Pays. Il n’aime pas examiner, étudier et défendre des dossiers sérieux.Il n’aime pas négocier avec l’Etat des dossiers pourtant essentiels pour notre avenir. Il n’aime pas arbitrer les conflits, fixer des orientations et des priorités claires, remettre à leur place les ministres imprudents et indisciplinés ou remercier les incompétents. Il ne sait pas dire non au népotisme familial et aux recrutements clientélistes, non aux missions bidon, non aux exigences des ses partisans.

Du haut de sa chaire,après en avoir terminé avec ses sermons quotidiens, il a décidé de laisser “l’intendance” à son gouvernement pléthorique.

Justement, l’autre problème, c’est que l’intendance ne suit pas : qui s’occupe de faire avancer le dossier de la mise en place de l’Euro en Polynésie suite à sa décision de principe ? Qui exécute le plan d’urgence dont a besoin la filière pêche ? Qui concrétise le pôle de Faratea ? Qui met en oeuvre la réforme du transport urbain ? Qui résorbe nos embouteillages quotidiens par une politique d’infrastructures routières adaptées ? Qui finalise le traitement des ordures ménagères de toutes les communes de Tahiti ? Qui pilote l’aménagement du front de mer de Papeete ? Qui s’inquiète de l’insertion professionnelle des jeunes ? On pourrait énoncer les questions par dizaines.

Oscar TEMARU est un prêcheur, mais ce n’est pas un bon chef d’orchestre pour le gouvernement. Chaque Ministre est un électron libre qui déclare ce qu’il veut, quitte, souvent à faire des déclarations très dures à son encontre. On l’a vu récemment lorsque le Ministre de l’artisanat s’est clairement opposé à ses déclarations indépendantistes à l’occasion du festival de la jeunesse. Chacun joue sa partition et s’accroche au collectif budgétaire pour maitriser quelques sources de financement nécessaires à l’existence de sa chapelle ministérielle, source d’un clientélisme effréné.

Cette anarchie, cette cacophonie pathétique, donne une politique à courte vue et un saupoudrage désordonné, et ce, en l’absence de vision claire, de priorités bien identifiées et de programmes d’actions bien définis.Oscar est le seul responsable de ce gâchis, car l’art est aussi dans l’exécution.

Non, définitivement : Oscar le prêcheur n’est pas un leader pour notre Pays.