Le gouvernement pléthorique de Monsieur oscar TEMARU commence à donner toute sa puissance … BUDGETIVORE.Pour que celà passe plus inaperçu, tout n’a pas été inscrit dans le budget initial de l’exercice 2006. Et on apprend ainsi, par nos journaux préférés, que près de 15 milliards de francs de dépenses supplémentaires devraient être votés à l’occasion du TROISIEME collectif budgétaire de l’année.

Trois collectifs budgétaires : ce nombre reflète déjà la gestion approximative de nos gouvernants actuels.

Quinze milliards : c’est plus de 10 % du montant du budget initial du Pays. En termes de gestion budgétaire, un écart de prévision de plus de 10 % en quelques mois est aussi la traduction d’un sérieux amateurisme, pour ne pas dire plus.

A analyser les postes de dépenses du budget de fonctionnement supplémentaire -plus de 9 milliards de francs -on est aussi surpris du nombre et du montant des subventions complémentaires à divers organismes publics ou para-publics. De deux choses l’une : ou les dépenses initiales ont été nettement sous-estimées, délibérément ou pas, ou les difficultés s’amoncellent et il faut combler les trous dans l’urgence. Je crois bien qu’il y a un peu des deux dans l’exercice de grand écart gouvernemental.

En ce qui concerne le budget d’investissement de 5,3 milliards de F CFP, on pourrait se dire que les entreprises du BTP et autres pourront enfin voir leur carnet de commandes se garnir un peu en ces temps de disette. La réponse n’est pas aussi évidente. Quelques postes de dépenses sont, là encore, des subventions à divers organismes.

Et, cerise sur le gâteau, près de 900 millions de F CFP sont consacrés dans le collectif budgétaire aux frais de fonctionnement des ministères et de l’administration.Un gouvernement qui, comme on le sait, bat tous les records en ce qui concerne le nombre de ministres dont l’efficacité et le rendement semble être inversement proportionnel à leur coût.Leur faible communication sur leurs actions et réalisations respectives est très illustrative à cet égard.

Il faut, encore et toujours dénoncer cette gabegie : un ministère, c’est, au bas mot, outre les premières dépenses d’équipement et d’aménagement qui peuvent se chiffrer en dizaines de millions de francs, environ 100 millions de F CFP de budget de fonctionnement annuel. Sans compter la Présidence qui déroge, bien sûr, par définition, au “droit commun ministériel” en se ménageant des budgets plus que confortables, notamment sur les postes “missions, fêtes et cérémonies”…On en sait quelque chose avec notre Président-voyageur.

Globalement, côté ‘train de vie”, ce sont, au bas mot, 3 millliards de F CFP par an qui vont au fonctionnement du gouvernement. Rajoutez-y plus de 2 milliards de F CFP à l’Assemblée de Polynésie française et quelques centaines de millions de F CFP au Conseil économique, social et culturel, on arrive à près de 6 milliards de F CFP par an pour le fonctionnement de nos institutions. Pas loin de 5 % du budget du Pays. Une paille !

Il faut le dire haut et fort :c’est là un montant très largement EXCESSIF pour une collectivité de 250.000 habitants. Une réduction de moitié de ce montant ne nuirait pas au fonctionnement des pouvoirs publics, car, bien souvent, l’administration gouvernementale doublonne, voire se substitue à l’administration “classique”. Avoir un ministère des transports et un service des transports frise le ridicule. Il est clair que l’une des deux structures ne fait pas grand chose. Idem pour l’artisanat.

Le saucissonnage des compétences gouvernementales pour les raisons que l’on sait aboutit à un gaspillage assez ahurissant des deniers publics. Mais rationalité technique et rationalité politique ne font pas actuellement bon ménage.

Pourtant, en ces temps de ressources rares, on ne fera pas “l’économie” d’une sérieuse réflexion sur le bon dimensionnement de nos Institutions. Car, il faut le rappeler, ce que l’on consacre à celles-ci ne va pas au logement social, à la solidarité, à l’éducation, à l’agriculture ou à la pêche. Gérer la cité, c’est aussi faire des choix judicieux, surtout quand on prêche pour la justice sociale ou la réduction des inégalités : charité bien ordonnée commence par soi-même….

Si nos hommes – et nos femmes -politiques ne savent pas faire les bons choix, il nous incombe à nous, citoyens-contribuables, de le leur dire et, éventuellement de les sanctionner lorsqu’ils réclameront nos suffrages.