On a beaucoup glosé sur le voyage d’agrément habillé en mission officielle du Président du Pays, notamment en ce qui concerne son séjour en Suède qui, sans contestation possible, était un séjour privé. Mais il y en a un autre qui a retenu mon attention : c’est celui de Monsieur Keitapu MAAMAATUAIAHUTAPU.

Rappelons-nous il y a une ou deux semaines. Les médias de la place avaient rapporté que notre personnalité avait représenté le Tavini à une cérémonie d’anniversaire du Palika, parti indépendantiste Kanak, en Nouvelle-Calédonie. Il s’agissait clairement d’un acte militant et non officiel.

Et l’on lit aujourd’hui dans nos journaux une communication de notre personnalité en qualité de Ministre à propos des ….bourses australiennes, sujet largement connu de tous, car déjà largement médiatisé. On apprend ainsi qu’il aurait rencontré le Consul d’Australie à ce propos. Trois remarques : en premier lieu ce dossier est de la compétence du Ministre de l’éducation et ce dernier a largement communiqué sur ce point à l’occasion de la visite récente et habituelle de la Consul d’Australie à Papeete; en second lieu, pourquoi le Ministre de la Mer ne l’a-t-il pas rencontré ici à Papeete ? En troisième lieu, la question abordée ne pouvait-elle pas être réglée par un échange de courrier au regard de son intérêt tout relatif ?

Cette communication n’est-elle pas une justification à postériori du déplacement militant de Monsieur Keitapu MAAMAATUAIAHUTAPU ? Ce dernier est-il parti en “mission officielle” en Nouvelle-Calédonie sur les deniers publics ? Si c’est le cas, n’habille-t-il pas ainsi un voyage partisan “pour se couvrir” par une communication sans conséquence, et, surtout, sans importance aucune ?

Le nombre de missions-bidon des membres du gouvernement atteint, à ce rythme, un chiffre indécent. Et le coût global peut en devenir faramineux. Grosso modo, on estime qu’outre le coût du billet en classe affaires pris en charge par la collectivité, l’indemnité journalière versée aux Ministres en mission est de l’ordre de 40.000 F CFP par jour….Pour le Président du Pays, cette indemnité est largement supérieure et frôle les 100.000 F CFP par jour. Nous fluctuons donc, selon les cas de figure, entre un tiers et deux tiers du SMIG mensuel polynésien par jour d’indemnités, outre le salaire ! Rappelons que c’est le Président du Pays qui décide, de manière discrétionnaire, d’autoriser ou non les demandes de mission : il engage donc sa responsabilité en ce qui concerne leur opportunité.

Il sera toujours temps de faire un décompte exhaustif du nombre de ces missions le moment venu.A mon avis, on aura des surprises.

Dans les pays scandinaves, en Suède, par exemple, un Ministre qui abuse de ses fonctions ne serait-ce que de quelques milliers de francs, fait l’objet de l’opprobre publique et doit démissionner lorsque l’opinion l’apprend… Et en Polynésie ?